Cathos - M.J.C.- St Louis

 

LE TEMPS DES FONDATIONS DES MJC 1907-1947 et 1948 -1958

La "Mouffe", Maison pour tous de la rue Mouffetard à Paris (Ve), est sans conteste l'ancêtre des MJC. Mais elle est aussi un espace d'expérimentation des mouvements de jeunesse et d'éducation populaire, des centres sociaux et sociocultureles, et même des Maisons de la Culture initiées bien plus tard, dans les années 60, par André Malraux.

En 1906, une étudiante, Catherine Descroix, venue se loger au 6 de la rue Mouffetard crée une association "Chez nous", rattachée au Sillon de Marc Sangnier, mouvement progressiste du catholicisme social qui prône "l'éveil démocratique" : "se conduire en parfaits chrétiens et en parfaits démocates (...) pour le bien du Christ et le bien du peuple".

Dans cet esprit et grâce aux bénéfices de la vente de chaussures fournies par une coopérative de Fougères, Catherine Descroix organise des colonies de vacances, des conférences, une bibliothèque, des sorties appelées "caravanes", un groupe choral et musical. Après son départ en 1910 pour Alexandrie, André Lefrévre (dit "Vieux Castor"), puis Marthe Levasseur (dite "Mère Louve") prennent le relais, renforcent l'équipe et viennent s'installer au 76 de la rue Mouffetard, ancien siège d'une Maison des Syndicats, et d'une Université populaireJean Jaurès, Troski et lénine lui-même se seraient adressés aux ouvriers parisiens. Après la première guerre mondiale, l'équipe de la "Mouffe" met en place un cinéma, se lance dans le scoutisme ("vieux castor" et "mère louve" seront respectivement commissaire national et régional et commissaire régionale des Eclaireurs de France), ouvre un restaurant, un bar "antialcolique", organise des colonies de vacances en province, gère une "caisse de solidarité et des loyers" pour les familles défavorisées du Vème arrondissement de Paris.

La Maison pour tous de la rue Mouffetard associe rapidement et volontairement catholiques et prostestants, israélites et laïques, ce qui la conduira à rompre avec le catholiscisme militant du Sillon que Catherine Descroix, de retour de l'armée d'Orient où elle était infirmière jusqu'en 1921, voulait contre tous- réimposer. Cette première rupture annonce l'esprit de laïcité ouverte active qui fondera plus tard la démarche éducative originale des Maisons des Jeunes et de la Culture : ouverture à tous quels que soient l'origine sociale et le niveau d'instuction, refus d'être inféodé à un quelconque parti ou confession, confrontation de toutes les opinions sans crainte du conflit mais dans les respects de l'autre et des règles de débat démocratique.

Pendant la seconde guerre mondiale, la Mouffe resta très active malgré des passages de ligne de démarcation souvent périlleux, des convocations par la Gestapo pour activités interdites - notamment celles des Eclaireurs de France que la maison couvre - et la disparition en déportation de Mademoiselle Cahen, chargée de l'alimentation des enfants.

Mais c'est surtout après la Libération et avec l'arrivée de Georges Bibille ("Bill") que la Mouffe rattachée à la République des Jeunes puis à la Fédération Française des MJC, prendra une ampleur culturelle considérable, tout en gardant sa dimension de structure de jeunesse et d'éducation populaire. Nombreux comédiens, cinéastes, plasticiens, musiciens, chanteurs, poètes, y feront leurs premiers pas : Raymond Rouleau, Raymond Devos, et beaucoup d'autres, sans compter les plus grands intellectuels du moment, Jean Paul Sarthe et Simone de Beauvoir entre autres, qui viendront y parler philosophie, politique, littérature et condition féminine.

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LA PREMIERE EGLISE SAINT LOUIS - Cadish - Sud-ouest du 21 juin 2011 -

L'ancienne chapelle des Carmes (devenue église paroissiale sous le Concordat) est connue grâce à certaines gravures et plans anciens. Une photo prise à la fin du XIX siècle par Lucien Meissner, restitue comme par magie l'exacte apparence de cet édifice disparu rue Notre-Dame il y a plus d'un siècle. D'après le registre capitulaire du couvent, la première pierre de cette église (dédiée à Notre-Dame de la Visitation) fut posée le 25 janvier 1724 par l'abbé Basterot, grand vicaire, celui-là même qui devait l'inaugurer onze ans plus tard. Ses plans furent dressés par un moine. Le père Blaise de l'Assomption. La stucture était à peu près semblable à celle des églises bordelaises du siècle précédent.

La façade présentait dans sa hauteur trois divisions : quatre colonnes engagées d'ordre toscan encadraient au rez-de-chaussée une porte cintrée ; au-dessus, quatre colonnes d'ordre ionique séparaient deux niches latérales et au centre un bas relief représentait la scène de l'Annonciation. Enfin, la troisième division contenait un oculus encadré par deux ailerons à volutes.

L'historien bordelais Charles Marionneau écrit : "L'intérieur a beaucoup d'analogie dans sa distribution avec les églises Notre Dame du Chapelet et Saint-Paul". Cette flatteuse comparaison laisse penser qu'il s'agissait d'un bel édifice religieux de style classique. Cependant, mal bâti, il présentera très vite de nombeux signes de désordres. Son chantier avait rassemblé pourtant les meilleurs artistes qu'ait connu le XVIIIe siècle bordelais : l'excellent sculpteur Pierre Vernet réalisa en 1740 le maître-autel puis le peintre bordelais Pierre Lacour orna de magnifiques tableaux les différentes parties du sanctuaire. Tous les autels furent réalisés en marbre et le sol pavé spécialement en "marbre d'Hollande" avec rosette et double lys. Comme dans l'église Notre-Dame, une élégante balustrade régnait sur les deux côtés de sa nef. Le clocher ne fut terminé qu'en 1770.

Une chapelle aux pieds d'argile

Dès 1750, les murs de cette chapelle montraient des signes, d'instabilité. L'ingénieur Péchade rend aux autorités un rapport alarmant. Les murs se fissurent, les piliers ne sont plus d'aplomb, la façade "boucle" et l'humidité ronge les sols. Pour maintenir le bâtiment, on doit ferrailler ses murs. Malgré ces nombreuse précautions, des pierres se détachent de la façade en 1861... Les voûtes écroulées deux fois en en cinquante ans imposent l'installation d'un lambris dissimulant les charpentes. En 1874, l'église est détruite pour laisser place au chantier de la nouvelle église Saint-Louis dont la première pierre est posée triomphalement par le cardinal Ferdinand Donnet le 23 août de la même année. Les boiseries de la sacristie (attribuées à l'ébéniste Bérard), la chaire et quatre confessionnaux de l'église Saint-Louis demeurent les seuls vestiges mobiliers de l'éphémère chapelle du couvent.