Camps III Rep. et Régime Vichy

LES CAMPS : 

SOUS LE TROISIEME REPUBLIQUE ET LE REGIME DE VICHY :

Sous ce régime seront créés des camps qui s'appeleront diversement :

* Camps d'accueil,

* Camps d'internement,

* Camps de séjour,

* Centre de séjour surveillés,

* Camps de prisonniers.

Une autre catégorie apparaît sous le régime pétainiste :

* Camps de transit, signifiant généralement que les détenus devaient être déportés en Allemagne (cas de Drancy, Pithiviers, etc.).

Des camps d'internement des Tsiganes firent aussi leur apparition sous le régime de Vichy : voir l'article Porajmos. (internet)

Liste des camps :

* Beaune-la-Rolande dans le Loiret, internés juifs à partir de mai 1941.

* Cepoy dans le Loiret, Centre de rassemblement des étranger.

* Camp de la Verrerie, les Aydes à Fleury-les-Aubrais dans le Loiret.

* Gondreville dans le Loiret, Centre de rassemblement des étranger.

* Jargeau dans le Loiret près d'Orléans destiné aux Tsiganes.

* Mignères-Gondreville dans le Loiret, Centre de rassemblement des étrangers.

* Montargis dans le Loiret, Centre de rassemblement des étrangers.

* Pithiviers, pour l'internement des juifs début 1941.

* Saint-Jean-de-la-Ruelle dans le Loiret, Centre de rassemblement des étrangers.

"L'ouverture rapide de nouveaux camps sera créatrice d'emploi et la gendarmerie ne cessera d'embaucher à cette époque". Maurice Rajsfus, Drancy, un camp de concentration très ordinaire, Cherche Midi, éditeur.

Page web Nicole Mullier :

Parce qu'ils étaient considérés comme des "associaux", entre 250 000 et 500 000 Tsiganes, sur les 700 000 qui vivaient en Eurotpe, ont été exterminés pendant la seconde guerre mondiale par les nazis et leurs alliés, à l'exception de la Bulgarie.

La percécution à l'égard des tsiganes commence avant l'arrivée des nazis au pouvoir avec les lois de contrôle de la "plaie tsigane" dès 1926, la surveillance spécifique et permanente en 1928, la stérilisation eugénique en 1933, l'interdiction des mariages mixtes en 1934-1935 et enfin l'enferment à Dachau en 1936. Les déportation deviennent massives à l'automne 1939... Ensuite commence l'extermination. Les nazis estimaient avoir supprimé la moitié de la population tsigane d'Europe. Les historiens évaluent le nombre des victimes à au moins cinq cent mille. Mais au procès de Nuremberg, aucune mention des victimes tsigane n'est faite.

Décret du 6 avril 1940 :

Art. 1er La circulation des nomades est interdite sur la totalité du territoire métropolitain pour la durée de la guerre.

Le 6 avril 1940, un décret du Président Paul Lebrun interdit la circulation des nomades sur la totalité du territoire métropolitain. Les nomades doivent se déclarer à la brigade de gendarmerie la plus proche, et ils seront astreints à résider pour la durée de la guerre en une localité prévue dans chaque département par le préfet compétent.

Les Camps où sont internés les Tziganes en France :

Rennes (Ille-et-Vilaine), Les Alliers (Charente), Choisel (Loire-Inférieure), Moisdon-la-Rivière(Loire-Inférieure), Mulsanne (Sarthe), Coudrecieux (Sarthe), Linas-Montlhéry (Seine-et-Oise), Crez-en-Bouère (Mayenne), Montsûrs (Mayenne), Mérignac (Gironde), La Morellerie (Indre-et-Loire), Monsireigne (Vendée), Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), Coray (Finistère), Barenton (Manche), Poitiers (Vienne), Jargeau (Loiret), Moloy (Côte-d'Or), Peigney (Haute-Marne), Arc-et-Senans (Doubs), Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes (Yonne), Pontivy (Morbihan), Plénée-Jugon (Côte-du-Nord), Louviers (Eure), Boussais (Les Deux-Sèvres), Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), Le Barcarès (Pyrénées-Orientales), Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), Saliers (Bouche-du-Rhône), Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Des Tsignanes - un petit nombre - ont également été internés à Gurs (Basses Pyrénées), Noé (Haute-Garonne), Brens (Tarn), Nexon (Haute-Vienne), Rouillé (Vienne), Fanlac (Dordogne) Barraux (Isère), Monts (Indre-et-Loire) et dans le camp de femmes de Rieucros (Lozère).

