ENTRELACS

 

Monsieur Le Professeur Raymond RIQUET, dit "Le Révèrend Père"  (1914 - 1983)

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LES HASARDS DE MES RENCONTRES :

Le dimanche 15 avril 2012, j'écoutais Ivan Levaï, qui a beaucoup d'humour, et il s'est mis à parler du journal le monde dans lequel il y avait un article sur les pourcentages du plaisir fémin. Il a cité Philippe Brenot qui avait fait cette étude. Ma mémoire est remontée quarante ans en arrière :

Je suis dans un champ et nous regardons des moutons, avec Philippe Brenot et sa jeune épouse, le docteur Raymond Riquet, le "Révérend Père"  anthropologue, André Debénath professeur, le professeur Battin pédiatre généticien, M. Wangermez, Jacques Vandermeersch, M. Bonjean et bien d'autres, en Charente ? c'est possible nous avons visité des abris sous roche. Pendant les visites Madame Riquet, un peu blasée docteur en médecine à la retraite (après rectification de son gendre) tricotait assise dans le fauteuil que faisait suivre son époux. Ils habitaient à Saint-Aubin à la limite du Pian Médoc.

Raymond Riquet s'est tourné vers nous en nous montrant, Phippe Brenot, jeune étudiant, en médecine d'une petite vingtaine d'année, et nous l'a présenté comme une personne d'une intelligence remarquable qui aurait un avenir particulièrement brillant. C'était en 1972.

Mon fiancé François faisait partie de la société d'anthopologie de Bordeaux, et il m'avait entraînée dans ces visites des hauts lieux de la préhistoire. De même, j'assistais aux réunions de la société d'Anthropologie à la faculté de médecine qui m'intéressaient beaucoup;

1972 - Raymond Riquet : Trépanation crânienne préhistorique inédite. bull. S.A.S.O., 8, p.27 (avec Ph. Brenot).

Avec François il m'est arrivée d'aller passer des samedis matin au Laboratoire d'Anthropologie de l'Université de Bordeaux, que le "Révérend" m'avait fait visiter. A la suite de cela je me suis retrouvée avec celui-ci, devant une paillasse sur laquelle étaient étalés des morceaux d'os de crâne, mis au jour lors de fouilles, dont il fallait essayer de reconstituer la forme initiale, puis de les coller.

Dans la Charente Libre du 6 octobre 2011 on pouvait lire : VOUTHON : des futurs préhistoriens en visite à la Chaise.

Vingt-cinq étudiants en préhistoire au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et de l'université de Bordeaux étaient en visite dernièrement aux grottes de la Chaise à Vouthon. C'est le professeur André Debénath qui guidait les futurs préhistoriens, anthropologues, géologues sur le chantier de fouilles qu'il a dirigé durant dix-sept ans. "Nous venons à la Chaise parce que c'est un des sites néandertaliens majeurs dans le monde. Nos étudiants ne sont pas ici pour faire du tourisme. Cette visite fait partie de l'enseignement hors les murs. Ils auront un rapport à faire et seront notés sur leur travail", a expliqué Roland Nespoulet, maître de conférence au muséum de Paris.

Le groupe a aussi visité dans la région, la CHAIRE A CALVIN, le musée d'Angoulême, le site d'Artenac et celui de La Quina.

 

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Exemple de publication faite par Raymond Riquet :

MUNIBE (San Sébastian) - Sociedad de Ciencias Naturales ARANZADI - ano XXIII. N° 4 1971 Paginas 597-608

 

Les Bituriges Vivisques et leurs voisins.

"Par mes travaux d'anthropologie physiques et par mes recherches préhistoriques j'ai été amené à me poser un certain nombre de questions sur les anciens peuples aquitains nommés par Jules César, Pline l'Ancien et quelques autres auteurs classiques ainsi que sur les interprétations topographiques et historiques gravitant autour de vieux textes peu explicites dont l'ancienneté ne garantit pas forcément l'objectivité ou la compétence. A l'aube de notre histoire nationale les voyages n'étaient pas faciles et on parlait souvent par ouî-dire.

Bien plus qu'à l'archéologie, c'est à l'onomastique et plus particulièrement à la toponymie qu'on demandait la confirmation de la plupart des suppositions en même temps qu'elle devait fournir un surcroît de documents si divers et si abondants que le chercheur en est écrasé et aveuglé. Dans les recherches toponymiques la raison commande de se reférer aux plus anciennes graphies dont on espère, à bon droit, qu'elles ont subi moins d'altérations que les plus récentes. Mais rien ne garantit que le scribe latin n'a pas latinisé abusivement tous les noms inaudibles de peuples et localités. De toute évidence ce dut être la règle par le suite jusqu'à l'époque moderne dont le sottisier cadastral faisait la joie et le désespoir de Dauzat. En ce qui concerne l'Aquitaine et certainement d'autres contrées, s'ajoute une difficulté supplémentaire. En effet les peuples aquitains avaient été fortement celtisés dès l'époque de Halistatt comme le prouve formellement l'archéologie. Il est donc probable que beaucoup de peuples aquitains n'étaient connus que par des noms gallicisés distordus pour les rendre intelligibles. Dans ces conditions les auteurs latins pouvaient difficilement retrouver l'appelation indigène d'autant plus qu'elle n'appartenait pas aux langues indo-européennes mais à l'Ibère, au Basque ou à l'Aquitain. Un même peuple pouvait parfaitement être connu sous des noms différents comme c'est habituel dans les pays exotiques, la dénomination attribuée par le voisin plus puissant ou le plus civilisé effaçant totalement le nom autochtone. Un même nom a pu, d'autre lpart, s'orthographier différemment au Nord et au Sud des Pyrénées. Par exemple il me paraît évident que les Ausci, Osci ou Oscidates ne sont qu'un et même peuple ou tout au moins une seule fédération patronnée par une même peuple

Enfin il convient de faire des réserves sur le caractère ethnique d'un peuple dont on ne connaît que le nom "officiel" Français. Lombards et Andalous ne revendiquent aucunement l'appartenance germanique postulée par un nom hérité des Francs, des Langobards et des vandales.

Je voudraus essayer de montrer, à propos des Bituriges Vivisques avec les Bituriges Cubes dont le Berry et sa capitale : Bourges, ont conservé la marque onomastique. Nos Bituriges bordelais étaient donc des gaulois et leur attitude pendant la guerre des Gaules les sépare nettement des Aquitains. Jules César les classe d'ailleurs avec les Nitiobriges de l'Agenais parmi les peuples celtiques installés partiellement au Sud de la Garonne. Doit-on se contenter de ces généralités. Certes pas. En effet, sauf dans l'extrême pointe du Médoc et autour de Toulouse, la Garonne limite le dialecte Gascon dont les frontières pyrénéennes orientales dépassent l'ailleurs la vallée de ce fleuve. Or, avec A. Luchaire et R. Lizop il faut bien admettre que le Gascon conserve une forte empreinte des dialectes aquitaines. Autrement dit la romanisation, même en Bordelais, s'est effectuée sur les Bituriges politiquement liés au monde gaulois mais dont la langue populaire demeurait probablement un parler aquitain. Pour parler plus simplement disons que le Pays Bordelais était tenu par une aristocratie gauloise superposée à une population aquitaine.

Le nom des Bituriges Vivisques me paraît lui même assez évocateur de cette situation. Comme les dialectes aquitains anciens redoublaient souvent la syllabe initiale (diminutive ou renforçante) on peut écrire Bituriges Visques ce qu'on trouve d'ailleurs sous la forme de Biturige Uisqui ou Ouisci par suite de confusions graphiques entre le V et le U, confusions parfaitement explicables par l'écriture latine. Ce radical en Visc n'est autre que celui de la Biscaye ou Viscaya antique nom d'une vaste contrée qui a laissé sa marque au golfe du même nom avant de se rétrécir à celui d'une actuelle province basque. Les Bituriges Vivisques ne sont donc que des Bituriges Biscayens. Si on considère cette extrapolation comme peu raisonnable j'ajouterai qu'on voit un Bisqueys et un Biscouytan dans les Basses Pyrénées et un Bisqueytan (Saint Quentin de Baron) en Gironde même. Dans le vallon rocheux de Bisqueytan on a trouvé des vestiges du Bronze final et de la Tène qui ne nous apportent rien de plus que la certitude d'un peuplement fort ancien. Le Château-fort de Bisqueytan, dominant ce vallon confirme l'intérêt probablement militaire, de ce site. Rappelons aussi que les forges ariégeoises, jusque vers 1700 étaient appelées forges Biscayennes et que leur exploitation débuta avant la conquête. En tout état de cause mon hypothèse paraît plus plausible que celle de H. Hubert qui voyait dans les Vivisques une fraction des Helvètes, ceux de Vevey (anciennement Vivicus) qui auraient accompagné la migration des Biturges.

