GENERATION DESABUSEE

Sud Ouest Dimanche du 9 octobre 2011 - propos recueillis par Jean-Paul Taillardas -

DIAGNOSTIC : L'alcoolisation massive ? une façon de "se lâcher" pour les ados sans repères. La balle est dans le camp des parents.

Psychiatre, Xavier-Pommereau dirige le Pôle aquitain de l'adolescent au centre Abadie du CHU de Bordeaux. Il publie jeudi 13 octobre "Nos ados.com en images, comment les soigner" (ed. Odile Jacob).

"Sud Ouest Dimanche". Comment, vu du CHU, se traduit la question de l'alcoolisation massive des adolescents ?

Xavier Pommereau. Par le fait qu'on est stupéfait par le nombre et l'âge de ces adolescents. Il n'y a pas une semaine de l'année, entre septembre et juin, où les urgences ne reçoivent pas une ou deux jeunes filles de moins de 15 ans récupérées par la police ou les pompiers sur la voie publique en état de coma éthylique ou d'ivresse prononcée. Et ce n'est pas un phénomène bordelais. Cela touche aussi les grandes villes- cette semaine, j'en ai parlé avec des collègues allemands de Berlin qui ont fait les mêmes observations qu'à Bordeaux - et les villes moyennes. On évalue, et c'est très alarmant, qu'environ un jeune sur cinq qui se livre à ce type de prise d'alcool, souvent associée à celle des stupéfiants, va dépasser ses limites.

Est-ce malgré tout une façon pour eux de faire la fête ?

On n'est pas en train de parler des rendez-vous annuels de Bayonne ou de Dax, où l'on sait qu'il y a des débordements, mais de ces moments où, chaque fin de semaine, dans des lieux festifs comme la place de la Victoire, à Bordeaux, des jeunes de 13 -14 ans vont boire comme des trous "entre potes"...

Pourquoi se mettent-ils dans des états pareils ?

Parce qu'ils sont désabusés, privés de projets. Parce que les adultes leur brossent une vision très noire, très péjorative de l'avenir. Il subissent aussi une pression scolaire extrêmement importante. En fin de semaine, ils éprouvent le besoin de se lâcher.

Est-ce de leur part un suicide social à petit feu ?

Oui, il y a de cela : finir à quatre heures du matin quai de Paludate à vomir entre deux voitures, c'est sordide, terrible, affligeant. Et puis le lundi matin sur la route de Bergerac, de Pau, d'Agen ou de Bordeaux, au retour d'une discothèque, des jeunes vont perdre la vie parce qu'il auront malheureusement trop bu.

"LES JEUNES ESSAIENT DE NOUS RESTITUER, AU SES PROPRE DU TERME, LE PESSIMISME AMBIANT ET LE PEU D'EGARDS QUE NOUS AVONS POUR EUX"

Est-ce une manière de leur part d'envoyer un signal aux adultes ?

S'ils sont aussi nombreux à laisser derrière eux des cadavres de bouteilles vides et de canettes, à vomir sur les place publiques, c'est parce que, selon moi, ils essaient de nous restituer, au sens propre du terme, le pessimisme ambiant et le peu d'égards que nous avons pour eux.

Qu'attendent-ils de nous ?

Qu'au lieu d'accepter ces excès avec un air de fatalisme ("Oui, c'est comme ça, il boivent beaucoup trop"), on mise davantage sur leurs projets. Qu'on cesse de les considérer comme des consommateurs et uniquement cela. Consommateurs de professeurs, de cours, d'activités, de boissons, de produits divers. On doit les mettre en position d'acteurs.

Quelle réflexion mener pour cela ?

Les adultes doivent s'interroger. A-t-on d'autres mots que "chômage", "faillite", d'autres discours que ceux péjoratifs à proposer à cette génération désenchantée ? Il faut soutenir la créativité de ces enfants de l'image et de la consommation dans ce moment de doute et de désillusion.

Concrètement, comment traduire ces intentions ?

Je vois un nombre incroyable d'adolescents qui seraient prêts à faire des choses humanitaires si on le leur proposait. Mais pas seulement quelque chose d'exotique et de très lointain : ils seraient d'accord pour participer à des actions locales. Mais à condition qu'on les leur propose.

Les parents ont-ils mal préparé leurs enfants à l'avenir ?

Tout à fait. En croyant qu'ils allaient leur éparger la violence du monde, ils les ont élevés dans le "soft", au sens propre du mot : dans les douceurs, les doudous, les peluches, les moquettes, avec des ordinateurs pour qu'ils restent bien sages dans leur chambre. Mais la vie est cruelle et faite de choses difficiles qu'il faut pouvoir affronter pour ne pas devenir victime.

Nous les adultes, avons tort de croire que c'est en les "gavant" qu'on leur fait plaisir. On se trouve là, au coeur de la société de consommation, de la satisfaction immédiate. On leur évite la frustration alors qu'on ne se construit vraiment en psychologie que dans la capacité à tolérer l'absence, le différé, la temporalité. Tous ces concepts sont certes un peu philosophiques, mais fondamentaux pour l'âme humaine. Les parents doivent accepter de frustrer (un peu) leurs enfants.

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J'ai lu avec beaucoup d'empathie le livre de Justine Lévy : "Rien de grave" paru en 2004 aux éditions stock. C'est dans cet ouvrage que j'ai trouvé, étonnée, le verbe gaver emloyé, pour parler des enfants et non des oies. 