I

Camp des Tsiganes à Mérignac :

"(...) Le chef de l'administration Militaire en France a préscrit que les Bohémiens séjournant dans les territoires occupés soient conduits dans un Camp de Concentration sous la surveillance des forces de la police française et qu'il soit formellement interdit au bohémiens de passer la ligne de démarcation du territoire non occupé. Je vous prie dont de rassembler dans un Camp et jusqu'au 31.10.1940 tous les bohémiens de trouvant dans votre département pour les faire garder par vos forces de police."

Au camp de Mérignac-Beau-Désert, ouvert à partir du 17 novembre1940, le nombre des Tsiganes répartis en quinze groupes, varie entre 297 et 321 personnes. Au camps de Mériganc, il y avait beaucoup de grandes familles. Nous, on était une famille de huit personnes, avec mon père et ma mère. Il y avait les Winterstein, ils étaient je ne sais pas combien... les Helfrick... on se connaissait avant d'être internés. Il y avait encore des familles, les Weiss, les Bauer...

Il y avait aussi des communistes venus du camp de Bacalan, plusieurs "droit commmun", des étranger (les réfugiés espagnols entre autres), et des juifs, internés à partir de septembre 1941. Une aide est apportée à des degrés divers à l'occupant par les fonctionnaires.

Le 13 janvier 1943, survient un événement tragique 70 nomades, tous des hommes, âgés de 16 à 60 ans, dont pas loin de la moitié provient du camp de Mérignac, sont envoyés au camp de Royallieu à Compiègne, avant d'être déportés au camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen. D'après les récits bouleversants de deux Manouches rescapés du camp, Louis Helfrick et Sylvain Reinhard internés à Beau-Désert, sept ou huit Tsiganes du convoi de Poitiers n'auraient pas survécu.

La mémoire :

"Camp d'internement de Mérignac-Beaudésert. 1941-1944. Plus de douze cents résistants, internés politiques, juifs, réfractaires au S.T.O. ont séjourné dans ce camp avant d'être dirigés vers Drancy et les camps de la mort ou d'être exécutés comme otages au camp de Souge".

Sur les 30 communes d'implantation des camps, 4 stèles seulement, apposées à des dates récentes (entre 1985 et 2000) pour les camps de Poitiers, Montreuil-Bellay, Jargeau, Arc-et-Senans, et dont les textes s'avèrent parfois en partie critiquables, rendent hommage aux Tsiganes persécutés.

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LE CAMP DE MERIGNAC (Gironde)

C'était un petit camp entouré d'une haute palissade de fils barbelés et de miradors. (voir album photos) Presque rien à manger. Aucune hygiène. Pas d'infirmerie. Un camp de passage. Je n'y ai jamais vu d'Allemands. Uniquement des Français. Un soir, profitant d'une alerte aérienne, Maurice et Marcel ont essayé de s'évader. Marcel a réussi. Mais Maurice a été repris et enfermé dans la baraque aux otages. Les policiers nous ont battus pour avoir des renseignements sur Marcel. Un jour, comme je leur disais que j'étais trop jeune pour être enfermés, l'un d'eaux a dit : "De toute façon, tous les juifs seront déportés. (www.anti-rev.org/témoignages)

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LE CAMPS DE SOUGE MARTIGNAS-SUR-JALLE (Gironde) - journal Sud-Ouest du jeudi 28 octobre 2010 -

66e HOMMAGE AUX FUSXILLES  DE SOUGE

Le 24 octobre 2010, une cérémonie de commémoration avait lieu au mémorial du camp de Souge sous la présidence  de M. Le Général d'armes délégué de la place de Bordeaux. Plus de 25 porte-drapeau, de nombreuses personnalités civiles, militaires et religieuses ont assisté à cette émouvante mannifestation. Une vingtaine de gerbes ont été déposées à la stèle de la mémoire et Mme Tastet, représentant le préfet, a rappelé : "Le combat contre toutes les formes de discriminations doit se poursuivre !"

Plus de 300 martyrs

Le 24 octobre 1941, 50 patriotes tombèrent à Souge. Ils furent enfouis en pleine terre dans un lieu aujourd'hui clôturé, appelé "Première enceinte". En 1942, les exécutions se renouvelèrent par vagues, la plus forte étant celle du 21 septembre avec ses 70 victimes. Les fusillades se déroulèrent sur un lieu appélé "Deuxième enceinte" et ce, jusqu'à la fin de la guerre.