Les Bituriges semblent avoir mis facilement la main sur le Médoc, pays si prospère 1 000 ans plus tôt, durant le Bronze moyen et peuplé par les Médulles. Je crois que les hommes qui ont développé l'industrie du bronze médocain correspondent à la première invasion celtique qui serait beaucoup plus ancienne qu'on ne pense. En tous cas les types industriels sont nettement apparentés à l'Est français et à la Suisse. Quoi qu'il en soit, à l'époque de la conquête on signale des Médulles non seulement en Médoc mais aussi en Basse Maurienne ou dans la vallée supérieure de ARC (G. Dottin). Il n'est pas certain que ces Médulles descendent des hommes de l'Age du Bronze mais pour ceux du Médoc la question doit être posée. Pour compliquer l'affaire les auteurs anciens signalent des Monts Médules chez les Cantabres. Malheureusement il n'y a pas chez les Cantabres les mines de cuivre qui nous auraient permis de penser que les anciens médocains allaient chercher là-bas le minerai qui manquait totalement chez eux. Toutefois c'est bien sur la frontière orientale de l'ancienne Cantabria, que l'on retrouve les mines de cuivre antiquement exploitées de Milagro et de Consuelo (F. Garcia Dominguez). Peut-être ne faut-il pas renoncer trop vite à l'idée de Médulles allant chercher le minerai de cuivre sur las frontières asturo-Cantabriques et leur étain en Bretagne. L'extrême puissance du Bronze médocain et sa position géographique, sur un littoral situé à mi-distance entre les deux zones métalières précitées, ne contredit pas mes suppositions dont je ne voudrais pas qu'on en tire plus qu'elles ne peuvent évoquer. (Quelques historiens placent les Monts Médules en Galice dans le territoire des anciens Artabros,dans une région qui fut riche en cuivre et en étain.)

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Des Bituriges Vivisques, Strabon nous dit qu'ils arrivaient sur le territoire des Aquitains comme étrangers et sans payer de tribut. Ilas avaient un port nommé Burdigala, situé dans les marais formés par la Garonne. Tout en remarquant, au passage, que ces lignes confirment notre idée d'une celtisation très superficielle des rives méridionales de la Garonne nous devons noter que parmi les innombrables Bordeaux ou Bourdeaux du territoire français, seule la capitale des Bituriges Vivisques remonte à un Burdicala ce qui limite singulièrment les comparaisons onomastiques. Cette ville est appelée Burdigala  dans l'itinéraire d'Antonin ce qui réduit les difficultés du passage de -Cala- à -Gala- à une question de confiance dans les scribes et les graphies anciennes. Si Bordeaux dérive bien d'un Burdicala l'éthimologie n'est pas tellement plus claire et je comprends parfaitement que R. Estienne, dans son bel ouvrage sur les origines de notre ville, ait refusé d'entrer dans la valse échevelée d'un toponymie qui n'a jusqu'ici conduit qu'au vertige. Pour le premier terme de Burdicala il faut pourtant consentir à rappeler que tout près de l'ancien port romain de Bordeaux débouchait l'Aygus Borda ou ruisseau de l'Eau Bourde et que le célèbre Tuc du Bourdiou, à Mios si riche en trouvailles hallstattiennes, dominait, de quelques mètres, un ancien port. Enfin en Basque, Bortus aurait le sens de port (dictionnaire de Aizkibel). L'ennui c'est que -Cala- qui a donné cale et calanque porte aussi en soi et de façon certaine l'idée de port. Mais peut-être que -Cala- ne désignait qu'un roc ou un mégalithe dont la porte du Caillau conserv erait le lointain souvenir. C'est peu probable. Quoi qu'il en soit le nom ancien de Bordeaux ne paraît pas gaulois ce qui n'es pas surprenant. R. Etienne est conduit par de savantes et plausibles déductions à croire que Budigala (ou Burdicala) n'aurait pris quelque importance qu'au milieu du IIIe siècle après que le déclin de Marseille eut permis l'installation d'un commerce concurrent de l'étain sur l'axe Narbonne-Bordeaux. l'arrivée des Bituriges Vivisques daterait donc de cette époque. Malheureusement l'archéologie de Bordeaux ne remonte pas au-delà du premier siècle avant Christ (citons cependant un rasoir Hallstattien de quelques épingles en bronze). Il est vrai qu'on a trouvé quelques traces de la civilisation de la Tène sur les principaux oppida de la région : Cubzac-les-Ponts, Vayres, Fronsac, Roquefort (Lugasson) et même au-delà, à Lamothe (Biganos). Il faut constater une bien plus grande quantité des trouvailles de la Tène sur la rive droite que sur la rive gauche de la Garonne ce qui paraît signifier qu'en dépit de la situation de Bordeaux, les Bituriges Vivisques peuplaient surtout la rive droite de l'Entre-Deux-Mers. On peut donc s'interroger sur l'importance exacte de Bordeaux avant la conquête. D'après les textes il est certain que vers le milieu du second siècle avant Christ on ne connaît que trois ports gaulois de quelque envergure : Marseille, Narbo et Corbiio. Bordeaux reste ignoré. Ce silence des textes comme celui de l'archéologie ne plaide guère en faveur d'un grand trafic alors que les vieux ports bronziers, près de mille ans avant ont laissé des marques évidentes de leur activité à Talmont, à Blaye et surtout autour du mouillage de Trompeloup (Pauillac). Vers l'époque de la conquête Strabon, dit qu'on embarquait pour les îles Britanniques à l'embouchure du Rhin, de la Seine, de la Loire et de la Garonne. On peut se demander si les voyageurs ne préféraient pas le Portus Santonum (Le Terrier de Toulon en Saintonge) ou même le Verdon à Bordeaux. Je ne le crois pas car, après tout, Rotomagos (Rouen) et Corbilo (Nantes) sont presques aussi loin du débouché marin que Bordeaux. A de rares exceptions près, les ports gaulois furent d'ailleurs des ports de fleuves ou de rivières vers la limite des marées. Au total il semble bien que Bordeaux ne fut pas seulement la capitale politique assez artificielle des Biturges mais un lieu de passage favori entre le Nord et le Sud, comme le prouvera plus tard la concentration des voies romaines et certainement Bordeaux fut aussi et surtout un port, modeste certes mais assez actif pour réduire à néant tous ses devanciers de la Gironde et pour s'élever au rang de capitale régionale.

La seule autre ville notable des Biturges Vivisques, citée par Ptolémée : Noviomagos se trouvait probablement au coeur du Médoc, l'autre foyer de peuplement, sur une île des marais de Reysson à Saint-Germain d'Esteuil. Des fouilles récentes, malheureusement suspendues, y ont mis au jour les plus importantes structures architecturales romaines de la Gironde. Il semble que Noviomagos soit assez récent bien qu'abandonné vers la fin du second siècle de notre ère et qu'il ait été précédé par un Brio, l'actuel village voisin de Brion, car la tradition connaît depuis longtemps les ruines de Noviomagos sous le nom de "ville de Brion". Ces dénominations paraissent évidemment gauloises. Pour Noviomagos le sens ne soulève guère de difficulté. Quant à Brio, Dauzat et Rostaing y voient un toponyme gaulois de pré-gaulois correspondant à coline. Il y a d'ailleurs aux confins de Bordeaux et de Pessac un autre Brion, dit le Haut-Brion dont on ignore l'ancienneté.

Les agglomérations, le plus souvent des villages, qu'on peut attribuer aux Gaulois se rencontrent évidemment surtout autour de Bordeaux et dans le Médoc.