Le curé de Martignas, ayant été requis par les Allemands, témoigna après la guerre. A son avis, tous les fusillés n'ont pas été répertoriés. Leur nombre dépasserait 300 et les lieux d'exécution ont été plus dispersés que les registres ne le laissent apparaître. M.G.

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1939 - 1945 : LES CAMPS DONT L'ON PARLE & CEUX DONT ON NE PARLE PAS (information, chacun y trouvera ce qui l'intéresse)

Actualité de L'Anarchosyndicalisme - La résistance anarchiste face au nazisme -

Mercredi 9 février 2005

En ce mois de janvier 2005, on a commémoré le 60 ème anniversaire de la libération du camps d'Auschwitz où plus d'un million de personne ont été tuées, gazées dès leur arrivée ou sont mortes après quelques mois d'une vie d'épouvante absolue.

Si, de nos jours, on connaît bien l'existence de ces camps situés en Allemagne ou en Pologne, si les noms de Ravensbrück, Buchenwald, Dahau, Dora, Matausen, Sobidor, Treblinka, Bergen-Belsen, sonnent souvent étrangement familièrement à nos oreilles, comme une litanie macabre dont il ne faudrait rien oublier, l'évocation de quelques localité du Sud-Ouest, aux sonorités bien de chez nous - Rieucros, le Récébédou, Noé, Montech, Caylus, Sepfonds de Caussade, Le Vernet, Rivesaltes, Le Barcarès, Argelés, St. Cyprien,... - n'évoque souvent que peu de choses pour la plupart des gens (ou tout au plus quelques lieur de villégiature). Si ces camps d'internement français n'étaient pas des camps de concentration ou d'extermination, ils en étaient souvent l'antichambre et l'on pouvait fort bien y mourir de froid, de malnutrition, ou de dysenterie avant d'être déporté en Allemagne. La mémoire collective a tendance à selectionner les souvenirs à transformer postivement le passé national. Les camps français sombreraient vite dans l'oubli, tellement leur existence dérange encore la représentation chimérique que beaucoup de Français se fond de leur histoire récente. En ces jours de commémoration, il n'est pas inutile de rappeler que l'internement de masse n'a pas été le fait de la seule Allemagne nazie mais qu'il a été pratiqué par les gouvernements de la III ème République finissante et par Vichy.

C'est à la fin du mois de janvier 1939 que nos compagnons espagnols vont découvrir l'exquise hospitalité de la République du gouvernement Daladier (radical). Ceux sont eux qui vont inaugurer les camps d'internement où rien n'es prévu pour l'accueil de dizaine de milliers de réfugiés (plus de 500 000 espagnols franchissent la frontière), si ce n'est l'essentiel bien sûr : des barbelets et des gendarmes. Argelès restera l'exemple le plus terrible de ces camps. 100 000 réfugiés y seront entassés sur la plage, dans le dénuement le plus total, sans aucun abri, sans nourriture, sans eau, sans soins pour les blessés. La mortalité y est très élevé les premiers jours et plus de 15 000 personnes mourront avant le début de l'été.

Un an et demi avant la débâcle et l'arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain, c'est bien le gouverment républicain du radical Daladier qui inaugure une politique d'internement massif d'indésirables, pour l'heure, les réfugiés espagnols. Sans état d'âme particulier, les forces de répression - gendarmes, tirailleurs, policiers - vont s'employer à mener à bien leur tâche de garde-chiourme. La xénophobie ambiante des années 30 et la propagande insidieuse de l'extrême droite gangrène déjà une bonne partie de la population. Ni l'internement des réfugiés, ni les conditions désastreuses de détention qui leur sont réservés ne déclenchent de très grands mouvements de protestation (même s'il y a bien heureusement des actions de solidarité). Dans cette III ème République finissante, taraudée par la peur de la Révolution et la crainte de la guerre, les grands idéaux républicains sont déjà très largement entamés. Déjà les convois d'hommes et de femmes mal nourris et mal vêtus, militairement escortés, entrent dans la banalité ; déjà les vaincus n'appartiennent plus à l'humanité.