Le quartier de Bordeaux qui touche à Bègles et qu'on appelle Brienne paraît dériver du gaulois Briva (=pont.). Même si on doute que nos ancêtres celtes aient été capables de contruire un pont, c'est bien juste en face que se trouvait un Tragos, latinisé en Tragus et en Trajectum (actuel Trageyt souvent écrit Tregey) d'où partirent plus tard les voies romaines de Médiolanum Santonum et de de Vesunna. Les dérivés de Tragos se rencontent dans tout le domaine celtique. Le mot signifie certainement "au-delà des eaux". Nicolaï pense que Bègles (Becla au XIIIe et XIVe) repose sur un thème gaulois -Becco- mais Dauzat et Rostaing sans rejeter cette hypothèse se demandent s'il ne faut pas surtout penser à un thème aquitain -Beg ou -Big très largement répandu en Gascogne. Bigorre, Bégaar (Landes), Bégadan (Gironde), Bégoles (Hautes Pyr.) etc... On doit chercher si le premier port gaulois ne se trouvait pas plus près de Bègles que de Bordeaux.

Après avoir franchi la Garonne de Brivonna (?), c'est-à-dire Brienne, à Tragos (Trageyt) le voyageur gaulois arrivait immédiatement à Seno, l'actuel Cenon, si comme le pensait C. Jullian, l'ancien nom de Cenon fut bien Seno ce qui me paraît hautement probable. Concordance troublante, en allant de Poitiers à Tours, on passait la Vienne à Briva (Vieux Poitiers) et on tombait presque aussitôt sur un Seno (Senon, Vienne). Il serait intéressant de confirmer ce jumelage en d'autres lieux. Dans le voisinage immédiat de Bordeaux je ne vois guère que Bruges (de Brucos : Bruyères) et peut-être le quartier de Verthamon (Pessac) à ajouter à la liste des toponymes gaulois.

En médoc se rencontrent quelques fondations gauloise comme Vertheuil, le Breuil, Saint Germain d'Esteuil, Saint Seurin de Cadourne (anciennement Cadorna). Ces différents sites se groupes près de Noviomagos.

En dehors de la zone bordelaise et du coeur médocain l'onomastique gauloise a laissé des traces le long de la Garonne à Baurech, le Verego de Fortunat au IVe siècle, à Cambes, dérivé probable d'un Cambo, ainsi qu'à Hebromagus issu d'un Eburomagos où se trouvait la villa de Paulin et que C. Jullian localisait autour de Langon. Quand à Langon généralement attribué aux Bituriges Vivisques malgré sa proximité de Bazas, capitale incontestée des Basates, il es connu au Ve siècles comme Alingonis portum et rattaché le plus souvent à une racine en Lingo qu'on retrouve dans le peuple des Lingons. C'est aussi la pensée de Jullian qui se demandait si Cenon (du gaulois Seno) ne rappelait pas également un nom de tribu gauloise, celle des Senones. Comme les Lingons et les Senons accompagnaient les Boiens des expéditions italiennes du début du IVe siècle avant Christ, comme ces expéditions d'après Tite Live tout au moins, auraient été placées sous la direction morale du roi des Bituriges on est étrangement surpris de retrouver tous ces nom côte à côte en Gironde terre des Bituriges, limitée au Sud par le Pays Boiens et possédant quelques villes attribuables aux Sénons et Lingons, vieux compagnons de route. Malgré cette remarquable concordance qu'on trouverait difficilement ailleurs, il ne faut sans doute pas tomber dans le panneau largement ouvert. Les Boiens arcachonnais ont certainement précédé les Bituriges de plusieurs siècles et rien ne prouve que Seno et Lingo soient autre chose que des noms de communes ayant servi de base aux ethnonymes sans qu'on ait le droit d'en tirer de plus précises déductions.

On trouve d'autres noms de lieux gaulois le long de la Dordogne. C'est évidemment le cas de Condat, quartier de Libourne tout droit venue d'un Condate. Izon et Branne ne sont peut-être que les héritiers d'un Icios et d'un Brannos mais nous n'avons pas la certitude de leur fondation antérieur à l'époque gallo-romains. Tout au contraire ces deux bourgades font penser à un Icionum et à une Villa Branna d'après la conquête.

Sur l'estuaire girondin on rencontre le Bec d'Ambès et le vieux port de Blaye, anciennement Blavia. Les traces gauloises sont donc incontestables et leur groupement paraît significatif. La toponymie pré-celtique ne doit pas être mésestimée pour autant puisque la capitale de nos Biturges portait un nom très probablement aquitain. Il en est de même de la principale ville du médoc, Lesparre dont l'ancien nom Sparra se trouve à l'origine de nombreux Esparron (Hautes et Basses Alpes, Var, Haute Garonne), Esparon (Gard), Esparros (Htes Pyrénées), Vicus Sparrus (Bordères-Louron, Hte Garonne), etc. Vayres, où plus tard passa la voie romaine de Vesonne (Périgueux) s'appelait Varatedo, vieux toponyme fondé sur une racine romaine - Vara - largement exploitée et sur laquelle nous n'avons rien à ajouter aux savantes études des linguistes sinion qu'il y avait un Varia (actuel Varea) sur la voie romaine de Calahorra à Briviesca (quels noms évocateurs!), tout près de logrono juste en face de l'arrivée de la route romaine venant de Pamplona, de l'autre côté de l'Ebre. Il s'agit visiblement d'un lieu où on passait l'eau, d'un synonyme pré-celtique des Briva et Tragos. Mais alors que faire de Varadeto sur la route romaine de Cahors à Rodez en plein Causse de Limogne là où le fameux thème hydronomique -Vara- ne rencontre que déshydration ? Heureusement les érudits ne sont pas tous d'accord pour situer Varadeto à Varaire (Lot) Les imprécisions de la table de Peutinger laissant encore un peu de chance à l'espoir d'une localisation plus favorable à  la thèse hydronomique de -Vara-. Franchissant la Dordogne à Varatedo le Gaulois poursuivait sa route vers Corterate, le Coutras d'aujourd'hui. Malgré la terminaison en -ate-, Corterate paraît bien de la même famille que Cordoue, que nos Cordes (Tarn, hte Garonne  et Bouches-du-Rhône) et que Cordouan qui ne fût probablement au début que le sommet de la trop célèbre île d'Antros contre laquelle naufragèrent tant d'érudits. Créon au coeur de l'Entre-Deux-Mer ne relève pas nom plus d'un éthymologie celtique mais plus probablement selon Dauzat et Rostaing, d'un Cravonem fondé sur une racine -Crav- ou -Crev- de sens imprécis mais largement répandue en Europe. La Station romaine de Sirione, aujourd'hui Cérons a été rattachée par Jullian à un antique Siriona. Notre savant compatriote y voyait une référence à la déesse des eaux appelée Sirona dans l'Est de la Gaule. Plus modestement j'ai découvert dans le précieux travail de J. J. B. Merino Urrutia sur la toponymie basque du Sud de l'Ebre, que Ciruena, près de San Domingo de la Calzada (Logrono), s'appelait Cironia en 1071. J'en profite pour rappeler qu'à une vingtaine de kilomètres au Nord-Est il y avait, et il y a toujours, un Brionees dont une annexe poste le nom de Vereta. Bien sûr tout philologue fera remarquer que Brionec n'est pas tout à fait Brion, que Ciruena n'est pas Cérons et que Vareta s'écarte un peu de Varatedo ou de Varadeto. Mais il faut bien avouer que les ressemblances ont de quoi troubler les curieux. Si elles ne permettent pas de trancher nettement ce qui revient aux Gaulois et aux Aquitano-Basques elles ont au moins le mérite de nous débarasser d'un problème parasitaire, celui des Ligures. En outre si la Toponymie de la vallée de la Garonne ressemble à celle du Haut Ebre on est en droit de penser que de mêmes envahisseurs se sont plus ou moins imposés à d'identiques Ibéro-Aquitains. [Il n'y a pas de place en Aquitaine et en Ibérie pour une toponymie "ligure", d'autant moins que beaucoup de noms de lieux anciens communs à la Peninsule Ibérique, aux Pyrénées, aux Alpes et à la Ligurie suggèrent un fond linguistique commun. Les gaulois ont beaucoup emprunté à ce font ce qui embarasse le lexicologue et entraîne de graves erreurs de perspective. Philippon, si remarquable par ailleurs, considérait, la même faute. On a méconnu l'importance du vaste substrat qui s'est étendu des côtes de l'atlantique aux Balkans substrat qui n'était pas spécifiquement ligure ou pélasge.]