Après la déclaration de guerre, en septembre 1939, la pénurie de main d'oeuvre se fait sentir du fait de la mobilisation ; en dehors de toute considération humanitaire, ce sont bien les nécessités de l'économie et les besoins du patronat qui amèneront la République à utiliser le réservoir de main-d'oeuvre que constituent les travailleurs espagnols : à partir de janvier 1940, les camps se vident petit à petit. Seuls les camps répressifs, comme celui du Vernet, au régime particulièrement dur sont maintenus (c'est là qu'été internée la XXVème division - la colonne Durruti -, les derniers à avoir franchi la frontière après avoir protégé jusqu'au bout la longue cohorte des réfugiés).

Mais pour autant, ce n'est pas la liberté que retrouveront les réfugiés libérés. Affectés aux "Compagnies de travailleurs étrangers", ils sont soumis à un contrôle militaro-policier strict et voué au travail forcé, hébergés souvent en casernement après la journée de travail.

htt://www.witzgilles.com/page _le_sto.htm.

Quand suvient la défaite des armées françaises, en juin 1940, la République livre à l'Etat Français qui lui succède un réseau de camps d'internement (notamment dans le Sud-Ouest), un contingent de travailleurs militairement encadrés et clairement désignés comme politiquement suspects (où l'occupant viendra bientôt puiser), une gardemerie et une police qui s'y entendent à organiser les camps. Le gouvernement de Vichy saura faire fuctifier avec talent cet héritage pénitentiare et répressif républicain. Au Espagnols encore détenus, aux réfugiés allemands et autrichiens persécutés ches eux en raison de leurs activités politiques ou de leur soi-disant appartenance raciale que la République a arrêtés comme ressortissants d'une nation ennemie - Vichy va ajouter des milliers de Juifs qui constitueront dès lors la majorité de la population des camps. Dès 1942, avant même l'invation de la "Zone libre", les camps français vont envoyer vers Dancy (ultime étape avant les camps nazis) des milliers d'internés. Après novembre 1942,  et l'invasion de la "Zone Sud", le rythme des déportations s'accélère : la solution finale se met en place. L'exclusion, l'humiliation, l'enferment ne suffisent plus. Il va s'agir d'éliminer des millions d'individus à travers toute l'Europe. L'administration français, sa police et sa gendarmerie, apporteront leur quote-part à cet effroyable massacre.

La résistance s'organisera peu à peu, et les anarchosyndicalistes espagnols, premiers usagers des camps d'internement, seront parmi les premiers à créer des maquis, en particulier dans le Sud-Ouest, et à reprendre la lutte armée contre le fascisme.

A la libération, les responsables de la collaboration, les pourvoyeurs des camps de la mort n'auront, à quelques notables exceptions près, que peu d'ennuis véritables. Les camps français recevront la visite rapide du menu fretin de la "Révolution Nationale", les hauts fonctionnaires - pourtant très compromis avec les nazis - se verront même promus à des échelons supérieurs. Ainsi à Bordeaux, l'ami personnel du commandant  LUTER, chef de l'Abwehr (service de renseignements) , Maurice SABATIER, préfet régional, directement responsable de l'arrestation et de la déportation de 1 700 juifs et de 2 000 résistants - français et étrangers - est promu à l'état-major du général Pierre KOENING, commandant en chef des Forces Françaises qui occupent l'Allemagne à partir de 1945. Son secrétaire général, un certain Maurice PAPON est promu préfet des Landes. Jean CHAPPELLE, le chef de cabinet de SABATIER devient sous-préfet à Dax. Il finira sa carrière en 1977 comme conseiller à la DST, le contre-espionnage français. Henri CADO, directeur national de la police de Vichy, adjoint de René BOUSQUET, rejoindra l'équipe dirigeante du patronat français. BOUSQUET lui-même, ministre de l'intérieur - d'avril 1942 à décembre 1943 - coulera des jours heureux jusqu'à son assassinat en 1993. Tour à tour administrateur de la Dépêche du Midi, banquier et homme d'affaires, c'était un ami de François MITERRAND.

Ce sont en tout 300 hauts fonctionnaires qui se verront maintenus à leur poste ou promus et 51 ministres vichyssois de (1940 à 1944) qui se verront aminstiés. C'est une tradition bien établie dans l'histoire - entre politiciens, on s'amnistie beaucoup - parce que la survie de cette engeance en dépend, parce que la défense des intérêts vitaux de l'Etat et de la classe possédante priment sur les "erreurs de parcours", parce que le maintien de "l'ordre social" exige des compétences solides et un savoir-faire qui ne s'improvise pas, parce que l'Etat sait toujours récompenser ses amis à leur juste valeur. Parce que les Etats perdent parfois leurs armés ; jamais leur police ni leur prisons.