Très brièvement il faut rappeler que les noms des rivières du pays girondin appartiennent à plusieurs types. Les Jalles ne se trouvent qu'en Médoc mais le Jalon aragonais et le rio Jalle seuls parents possibles indiquent peut-être une origine méridonale. Les Eyre, Eym, Eyraud coulent en Gascogne, Guyenne et Périgord méridional. La racine originelle  ne peut guère être que Ara. Or le rio Ara existe aussi. Il s'agit d'un affluent de droite du Rio Cinca, qui prend sa source au pied du Vignemale et reçoit sur sa gauche le rio Jalle dont on vient de parler. Mais il ne faut pas trop sourire à la chance qui nous permet de réunir les ancêtres des Jalle et Eyre. Faute de graphie ancienne on ne peut affirmer que Eyre dérive bien de Ara. D'autre part les dérivés de -Ara- sont tellement nombreux non seulement en Espagne (Argo, Aragon, Arlanzon, Arlanza, Arnear, etc.) mais aussi dans les Alpes, en France et en Italie que tout essai de systématisation glisse entre les doigts. On peut, à cette occasion, retenir quand même que la fréquence des dérivés de Ara, nettemennt plus grande dans les Pyrénées et dans les Alpes que partout ailleurs signifie une occupation par un même groupe languistique à une période qui peut remonter au Mésolithique période où les Alpes devinrent habitables. Comme les dérives de -Ara- sont également nombreux en Asie Mineure on peut penser que ce groupe linguistique ancien se rattache au monde asiatique  conformément aux vues de Marr et comme le suggère aussi la parenté du Basque  et de l'Abkhaze. Voilà d'ailleurs pourquoi je pense que les langues de type Caucaso-Basque ont été parlées dans une notable partie de l'Europe, avant les invasions indo-européennes, non seulement en Turquie et dans la Grèce Pélasgique et pas seulemnt non plus en Ibérie et Aquitaine. Cette manière de voir insère le problème basque dans un contexte qui lui fait trop souvent défaut. En application  de ce qu'on vient de dire il semble que nos Eyre, Eyron, et Eyraud soient d'origine plus pyrénéennes que Basques mais que la vieille langue pyrénéenne d'où ils tirent leur origine s'apparentait au Basque. Par les Garona aragonaises, les Garonna aranaises et les Garonnes d'Aquitaines, la principale rivière des Bituriges Vivisques nous ramène encore plus énergiquement vers les Pyrénées où vécut sans doute aussi le peuple aquitain des Garumni. Mais il ne faut pas oublier qu'il il y a des Garonne et Garonnette en Provence, ce qui n'avait pas échappé à C. Jullian et consolide les précédentes généralités. On pourrait recommencer la même gymnastique enrichissante et irritante à la fois à propos des dérivés de -Dur- (Duranius=Dordogne, Druna=Dronne, Drop, Durèze, Dourdèze, etc...) Mais ici les Pyrénées sont mal représentées. On peut se demander sil ne s'agit pas d'un emprunt gaulois aux populations alpines. En tous cas ces dérivés de -Dur- sont tous sur la rive droite, sensiblement celtisée. [Il y a de fortes chances pour que -Dur-conduise à -Atur- (Atura) et à -Itur-(Iturissa) dans la sphère linguistique basco-aquitaine.

Les limites de la cité des Bituriges Vivisques ont été plus ou moins bien retrouvées dans celle de la première organisation ecclésiastique. En outre en se référant à deux bornes militaires celle de Saint-Ciers-la-Lande et celle de Chadenac A. F. Lièvre a montré que l'un des fines des voies romaines se trouvait à Saint-Ciers et l'autre à la limite des diocèses de Saintes et de Bordeaux à une dizaine de kilomètres au Nord de Coutras où se trouve le village de la Guirande. En dépit des discordes suscitées par les dérivés de Equoranda on est bien obligé d'admettre qu'ils constituent des repères précieux. Eygurande, tout pès de là, entre la Dronne et l'Ille, constitue une bonne indication sur la limite entre les Bituriges et les Petrocores. L'Engranne dont le nom paraît aussi dériver de Equoranda désigne correctement la fontrière avec les Basates. On a supposé que le village de Gironde, au confluent du Dropt et de la Garonne entrait dans la même catégorie onomastique mais ce ne n'est pas sûr du tout et il me paraît personnellement trop oriental. Au Sud de la Garonne la frontière entre Bituriges et Basates demeure imprécisée. L'archidiaconé de Cernès englobait en effet la région de Langon, qui se rattache bien plus naturellement à la toute voisine Bazas, et les Pays du Buch et de Born, territoires incontestablement  boîens et non bituriges. La géographie adeministrative ecclésiastique se réduit ici à une mauvaise béquile. Il faudrait s'assurer qu'elle ne peut faire mieux. La frontière avec les Boïens passait très probablement à Heins (Cestas) et la Croix d'Hins, des anciens fines pluis au Nord du Porge (Sanctus Severinus de Bogio) et de Saumos (Sanctus Amandus de Bogio). C'était en réalité la frontrière avec les Méduites assujettis aux Bituriges Vivisques. La portion méridionale du territoire des Bituriges, autour de Belin, l'Ebellinum de l'itinéraire d'Antonin, servait peut-être de refuge aux Belindones (Belindi des latins) arrière garde assez misérables, selon Bosch Gimpera, des Pelendones des montagnes de la povince Soria. Il s'agit là de pures hypothèses fondées seulement sur des similitudes d'appellations mais qui prennent d'autant plus de séduction que nous avons signalé bien d'autres concordances, moins douteuses, de part et d'autre des Pyrénées. On pourrait rêver que les Belendones après les Médulles correspondraient aux premier immigrants gaulois de l'Aquitaine vers la fin des Champs d'urnes, qu'ils furent déboutés par les Boiens à la deuxième phase de la période Halistatt et qu'enfin les Boeins eux-mêmes auraient été refoulés par les Bituriges Vivisques à la période de la Tène. Il faudrait ajouter au tabeau les luttes constantes de l'aristrocratie gauloise de l'Aquitaine pour composer avec l'indigène, résister aux montagnards pyrénéens ou basques ainsi qu'aux principautés aquitaines irréductibles. Ce n'est qu'un rêve. Pour terminer sur des données plus positives explorons rapidement les pays voisins de nos Bituriges biscayens.

Au septentrion nos Bituriges touchaient, par de là les landes désertes de Bussac et de Montendre, aux Santons, l'un des peuples les plus prospères de la Gaule. En dépit des quelques agglomérations comme Coze qui doit remonter à un Cosa, représenté en Aquitaine mais aussi ailleurs, on peut et on doit admettre que la Saintonge était beaucoup plus fortement celtisée que la Guyenne. Il semble même que les Santons aient attiré vers eux d'autres Gaulois pour renforcer leur position vis-à-vis des Aquitains puisque les Helvètes dirent aux Romains qu'ils voulaient quitter leur pays pour aller s'installer près des Santons. Cependant un petit peuple qui paraît vassal des Santons et dont il n'était séparé que par l'Aygurande, celui des Agesinantes Cambolectre pose un poblème. L'Ethymologie de sa capitale : Iculisma (Angoulême) a fait couler autant d'encre que celle de Bordeaux et sans beaucoup plus de succès. Ce nom ne paraît pas gaulois. D'autre part on ne paraît pas avoir remarqué les anciens noms de Saint-Cybardeaux (Charente) : Etz (852), Eutz (Xe siècle), Ilice (XIe siècle) et Ilicibus (XIIe siècle). Voilà qui rappelle bien étrangement les Elusa de l'Aquitaine et du Languedoc méridional comme aussi les dérivés bien connus de -Ili, une des plus populaire racines ibériques. Or Saint-Cybardeaux parait avoir été avec Chassenon la plus importante station de la voie de Saintes à Limoges. L'archéologie le confirme mais seulement à la période gallo-romaine, tout au moins jusqu'à ce jour. Ajoutons que sur son piton  qui domine les plus belles sources de l'Ouest français, Tolvera (Touvre, Charente) portait aussi une étiquette préceltique. Le noms de la capitale des Petrocores, fait significatif ne paraît pas plus de fondation gauloise que Bordeaux ou Angoulême bien que pour ceds trois villes et surtout pour Vésonne (Périgueux) la base aquitaine ne relève pas de l'évidence.