Garga

Bibliographie :

* "Les camps du Sud-Ouest de la France", ouvrage collectif, éditions Privat.

* "Les libertaires espagnol dans la tourmente", brochure du CIRA de Marseille.

* "Les camps du mépris" éditions du trabucaire

* "Cette lette oubliée. Récit d'un  exil "Gisèle Matamais Verschelde. Editions les Passés Simples (Toulouse)

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Célébration de la Franc-Maçonnerie dans la résistance - LE GRAND ORIENT DE FRANCE 2007 -

Le Grand Orient de France rendra hommage aux 500 Francs-maçons, fusillés, déportés, résistants, victimes de la Barbarie Nazie et du Régime de Vichy.

Cette année, cette cérémonie publique mémorielle, prendra un relief particulier puisque le Conseil de l'Ordre a décidé de rappeler la mémoire de Jean ZAY, lâchement abattu par la Milice à l'aube du 20 juin 1944, d'une rafale de mitraillette Sten dans le dos.

Cérémonie publique du vendredi 27 avril 2007 à 12 heures, au mur du souvenir du Hall Cadet. (Siège du Grand Orient de France - 16, rue Cadet - 75009 Paris).

Il s'agira pour le Grand Orient de rappeler que pendant la Seconde Guerre mondiale, la Franc-maçonnerie a subli l'épreuve la plus terrible de son histoire. Déjà interdite en Europe par les différentes dictatures, objet de virulentes attaques de l'extrême droite, elle est persécutée par la police de Vichy et par la Gestapo qui procèdent à des interrogatoires à des arrestations, à des gillages et à des destructions de temples maçonniques.

Pourtant, et dès 1940, les Loges continuent à se réunir dans la clandestinité pour préparer le retour de la République. Des Francs-maçons, conduits par leur idéal républicain s'engagent au péril de leur vie, animent des réseaux de Résistance. De Franc-Tireur à Combat, de Libération à Patriam Recuperare, leur présence a été déterminante pour la libération du territoire national.

Plus de 500 Francs-maçons du Grand Orient de France périrent. Leurs noms figurent sur le mur du Souvenir, rue Cadet. Parmi eux : les Conseillers de l'Ordre André Haarbleicher, Léon Gontier, David Goldzeiguer et Georges Voronoff, Robert Corbin et Albert Brayer - de l'Orchestre rouge), Alfred Lemaire et René Boulanger (dirigeants de la CGT), René Paty et Georges Lapierre (du Syndicat national des instituteurs), les anciens maires du Mans et d'Arras Henri Lefeuvre et Adolphe Lobbedez. Des responsables régionaux de la Résistance, morts pour la France, ont également taillé la pierre brute. Retenons entre autres, Paul Lisfranc à Lille, Martial Brigouleix en Corrèze, Edmond Grasset à Rochefort, le colonel Cahuzac, François Verdier et Sylvain Dauriac à Toulouse, Jean-Jacques Chapou à Cahors, François Perrin et Arsène Bonneau à Limoges, Louis Malbosc à Béziers, Maurice Plantier à Aix-en-Provence, Maurice Vannier et Louis Bascan dans l'Ouest parisien, les anciens députés socialistes ou radicaux, Gaston Poittevin, Georges Fouilland, Claude Jordery, Jean Zay...

Membre de la Loge Etienne Dolet d'Orléans dont il fut l'Orateur, Jean Zay a accompli une oeuvre immense comme ministre de l'Instruction Publique et des Beaux Arts de 1936 à 1939 : unification du système scolaire primaire et secondaire, gratuité pour le secondaire et bourses d'études, école obligatoire jusqu'à 14 ans, introduction de l'éducation sportive et constuction de stades, gymnases, piscines, doublement du nombre de classes, développement des cantines, des colonies de vacances et des activités périscolaires laïques avec Léo Légrange. Il est aussi le créateur du CROUS, du CNDP, du CNRS, et de l'ENA. Comme ministre de la Culture, Jean Zay fait construire le palais de Chaillot, imagine le festival de Cannes et organise l'aide à la création théâtrale et cinématographique...

"Jean Zay vivra par sa personne, par son oeuvre et par son martyre... Le peuple français n'oubliera pas ni ce qu'il était, ni ce qu'il avait accompli si jeune encore..." dira Léon Blum.

Lors de cette cérémonie d'hommage, le Grand Maître Jean-Michel Quillardet, en présence du Conseil de l'Ordre des dignitaires d'Obédiences amies, des enfants de Jean Zay, Héléne Mouchard-Zay et des membres de l'association "Jean Zay au Panthéon", déposera une gerbe au pied du "Mur du souvenir" inaugurera une plaque commémorative, en l'honneur de Jean Zay ce "ministre de l'intelligence au martyre" ce Franc-maçon exemplaire dans son engagement pour l'école laïque et dont le Grand Orient souhaite que ces cendres soient transférées au Panthéon.

Georges FERRE, Grand Maître Adjoint

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S.O.L, MILICE et LVF - de Jean le Ven Dée 22 décembre 2006 -

S. O. L.

http://cghfm.org/guerre/viewtopic.php?t=13

Le Service de l'Ordre légionnaire fut créé par Darnand dès juin 1940. Etabli dans la zone sud, il prônait le culte du Chef, la haine de la démocratie, le racisme, etc..., mais aussi la "Collaboration" avec l'ennemi nazi. Ils se livrèrent à des actions plus ou moins brutales et il comptait dans ses rangs plus ieurs membres du milieur Niçois. Lors du débarquement des alliés en Afrique du Nord, en novembre 1942, ils firent feu contre les américains. En janvier 1943 le S.O.L., qui était dirigé par Laval avec Darnand en adjoint, se transforma en milice le 30 janvier.

LA MILICE

La Milice française est placée sous le commandement du chef du grouvernement, le secrétaire général en assurant l'administration et la direction. Le secrétariat général de la milice française fonctionna à l'hôtel moderne rue du docteur Max Durand Fardel à Vichy à partir du 12 février 1943. Recrutement : la milice française doit être formée de français et françaises d'un loyalisme intellectuel et moral d'une formation politique révolutionnaire nationale. (Selon les citères de Vichy, bien évidemment)

Les conditions sont :

Etre français de naissane (quelques dérogations peuvent être accordées)

Ne pas être juif (aucune dérogation)

N'adhérer à aucune société secrète

Etre volontaire : serment prononcé par l'adhérent : " je jure de servir au péril de ma vie, de consacrer toutes mes forces à faire triompher l'idéal révolutionnaire de la milice française dont j'accepte librement la discipline."

Etre engagé par le chef départemental.

Avoir acquitté le montant de ma cotisation annuelle.

Suivre un stage de 1 à 2 mois pendant lequel le postulant reçoit les rudiments d'une formation politique révolutionnaire nationale et subit certaines épreuves qui permettent au chef départemental politique de juger de la valeur morale et politique du volontaire.

Exécuter les ordres sans discuter les missions.

Les effectifs de la milice française s'élevaient à 10 400 hommes en juillet 1944.

LEGION DES VOLONTAIRES FRANCAIS

Nous avont vu que la Milice était composée de Français au service de la Police allemande, mais il y eut aussi des Français pour s'enrôler dans l'armée allemande.

La légion des volontaires Français. L.V.F., est créée le 8 juillet 1941 sous l'impulsion de Jacques Doriot (né le 21 septembre 1898 à Bresle dans l'Oise). L'initiative ne fu soutenue que très tièdement par Vichy, du moins au début, et même plus tard interdiction de s'y engager sera faite aux officiers d'active français. Sur les 100 000 inscriptions espérées, seuls 12 000 volontaires s'enrôlèrent pour former le 63 ème régiment d'infanterie basé en Pologne.

Engagé dans la campagne de Mocou en décembre 1941, le régiment fut décimé et ramené en arrière pour lutter contre les partisans. En juillet 1944 la L.V.F. est dissoute par Himmler et les 1 200 rescapés sont intégrés à la Waffen-SS pour former le 33ème Division SS Charlemagne.

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Nazisme : Les opération "T4" et 14F3"

Fondements idéologiques

L'"Euthanasie" telle qu'elle fut pratiquée sous le IIIè Reich tire sa source et ses justifications dans la notion fortement développée dans les années 1920 d'"hygiène raciale" et se situe dans le droit fil de l'idéologie nazie visant l'élimination de "vies indignes d'être vécues". "Vernichtung lebensunwerten Lebens". Il ne s'agit pas évidemment d'euthanasie au sens contemporain du teme, qui fait du patient lui-même le propre auteur et maître de sa fin dans le cas d'une maladie incurable, mais d'un euphémisme pour désigner l'élimination systématique des sois disant "Malade héréditaires et malades mentaux, handicapés physique, indésirables sociaux ou raciaux". "Erb-und Geisteskranten, Behinderten und sozial oder rassisch Unerünschten". Ce programe comporté également des mesures économiques telles des allocations familiales, l'allègement des impôts et l'attribution de "colonies" ("Siedlerstellen") et de fermes à certaines familles ; ces mesures visent à promouvoir "positivement" les familles nombreuses conformes aux critères raciaux. "Négativement", des mesures sont également mises en place pour diminuer la proportion de la population non conforme à ces critères raciaux par élimination "vies sans valeur".