De même si les principales rivières de la Dordogne, qui se nomment : Dordogne, Vézere, Auvezère, Dronne, Lizonne, Isle, Luyre, Loue, etc., se rattachent à l'onomastique pré-celtique on ne leur voit pas de parenté directe avec les hydronymes aquitains. En d'autre termes s'il y a un substrat commun aux pays situés au nord et au sud de la Garonne, la toponymie de la partie septentrionale a subi une évolution phonétique et peut-être morphologique particulière sous l'influence du Gaulois ce qui rend difficile les comparaisons et prouve de toute manières une celtisation bien plus profonde de la rive droite de la Garonne.

Dans le Pays des Basates ou Vasates qui bordait à l'orient celui des Bituriges Vivisques nous rencontrons bon nombre de dificultés. En effet dans la liste des peuples aquitains soumis par Crassus, Jules César ne mentionne pas plus les Vesates que les Sotiates (!) ou les Convènes mais il cite les Bocates, Pline l'Ancien, dans son Histoire Naturelle, place des Basabocates parmi les peuples de l'Aquitaine administrative d'Auguste. Si les Bocates sont bien les Boïens, écrits d'une autre manière, ces Bocates auraient été associés aux Basates pour former un nouveau groupe administratif celui  des Basabocates. Pourtant Boïens  et Basates paraissent avoir été séparés par la portion méridionale du territoire des Bituriges Vivisques particulièrement dans le secteur assujetti des Belindi. En outre la Géographie de Ptolémée au milieu du second siècle ne parle plus que des Basates. On peut se damander si les deux fractions dont le nom aurait évolué selon la prédominance de l'un ou l'autre des parties puisque l'on trouve successivement : Bocates, Basabocates, puis Vasates. Inutile de rappeler qu'en Aquitaine comme en Ibérie il y a confusion du B et V. Quoi qu'il en soit on se refuse généralement, et je me demande pourquoi, à voir dans les Basates un dérivé de Basa qui en Basque signifie bois. Par ailleurs l'accord unanime des textes place les Basates parmi les Aquitains.

Par Ptolémée et par Ausone qui naquit là, nous savons que la capitale des Basates, notre moderne Basas, s'appelait Cossio, Cossio ne paraît pas provenit d'un Cosa pas plus que d'un Cosco. Cossio comme beaucoup de toponymes aquitains et pyrénéens existe à l'état pur en tant que nom de famille catalan mais peut provenir d'une autre racine inconnue. C'est toutefois peu probable. Peut-être notre Cossio bazadais se rattache-t-il à la lignée des Cos (Ariège). Cox (Hte Garonne) et Cosledas (B. Pyrénées) que Dauzat et Rostaing font venir d'un -Cos(t)-, vieux mot gascon signifiant coteau ou falaise. Ponsich, citant la célèbre Marqua Hispanica, de P. de Marqua, rappelle que Cos en Vallespir (Pyrénées Orientales) s'appelait Cotsio, en 869. L'identité de Cotsio et de Cossio ne serait pas plus étonnante que celle des nombreux Tuc et Suc remontant probablement à un Tsuc. La racine serait alors non pas -Cos(t)- mais -Cots-. Pour finir, si Cossio, jusqu'à nouvel ordre, ne semble pas gaulois mais plutôt aquitain on ne lui trouve guère de patronymes ni en Ibérie, ni en Gaule ni dans le reste de l'Europe.

A Lugasson, l'oppidum bien connu de Roquefort, si riche en vestiges préhistoriques et médiévaux montait la garde au-dessus de l'Engranne face aux Bituriges Vivisques. Pour Jullian, Lugasson était l'héritier d'un antique Lugasso dont la seule terminaison prouvait les affinités ibériques. Dauzat et Rosataing pensent plus volontiers à un Lucasionem portant le nom de son propriétaire. Toutefois je ferai remarquer la très forte proportion des toponymes aquitains construits autour de Lug et Luc, souvent difficile à distinguer l'un et l'autre. D'un dénombrement sommaire portant sur la Gaule j'estime que les deux-tiers sinon plus des noms en Luc et Lug se rencontrent en Aquitaine et sur le pourtour immédiat. Or Lug pas plus que Luc n'es ibérique ou basque mais Gaulois. S'il apparaît si souvent en Aquitaine c'est une preuve d'une occupation celtique bien antérieure à César et hallstattienne très probablement.

A l'Est du territoire Basate, face au Nitiobriges, réputés gaulois, se trouve la belle forteresse de Duras qu'on a rattaché à Duros gaulois mais parfois Durazzo. Les composés de -Duros- sont exceptionnels en Aquitaine et leur répartition géographique pourrait suggérer qu'ils furent à la mode vers la fin du Hallstattien et le début de la Tène à la période des tombes à char. La répartition des composés de -Duros- englobe en effet l'Est et le Centre de la la Gaule, délaissant les pays atlantiques et l'Aquitaine, le Languedoc et les régions alpines.

Parmi les localités bazadaises dont l'ethymologie pose un problème, signalons Casseuil qui représente, vers le confluent du Dropt et de la Dordogne, un des dérivés les plus méridionaux et sans doute tardifs du gaulois -Jalos-, car Casseuil est bien un ancien Cassinoialos. Auros Paraît d'origine mixte, celto-aquitaine comme Lugasson mais en dépit de leur allure ancienne due à la persistance locale des vieux nom gaulois ou Hallstattien, les toponymes aquitains terminés en -os- sont largement postérieurs à la conquête romaine. Captieux semble bien de souche gauloise, tardive certes, mais représentant pourtant une mode méridionale de noms en -Cap- qui ne doit pas rester méconnue. Sur le territoire communal de Captieux se trouve un Biscarosse identique à celui de la côte landaise et d'aspect tellement euskarien qu'on doit y voir une preuve supplémentaire des parentés entre l'ancien aquitain et le basque. Sur les confins méridionaux des terres basates. Sore (Landes) paraît relever de l'Aquitain mais sans certitude. Quant à la station thermale voisine : Luxey on la rattache sans difficulté à la série des Luxeuil (Luxovuis) fondée sur la renomée d'une divinité gauloise ; Luxo (?). Avec J. Sacaze on ne peut pas ne pas en être frappé par la ressemblance de Luxo avec IIixo, le dieu aquitain des bains de Luchon. Saracaze pensait que IIixo n'était d'ailleurs qu'un Luxo ibérisé. On peut renverser la proposition et se demander si la divinité en question ne fut pas adoptée par les Celtes lorsqu'ils pénétrèrent en Gaule où se parlaient antérieurement des dialectes de types basca-aquitain.

Au total la toponymie basate comporte moins de noms aquitains que l'histoire ne permettait d'en espérer. L'onomastisque gauloise figure en aussi bonne place que chez les Bituriges Vivisques. L'archéologie n'apporte que la certitude d'une forte celtisation du Bazadais méridional, au Hallstattien final. Comme le remarque judicieusement E. Etienne, c'est justement là qu'on trouve le plus de noms terminés en -os-.

Sur les Boiens nous n'en savons pas davantage que sur les Bituriges et les Basates (Leur capitale : Boii a été retrouvée par Peyneau, à Lamothe près de Facture (Gironde). Richir en 1970, sur les indications de Riquet et de Coflyn, a décelé, grâce à son équipe de plongeurs les restes de la ville de Losa, dans l'étang de Sanguinet. Le champ d'urnes de Salles et les nombreux tumulus hallstattiens de la vallée de l'Eyre prouvent une celtisation ancienne.) Nous avons signalé leurs frontières avec les Bituriges. Vers le Sud, ils confinaient aux Cocosates probablement autour de Pontenx-les-Forges et de Labouhère. Certains auteurs ont cru que les Boiens avaient occupé tout le Pays de Born ne qui ne laisse aucune place au Cocosates. Nous ne les suivrons pas.

La toponymie boienne malgré l'empreinte gauloise manifeste très clairement la puissance du substrat aquitain. Entre les étangs de Parentis et de Sanguinet nous trouvons un Navarosse et un Biscarosse (Dans le dialecte gascon des Landes le verbe biscara (r) signifie tondre les moutons, qu'à cette fin on couche sur l'épaule. L'emprunt au "biscar" basque est à peu près certain mais l'extention du sens ancien peut nous conduire à penser que les Biscarosses landais n'étaient pas que des lieux où l'on tondait les moutons. Les chansons populaires ont adopté cette signification. Ce n'est pas une peuve que Biscarosse n'ait pas une origine plus antique.) d'allure nettement basque. Le village d'Ispe au Sud de l'étang de Sanguinet ne porte pas un nom gaulois. Celui de Gaste, sur l'étang de Parentis rappelle l'oppidum de Lagaste jumeau du célèbre Puech Tartari à Rouffignac de l'Aude. Dans le même secteur les hautes dunes de Pettemale (composé de Mala ?) de Batlongue ou de Pendelle (Pendelle évoque évidement les Gaulois : Pen (cap montagneux ou montagne). Mais c'est dans les îles britanniques, les Pyrénées (Pe'ne) et la Peninsula Ibérique (Pena) que le mot a fait fortune.) rappellent les Pyrénées. Les grandes dunes du Pyla dominées par le Tuc de la Truque (quelle cacophonie !) nous orientent non seulement vers l'ancienne aquitaine mais vers le Sud du Massif Central et les Alpes. En dépit de l'absence d'ancienne graphies il y aurait une foule de renseignements à glaner sur les 250 km du Littoral Aquitain. Je me suis borné à ces quelques aperçus qui me paraissent assez démonstratifs.

N'étant pas linguiste j'ai pris le risque qu'encourrent tous ceux qui pénètrent dans un discipline étrangère. Les résultats de ces intrusions sont généralement désastreux. Il me faut donc accepter le mitraillage de la critique sans pour autant que la prudence m'empêche de conclure. La toponymie prouve à l'évidence une fort celtisation de la vallée de la Garonne... et de celle de l'Ebre. En Aquitaine la celtisation se manifeste moins par des composés de -lalos- que par des formations mixtes comportant un radical gaulois (fréquences de Lug et Luc) et le suffixe -Os- considéré comme aquitain. Les Bituriges Vivisques portent la marque de ce mariage mixte mais d'une autre manière, preuve d'un processus commun. Bien qu'il soit depuis longtemps prouvé que les noms terminés en -Os- sont apparus après la conquête romaine, ils conservent intact leur radical gaulois dont l'évolution linguistique a été bloquée un peu comme le sera celle des noms de famille romaine en milieu germanique. Ce conservatoire de noms gaulois qui explique pourquoi des chefs aquitains ou ibères portaient des noms celtiques n'a pas été suffisamment exploité. On le regrettera d'autant plus que les anthroponymes viendront souvent confirmer les donnés de la toponymie. Rien, dans le domaine de l'achéologie ne permet de se faire une idée claire de la celtisation de l'Aquitaine. Il faut cependant souligner les points suivants :

Au bronze ancien la civilisation dite du Rhône-Walais envoie quelques émissaires vers la Dordogne et la Gironde. Il n'est pas sûr que ces isolés explorant un pays presque vide, soient des Celtes ou des Proto-Celtes. Quelques préhistoriens l'on pensé mais je ne suis pas favorable à cette manière de voir car le civilisation du Rhône forme avec celle de Kisapostag (Hongrie) une vaste province archéologique qui a probablement ses racines en Hongrie et qui se développe au Sud de ce que nous pensons pouvoir appeler, plus tard, la Celtique primitive. Aux approches du Bronze moyen, le Bronze médocain représente probablement une première étape celtique. Mais l'influence sur le reste de l'Aquitaine demeure très faible si on en juge par l'achéologie. A l'extrême fin du Bronze, les chachettes de fondeur s'arrêtent dans leur dispersion méridionale aux rives de la Garonne mais respectent l'Aquitaine. Par contre la Garonne sera traversée de part en part au cours de Champs d'Urnes tardifs du Hallstattien à poignards. C'est donc seulement à cette époque, de façon à peu près certaine, qu'on peut faire remonter les plus anciens noms celtiques de l'Aquitaine. On peut d'autant plus procéder à cette démarche que l'âge du fer aquitain ne diffère pratiquement pas de celui du reste de la Gaule. Signalons que la situation s'écarte ici de celle de l'Espagne (Ceci n'exclut pas qu'on puisse déceler des influences ibériques hallstattiennes jusque en Poitou et sur les Causses : poignards à antennes et croisière angulense, boucles de ceinture à 2 ou 3 crochets, figules à long ressort, etc.). La période de la Tène, mal représentée en Aquitaine par suite d'une inconcevalble carence de l'archéologie française, est aussi typiquement gauloise que celle des tumulus hallstatiens. Tout se passe donc comme si la celtisation avait été totale depuis le premier Age du Fer. Or par les textes nous savons bien que la Novumpopulanie n'était pas gauloise. Cela signifie qu'après chaque invasion gauloise les Aquitains absorbèrent les conquérants, sauf autour de Bordeaux, d'Agen et de Toulouse. Non sans avoir adopté certaines coutumes des vainqueurs et parfois leurs noms propres, les Aquitains n'en ont pas moins réussi à maintenir leur langue et leurs institutions jusqu'au début de l'ère chrétienne.

En ce qui concerne le substrat linguistique aquitain il me semble que la surabondance de racines montagnardes peyrénéennnes (Mala-Mailh, Vigne-Vina, Tuc-Suc, Coum-Soum, etc...) formant parfois doublet suggère plusieurs étapes linguistiques et certainement une très grande antiquité. Tous ces noms bizarrees appartiennent-ils vraiment au sbstrat basco-auitano-ibérique que nous supposons en place depuis le Mésolithique ? Rien n'est moins certain. Et puis je m'éloigne des Bituriges.

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Je me souviens en ce 09.02.2014 : "On se sent morveux avec ce temps." (Le Révérend)

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Que les brillantes personnes qui précédent veuillent bien m'en excuser mais j'ai besoin de parler d'un petit laps de temps dans la vie de ma mère.

Elle a fait ses études de sténo-dactylo en 1927 aux cours de secrétariat PIGIER, puis a commencé à travailler chez le négociant en vins FAUQUET, 94 quai des Chartrons. Pendant la guerre 1939-1945 la maison TATAREAU, droguerie rue du Palais-Gallien, l'employait. Dans le cadre de ses fonctions elle faisait de la représentation commerciale et c'est de cette façon qu'elle visitait des commerces du centre de Bordeaux pour vendre de l'eau de cologne et des savons parfumés que souvent elle fabriquait elle-même. Elle avait ses entrées dans les arrières boutiques des parfumeries, des pharmacies, des coiffeurs et autres commerces. Un jour elle a été choquée de voir un protrait géant d'Hitler trônant dans un bureau et elle en a été marquée à jamais, c'était une femme simple et honnête qui avait passé son enfance à Cachac et Parempuyre.

Mais l'Histoire a avancé :

La déclassification "Top secret" dans les années 1990 -

La 2ème guerre mondiale : Les archives révèlent donc des traces de relations étroites entre l'Allemagne nazi et Wall street, des banques américaines qui ont largement investi en Allemagne dans les années 1930, mais aussi des industriels superpuissants comme Henry Ford qui aidèrent le reich à être "prêt" pour la guerre et bien d'autres encore...

L'homme habillé de vert issu d'une famille de négociants en vins à Blanquefort depuis au moins 1926,  avait à cette époque, 1939-1945 un immeuble à Bordeaux, tout en ayant une propriété de vin à Blanquefort.

Les hommes comme les animaux se flairent et se reconnaissent comme appartenant au même groupe. C'est ainsi, qu'après la guerre et  jusqu'à la fin des années 1970  tous ces comparses se sont retrouvés à Blanquefort : Ma mère qui venait dans la maison de famille, le Maire, toujours habillé de vert, Polex, dont l'épouse titulaire d'un diplôme avait permis l'achat d'un "commerce" et l'usine Ford qui grâce à l'action du maire est venue s'intaller dans la commune dans la deuxième partie des années 60. (c'est très simpliste).

Nous appellons le commerçant de Bordeaux qui vénérait le Fürher, Polex.

Polex catholique, autoritaire à l'insulte facile envers les sulbaternes, hâbleur et le verbe haut dans son col roulé blanc dirigeait femme, enfants  et emplyés d'une poigne de fer, mais en revanche était très sociable et sa table était très prisée des notables de la commune. Peut-être même une personne membre de la Sté d'act civ. qui aurait fait la guerre d'Afrique du Nord.

La fille de Polex était conseillère municipale, fantôme, du maire tout rouge et vert, son petit-fils son filleul. Le maire avait-il une descendance ? sinon il est possible que le petit-fils de Polex ait été un héritier.

Toujours est-il que l'homme tout rouge habillé de vert est décédé vers 1978 et qu'à cette époque toute la famille de Polex a quitté Blanquefort.