Hitler et ses séides prônent la supériorité absolue de la race Aryenne. Ils sont guidées par des principes d'hygiène, de santé et de pureté raciale, reposant sur ces théories de l'eugénisme auxquelles tous les nazis adhèrent. L'un des buts de nazis est bel et bien d'améliorer la race Aryenne et de réer un homme nouveau, qui répondrait à l'"Idealtyp" nazi. Dans ces condition, les humains souffrant de certaines maladies ou troubles mentaux ne doivent pas survivre, mais au contraire disparaître, afin de ne pas se reproduire. La race Aryenne ne peur absolument pas être entachée. De plus, en temps de guerre et de privations, ces êtres incapables de se battre ou de travailler, se sont que des bouches inutiles à nourrir... Ce souci d'épuration raciale des hommes inférieurs ou des "aryens déficients" devient un véritable leitmotiv chez les nazis. L'introduction dès 1935 du concept de stérilisation des "Untermenchen" dans les lois raciales de Nuremberg ("Loi sur la protection du sang et de l'honneur allemand" et "loi du Reich sur la citoyenneté allemande" est le fondement même de l'Aktion T 4. L'action T4 est donc d'abord inscrite dans la loi et est d'abord l'affaire des légistes du Reichsminister de l'intérieur. WilhemFrick.

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 LE S.T.O. (Service du travail obligatoire)

A la fin de l'année 1942, Hitler mène une guerre totale qui engage l'ensemble de l'économie Allemande, transformée en économie de guerre. Les usines d'armement fonctionnenent 24/24h et ont besoin de beaucoup de main d'oeuvre. Dans un premier temps cette main d'oeuvre sera constituée par des Polonais, des Russes et des Tchèques. En 1941 se met en place en Norvège une forme de travail obligatoire.

En 1942 les nazis réclement à la Belgique et à la France des ouvriers qualifiés. En mars 1942, Fritz Sauckel, qui est alors un important représentant nazi est nommé responsable du recrutement et de l'emploi de la main d'oeuvre. Après avoir imposé à la France une forte contribution de guerre destinée aux troupes de l'occupation, et une réquisition de la majeure partie de sa production industrielle et agricole, les nazis réclament désormais une force de travail. Dans un premier temps cette main d'oeuvre est constituée de prisonniers de guerre. Puis de volontaires, auxquels les services de propagande proposent de bons salairies et une bonne nourriture. La majeure partie des Français connaissent alors des restrictions alimentaires. En juin 1942, Sauckel se rend à Vichy et impose à Laval le recrutement forcé de 350 000 travailleurs. A la fin du mois de juin est annoncée à la radio la création de la "relève". Pour trois volontaires envoyés dans les usines Allemandes, les autorités nazies libéreront un prisonnier de guerre. Le premier train de "relevés" est accueilli le 11 août 1942 par Laval.

Mais le nombre de prisonniers libérés par les Allemands est en-dessous des promesses. Le nombre des travailleurs Français partant pour l'Allemagne est aussi inférieur aux prévisions. A la fin de l'année 1942 ils sont seulement 240 000. Les autorités Allemandes et Françaises vont alors organiser un recensement général des travailleurs Français et vont imposer à tous les inactifs de trouver un emploi. Les usines Françaises les moins rentables sont fermées par les nazis ce qui rend disponibles de nombreux travailleurs. A la fin de l'année 1942 un décret de Sauckel concernant la zone oaccupée lance le principe du travail obligatoire. Cette mesure est presque aussitôt suivie par un décret de Laval destiné à la France de Vichy qui directement pour l'Allemagne peuvent être récrutés par les autorités préfectorales et envoyés en Allemagne par train spécial. Cette décision a été prise le 1er février 1943 et concerne toutes les femmes sans enfants de 18 à 45 ans et tous les hommes de 16 à 60 ans. Le 16 février une loi impose le Service du Travail Obligatoire (STO). Tous les jeunes gens âgés de 20 à 22 ans peuvent être envoyés de force en Allemagne. En juin 1943 Sauckel réclamera 220 000 hommes, puis en août 1943 : 500 000. Plus tard il en exigera 1 000 000.