Jacques Brel : Qui fait ses p'tites affaires/Avec son p'tit chapeau/Avec son p'tit manteau/Avec sa p'tite auto/Qu'aimerait bien avoir l'air/Mais qui a pas l'air du tout/Faut pas jouer les riches/Quand on n'a pas le sou/Faut vous dire, Monsieur/Que chez ces gens-là/On n'vit pas, Monsieur/On n'vit pas, on triche. (Ces gens-là)

Revenons à Polex qui jusqu'à son départ a eu une employée qui faisait le ménage et s'occupait de ses petits-enfants, cette gentille jeune femme avait épousé un jeune homme au physique agréable, pauvre (les terrains à Blanquefort à l'époque n'ayant pas la valeur qu'ils ont actuellement), catholique, sérieux, bien que très timide qui connaîtra une ascension remarquable dans la société, toute les portes lui seront ouvertes jusqu'à celle du Landais de Bx.

Nous l'appelons Cadéroussel.

Cadéroussel avait quitté l'école après le certificat d'études puis il a été apprenti chez un serrurier de Blanquefort.

Dans le livre "Feuillets d'une mémoire" pour l'histoire de Blanquefort de Raymond VALET, édité le 24 octobre 1984 sur les presses de l'atelier municpal de reprographie de la ville de Blanquefort.  Pages 19 et 20, nous pouvons lire :

LA SOCIETE SPORTIVE BLANQUEFORTAISE : Elle prit corps en 1938. Son but fut le football et la préparation militaire. On ne possédait pas de terrain, on nous autorisait à jouer sur le terrain de l'Ecole d'Agriculture. Nous avions la formation de tois équipes sans grande conviction ; la difficulté était le manque d'argent sans espoir de subvention.

"UN STADE : Puis la guerre, mobilisant l'essentiel de notre formation, obligea la Société à se mettre en "veilleuse". En 1941, en tant que CONSEILLER MUNICIPAL, les directeurs des écoles filles et garçons me firent part de l'intérêt qu'il y aurait à avoir un terrain d'évolution pour les enfants des écoles. Je soumis au Conseil la demande qui fut transmise à M. Grimal directeur du Lycée qui nous indiqua de faire une demande à la Direction Régionale de l'Agriculture. Cette demande n'ayant pas eu d'avis favorable, M. Raymond PICQUOT (librairie place Gambetta Bordeaux), CONSEILLER MUNICIPAL, voulut s'en occuper. Cet homme très cultivé, ayant par sa profession de nombreuses relations, en fit part à M. MAURICE PAPON qui était directeur du cabinet auprès du Préfet de la Gironde, avec l'appui de l'Académie. Un plan détaillé du terrain avec demande motivée comme plateau d'évolution scolaire de Bordeaux fut transmis auprès de M. le Ministre de l'Agricuture qui répondit favorablement. Une vente symbolique attribuait à la Commune, par lettre authentique transmise à l'Académie et à la Mairie de Blanquefort, la cessation de la partie haute du terrain au lieu-dit "le Béchon" soit environ la moitié du plateau. Je ne me souviens plus de la contenance exacte, bien qu'elle fut chiffrée. Cette vente, dont on doit trouver trace sur le registre des délibérations du Conseil Municipal de l'époque, ne fut ni notariée ni enregistrée....

...Ce local fut payé avec l'argent que les mairies touchaient pour payer le personnel au service des troupes d'occupation. Profitant de cette aubaine, nous étions en automne 1942, et groupant quelques bonnes volontés, nous reformons un bureau avec de nouveaux éléments, votre serviteur fut nommé Président, M. Gérard Bidou et Jean Pucheu, Vice-Présidents, M. Robert Rabiller, Secrétaire, M. Labat, Trésorier, M. Santa-Listra, joueur entraîneur.

En 1978 on peut lire dans un fascicule édité par la Maire que M. Valet est devenu président de l'Union Nationale des Combattants.

En 1976 Cadéroussel, avait fait son chemin de petit apprenti chez le serrurier il était dans la nouvelle municipalité qui avait battu le maire rouge et vert que soutenait la famille de Polex. Il était devenu... et membre d'un parti politique se revendiquant du gaullisme, c'est-à-dire d'une politique inspirée par Charles de Gaulle et la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Dans le même temps il continuait à fréquenter Polex, l'employeur de son épouse, qui aimait tant l'Allemagne nazi (et qui conservait beaucoup de relations bien placées).

J'ai rencontré il y a quelques temps des habitants de Blanquefort qui avaient vu après la guerre des femmes tondues exposées au public place de l'église et il avaient honte du sort que l'on leur faisait subir, car ils savaient qu'il y avait eu beaucoup d'âmes grises masculines en 39-45 qui s'étaient transformées comme par miracle dans leur imaginaire en foudres de guerre en 1944. Mais avec quelques médailles, quelques petits privilièges accordés discrétement à la meute des semblables et la mémoire s'estompe et nivelle. Reste la conscience, là aussi, on travesti les faits, on peut dire je ne savais pas, ce n'était pas si grave, j'ai fait mon devoir, j'ai obéi, il y avait pire que moi etc... pour en finir par : je suis quelqu'un de bien,  je mérite le respect et l'estime de mes compatriotes. Quel exemple pour la jeunesse qui souvent n'est pas dupe ?

Le maire rouge et vert a détruit toutes ses archives quand il a passé la main en 1971.

EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT - Aragon -

"Tout changeait de pôle et d'épaule

La pièce était-elle ou non drôle

Moi si s'y tenais mal mon rôle

C'était de n'y comprendre rien

Est-ce ainsi que les hommes vivent"

A ce sujet  écoutez le témoignage de Madeleine RIFFAUD, ancienne résistante, "RAINER" sur le site de France Inter du 19.07.2014, elle y donne son avis sur les résistants de la dernière heure, et combien ils ont été "salauds" pour les pétainistes affichés qui se sont fait prendre.

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Nous sommes vers 1985 le docteur Stéphane Chapenoire, jeune stomatologue, nous rend visite dans notre petite maison de lotissement à Blanquefort. Le 25.03.2015 nous ouvrons notre journal, il est en pleine page médecin légiste sur les lieux où 150 personnes ont péri près de Digne dans le massif des Trois-Evéchés suite au crash de l'A320 du vol 4U9525 de la Germanwing. Ce qui fait que ce médecin légiste bordelais, pilote émérite, est obligé d'accomplir une tâche inhumaine.

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Un de mes enfants a participé aux recherches pour retrouver le jeune Lucas Tronche, disparu depuis le 18 mars dans le Gard. Hier,18 avril 2015 nous avons beaucoup pensé à Lucas, dont c'était l'anniversaire de ses 16 ans ainsi qu'à sa famille, LE 23 AVRIL Lucas est toujours introuvable. QU'EN EST-IL DE L'ENQUETE SUR LES SAISONNIERS QUI ONT TRANSITE PAR CETTE REGION A CETTE EPOQUE DE L'ANNEE, ON N'EN PARLE JAMAIS DANS LES MEDIAS.

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27.04.2015 - J'apprends par la presse de décès de mon ancien voisin, Daniel LAWTON du 60 quai des Chartrons à Bordeaux (j'habitais au 69), que j'ai souvent vu dans ma jeunesse soutenir M. Touton le temps de la traversée du trottoir. Puis plus tard dans le monde du travail, je le rencontrais, il exerçait sa profession de courtier en vins dans la grande maison de négoce bordelais (sous la protection de Jacques Chaban-Delmas), aujourd'hui disparue, au sein de laquelle je travaillais. Nous nous croisions dans les couloirs et nous nous saluions. En 1977, a Blanquefort nous avions deux médecins grands joueurs de tennis qui fréquentaient  la villa Primrose. L'un d'eux un scientifique très simple, Robert Marty, m'a dit jouer avec un membre de la famille Calvet. Un temps un des deux médecin est tombé gravement malade dans Blanquefort peu de monde était au courant et tous se posaient maintes questions. Ma tante France un jour m'a dit :" mon amie (la mère de Flo voir paragraphe suivant) m'a racontée que dans une réception elle était à côté de M. Séguéla (le publicitaire) il a demandé des nouvelles de son cher ami le grand docteur (il avait du mal à se rappeler des noms de famille)" et c'est ainsi que j'ai sû de quelle pathologie était atteint notre médecin.

Quand j'ai regardé autour de moi toute petite fille des quais des Chartrons, comme la Garonne, Daniel Abraham LAWTON a fait paite du paysage qui m'entourait. J'aimais son visagae aimable, sa haute sature et surtout ses sourcils...je le touvais harmonieux.

Abraham LAWTON, né en 1718, Cork,.. Munster IRLANDE, décédé en 1776, Bordeaux 33, Gironde. Inhumé à Bordeaux, cimetière des des Etrangers à l'âge de 60 ans. Il avait débarqué à Bordeaux en 1739, bourgeois de Bordeaux le 13.03.1764.

Marié le 18 janvier 1746, à Bordeaux Gironde. Saint-Projet avec Charlotte SELVES, née en 1719, décédée le 26 décembre 1787 à Bordeaux 33 Gironde inhumé Eglise Saint Rémy Bordeaux à l'âge de 68 ans - sans profession -

Leurs enfants : Marie née le 19 octobre 1748 à Bx baptisée le 18.10.1748 à Bx (Eglise Saint-André)

                         Guillaume né en 1753 Bx dcd le 19.11.1835 à Bx, 34 rue BORIE. Inhumé à Bx à l'âge de 82 ans. Courtier de commerce en vins. Propriétaire. Marié en 1790 à Bx église Saint-Rémy avec Marie RAYNAUD née en 1771 dcd en 1819 à 49 ans - sans profession -

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Il y a quelques années, à table chez un ami de mon mari, stomatologue, je me trouve placée à côté de Marcel-Yves, nous en venons à parler du métier d'avocat et je me fais soudain la remarque en moi-même qu'il était ami et avait fait ses études avec l'avocate dont la mère avait été l'amie de ma tante toute sa vie, et sa fille Flo. aussi. Je n'ai rien dit à Marcel-Yves, et je l'ai perdu de vue.(pour l'instant) car j'écris cela par amusement, pour regarder les fils de la vie réelle qui peuvent conduire à des constructions romanesques qui n'intéressent que moi, qu'ils veuillent tous bien m'en excuser. Grâce à cet ami stomatologue cahtolique (il en était fier) et son épouse protestante pour qui recevoir des personnes de tous les milieux était une source de plaisir, j'ai faiit des rencontres très intéressantes et enrichissantes culturellement d'Européens et d'Africains. 

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Ayant vécu pendant plus de vingt an au 69 quai des Chartons, j'étais la proche voisine des FERRIERE, Courtiers Maritimes à Bordeaux. Enfant unique, née dans la fin des années 1940, à cette époque nous n'avions de jouets que pour Noêl et  je passais beaucoup de temps assise sur la marche extérieure de l'immeuble à observer les gens qui circulaient sur larges trottoirs des quais ; ceux que je voyais souvent et les autres les passants. La porte des Ferrière était à côté de celle du 69 et je voyais employés et patrons entrer et sortir. Ce dont je viens de me rendre compte c'est que les Ferrières avaient eux aussi des racines irlandaires par Caroline O'Quin qui avait épousé Stanislas Ferrière (1780 -1835).

Elle était une descendante d' Antoine Patrice O'QUIN, né en 1677 à Ballinrobe, Commaghe IRLANDE, dcd le 22.11.1729 à l'âge de 52 ans. Ecuyer et Négociant.

Mon bureau était au même étage que ceux de la direction dans la grande maison de négoce en vin bordelaise dans laquelle je travaillais.C'est ainsi que j'ai connu la nièce de M. Dourthe qui nous a invités vers 1972 à déguster une alose avec son oncle dans sa propriété de la Maqueline. Dans les couloirs de  cette Maison de négoce je rencontrais beaucoup de courtiers en vin des Chartrons sans me rendre compte que je cotoyais les plus vieilles familles de la bourgeoisie bordelaise, aucun ne le faisait sentir, ils n'avaient pas l'arrogance des parvenus ou plus actuels des bobos bordelais. D'ailleurs une grande partie de leurs employés était composée d'anciens patrons de maisons de négoce et autres entreprises des Chartons qui avaient disparues. Maintenant, avec le temps, je comprends un peu mieux ce que j'ai vu et l'ampleur du grand naufrage du négoce bordelais dans l'après guerre vers 1960-1970, peu à peu. J'ai rencontré dans ces couloirs à la moquette Bordeaux aux escaliers où étaitent accrochés tous les tableaux représentant les visages des fondateurs de la Maison, M. SCHYLER qui parcourait le monde pour obtenir des commandes principalement au Canada, il était déjà très malade mais voulait accomplir sa tâche jusqu'au bout, je pense qu'il avait à coeur la survie de la Maison mais aussi l'avenir des employés. C'était un autre temps où l'on commençait juste à dire le mot chômage.Cette Maison de Négoce disparue des Chartons avait pourtant une succursale à Beaune (Côte-d'Or) et une autre très importante en Allemagne.

 Nous étions tous allés à la Cathédrale Saint-André où était célébré un office ce jour où, le 10 novembre 1970 vers 9h la direction nous a appris la mort du Général de Gaulle et donné l'autorisation de sortir.

Mes grands-mères ont travaillé l'une chez DELOR - l'autre chez MARIE-BRIZARD ET ROGER (où l'on rencontrait facilement la famille GLOTIN.

Mon grand-père : chez MARIE- BRIZARD ET ROGER.

Ma mère : chez le négociant en vins des Chartons FAUQUET.

Mon père lui était directeur : chez NEVERS rue Barreyre (le seul chai de la rue dont façade n'a pas changé) puis maître de chai au "Rhum Saint-Esprit" rue du Jardin Public - Rue Ducau - Rue Marsan.

C'était le BORDEAUX DU NEGOCE QUE J'AI CONNU ET QUI NOUS A FAIT VIVRE.

Mon aïeul Pierre PERRIN était vers 1900, pendant environ 10 ans; propriètaire du château "GRAND CLAPEAU" à Caychac-Blanquefort, il figure dans Bordeaux et ses vins.

Pierre PERRIN ayant travailllé à l'édification d'ouvrages d'art pour les chemins de fer j'ai toujours gardé un oeil sur l'évolution des chemins de fer. Dimanche 03 mais 2015 je suis allée à la bourse des CPA qui se tenait à Floirac (33, j'y ai rencontré un merveilleux vendeur de 75 ans aux beaux yeux bleus qui avait  travaillé pour la poste dans les départements d'Outre-mer. Tout en regardant ses cartes postales mon attention a été attirée par un livre écrit par JEAN BRENOT : CENT CINQUANTE ANT DE CHEMIN DE FER DE BORDEAUX A LA TESTE, le patronyme me parlait et le sujet m'intéressait, le vendeur m'a dit que son ami avant de mourir lui avait donné plusieurs exemplaires de son livre, je l'ai acheté ainsi que CINQUANTENAIRE DE L'INAUGURATION DU CHEMIN DE FER DE BORDEAUX A LA TESTE par Bouchon. Et, dans ma jeunesse j'avais rencontré un Philippe Brenot étudiant en médecine, passionné d'anthropologie.

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Mon arrière grand-mère Anna-Rose SABATIER qui était née dans le TARN veuve a toujours suivi sont fils c'est ainsi que lorsque de 1916 à 1930 environ il a tenu le café restaurant, sallle de danse et de cinéma Mirtain à PAREMPUYRE, elle était présente avec Gabriel PERRIN né dans le TARN.

Un certain Victor-Eugène DURAND (né en 1834) et Dcd le 10.01.1913 à Paris a été Pasteur à ROQUECOURBE et CASTRES dans le TARN et Versailles, aumonier de l'armée du Rhin EN 1870, a épousé en 1858 Julia DASSIER et a eu par décret en 1888 l'autorisation de joindre le nom de son épouse au sien. Son nom était donc Victor-Eugène DURAND-DASSIER châtelin de Rausan-Ségla (Margaux) et de PAREMPUYRE.

Le couple a eu une fille Louise (1860-1923) mariée avec Frédéric CRUSE (1857-1933).

     Ils ont eu environ 6 enfants dont : Christian CRUSE décoré de la croix de Guerre (1884-1875) Marié le 11 juin 1911 avec Anna LAWTON.

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En 1973, Avec une collegue de travail, Madeleine Secrétaire de M. ROMIEUX, nous nous sommes retrouvés mon fiancé et moi en train de déguster une alose vers le mois de juin à la Maqueline, avec M. DOURTHE.