La France est le pays qui a fourni la main d'oeuvre la plus importante à l'économie de guerre du IIIème Reich : 400 000 travailleurs volonataires, 650 000 requis au tritre du STO et près de 1 000 000 de prisionniers de guerre et un million de travailleurs employés par les entreprises Françaises produissant exclusivement pour l'Allemagne. Au total cela fait environ 3 000 000 de personnes. Les requis du STO étaient payés. A la Libération il seront reconnus comme des "déportés du travail". Le STO a poussé un grand nombre de jeunes à rejoindre les maquis. Cependant certains ont choisi de s'engager dans la Milice ou dans la Légion des Volontaires Français (VLF), créée en 1941 pour lutter contre le "bolchevisme".

http://www.witzgilles.com/page_le_sto.htm

"Dès 1939, tout était bon pour faire un camp"

Mise au point. Rencontre avec Denis Peschanski auteur de "La France des camps" (Gallimard) propos recueillis par François-Guillaume Lorrain.

La vérité sur les chiffres. L'historien Denis Peschanski "En décembre 1940 on trouve 55 000 internés dans la zone libre gouvernée par vichy, contre 3 000 dans la zone occupée par les Allemands."

Le Point : La France a interné 600 000 personnes dans des camps dès mars 1939 et jusqu'en 1945. Mais la période est contrastée...

Denis PESCHANSKI : Quatre logiques se succèdent. Début 1939, la IIIe République finissante répond à une situation exceptionnelle, avec la montée des périls et l'arrivée massive de près de 475 000 réfugiés espagnols, républicains chassés par Franco, puis la déclaration de guerre. C'est une logique d'exception. La seconde période débute en juillet 1940 : au coeur de la politique de Vichy, il y a une logique d'exclusion. Deux chiffres résument tout : en décembre 1940, on trouve 55 000 internés dans la zone libre gouvernée par Vichy, contre 3 000 dans la zone occupée par les Allemands. Au printemps 1942, les Allemands prennent la main et inscrivent ces camps dans une logique de déportation pour l'extermination des juifs de France. A la libération, on revient à une logique d'exception, mais avec moins de dérapages idéologiques que sous la IIIe République : on enferme pêle mêle les suspects de collaboration, les marchés noirs et les civils allemands.

En 1939, on est frappé par le degré d'impréparation de la France. Sur les plages du Languedoc-Roussillon, rien qu'à Arleglès, 100 000 Espagnols campaient sur le sable, dans le froid et la boue... La France n'a-t-elle rien voulu voir vernir ?

En 1938, une xénophobie d'Etat se met en place, dont témoigne le décret-loi du 12 novembre 1938 permettant l'internement administratif des "étrangers indésirables". Il relaie une xénophobie populaire au sein d'une opinion traversée par une crise d'indentité nationale. La France ne voulait donc pas de ces étrangers. Ses attachés militaires en Espagne ont beau l'alerter, elle pensait que Franco allait broquer la frontière. Or il laisse vontaires partir des républicains, sans doute pour disposer de moyens de pression sur la France. Sur ces plages ce sont les Espagnols qui vont devoir construire eux-mêmes leurs baraquements.

Quel camp symbolise le mieux  cette période ?

Gurs, dans les Basses-Pyrénées (aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques), près d'Oloron-Sainte Marie, symbolise l'imprévisibilité. Il a été construit par les Ponts et Chaussées au printemps 1939 pour faire face à l'afflux espagnol. Il est constitué de 382 baragues, mais le modèle inventé lors de la Première Guerre mondiale, ne servait qu'à héberger quelques jours les soldats affectés aux tranchés. Les baraques étaient faites de planches de bois recouvertes de toile, mais aucune fenêtre ni ouverture d'aération n'avait été prévue. L'été, ce n'était pas un problème, mais l'hiver, soit on  ferme et on reste dans le noir. Gurs fut construit de façon provisoire, il devait fermer à l'automne 1939, mais il ne le sera que le 31 décembre 1945 !

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SOUVENIRS ET SOLITUDE - Jean ZAY - introduction et notes Antoine Prost - Témoignages de Jean CASSOU, Léon BLUM et Pierre MENDES FRANCE - édition BELIN Paris - existe en livre de poche -