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PROTEGER LES ADOS - Adolescents : Xavier  Pommereau, psychiatre et chef du Pôle aquitain de l'adolescent, explique aux parents comment protéger la santé des "ados.com"

Sud Ouest du 21 novembre 2011 - propros recueillis par Hélène Rouquette-Valeins

"Sud Ouest". Vous venez de publier un livre consacré aux adolescents de la génération numérique, dans lequel nombre de parents peuvent trouver des réponses. Pourquoi les appelez-vous les "ados.com"?

Xavier Pommereau. Parce qu'ils font sans cesse de la com à travers leurs look, posture, clichés en tous genres qu'ils affichent sur leur mur Facebook. Ils disent ainsi qui ils sont, à quel mouvement ou à quelle tendance ils veulent appartenir, ce qu'ils aiment ou détestent. Et tout cela, mieux en images qu'en mots. Ce que les parents doivent comprendre c'est que les ados actuels sont aussi talentueux que ceux d'autrefois, mais pas avec des mots. Ils font de la communication permanente. Ce sont de petites agences de communication ambulantes.

N'est-ce pas un phénomène classique d'observer que les ados aiment se distinguer des adultes ?

Oui, bien sûr, mais aujourd'hui le phénomène prend une ampleur incroyable parce que nous sommes en pleine révolution numérique. Eux la vivent depuis une quinzaine d'années : grâce à l'échographie haute résolution, ils ont été pris en photo dans le ventre de leur mère, puis dès la naissance "mitraillés" sous toutes les coutures. En même temps, société de consommation oblige, ils ont été traités depuis leur plus jeune âge comme des consommateurs, et ont ingurgité une quantité d'images devant un écran. Ils ont ainsi appris à se produire eux-mêmes. Ce sont vraiment des enfants de l'image.

Faut-il craindre qu'ils se perdent dans les apparences ?

Nos "ados.com" adorent jouer avec les apparences, et contrairement à ce que nous croyons, la plupart font heureusement la différence entre la vraie vie et la vie virtuelle des jeux vidéo et des sites internet. Ceux qui s'y perdent sont les 15 % d'ados qui vont mal et qui fuient la réalité à travers toutes les conduites de rupture. En revanche, il est vrai que les jeunes fille s'affichent de plus en plus tôt, et que celles qui s'exposent très court vêtues dans la rue, au collège ou sur Facebook, risquent de mauvaises rencontres.

Beaucoup d'ados jouent avec leur peau : tatouages, scarifications. Est-ce que c'est ce que vous constatez ?

Ce qui est nouveau en matière de tatouages, c'est que certains parents sont d'accord. Les scarifications sont en augmentation. Et les ados qui vont très mal pratiquent des abrasions. Parler d'automutilation serait exagéré. Ce sont des violences cutanées mais qui ne sont pas destinées à les tuer.

A quoi alors ?

En inscrivant ça sur leur peau, ils vont faire sortir leur mal-être. Il y a plusieurs niveaux de compréhension, et c'est là que les adultes doivent être attentiFs. Marquer leur peau, c'est autant pour eux être vus que dresser un écran de protection. Il ne faut pas le banaliser. Ils disent ainsi ce qui les brûle de l'intérieur. Dans certains cas, il peut s'agir de maltraitance sexuelle.

Sur cette question des scarifications, vous travaillez avec la section "arts premiers" du musée d'Aquitaine. Qu'en attendez-vous ?

Nous allons d'ailleurs, avec le musée d'Aquitaine, faire un travail autour de la représentation de la mort chez les jeunes. Concernant le marquage de la peau, nous essayons de comprendre comment les ados font face qu manque de rites de passage. Les seuls dont ils disposent désormais, ce sont le passage dans la classe scolaire supérieure, le Bafa, le bac et le permis de conduire. Alors, ils réinventent avec l'acool, le tabac, le cannabis. Notre société n'est pas en bonne santé.

Comment doit-on réagir ?

On ne peut résister à la révolution numérique, mais c'est aux adultes de border des espaces d'évolution aux enfants et aux adolescents. Tous les espaces d'évolution - réels ou virtuels - sont à prendre au sérieux. Il appartient aux adultes de contenir les débordements, dans tous les espaces du terme. Un ado au look trop "exposé" doit aller se rhabiller, des images trop crues circulant dans les réseaux sociaux doivent engager la responsabilité des opérateurs et des auteurs.

"Nos ados.com en images" éd. Odile Jacob. Xavier Pommereau sera à la librairie Mollat mardi, à 18 heures.

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La psychanalyste Claude Halmos est née en 1946 à Châteauroux est une spécialiste de l'enfance. Elle a écrit de nombreux livres sur le sujet : "Parler, c'est vivre (éd. Nil, 1997), "Pourquoi l'amour ne suffit pas. Aider l'enfant à se construire" (Nil, 2006), "L'Autorité expliquée aux parents, Entretiens avec Hélène Mathieu" (Nil,2008). Et "Grandir. Les étapes de la construction de l'enfant. Le rôle des parents" (Nil,2010).

[...] Aujourd'hui, la volonté de réprimer oblige nos gouvernements à nier cette vérité : un enfant ne naît ni bon ni mauvais. C'est l'éducation qu'il va ou non recevoir qui fera de lui ou ne fera pas un être capable de vivre sans problème au milieu des autres. On tente d'éccréditer cette idée que certains jeunes seraient mauvais par nature. On réfute don, de fait, tout idée de construction, et par là même, toute idée d'enfance. C'est un recul de plusieurs siècles.[...]

[...] Il faut citer également le dépistage comme celui de l'Inserm, qui prétent détecter, dès l'âge de 2 ans, les délinquants de demain. On en revient au délinquant né des siècles passés.

Cette étude de l'Inserm, en mars 2006, a donné naissance à un rapport du député Jacques-Alain Benesti, puis à un avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance. Une pétition "Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans" a recueilli des milliers de signatures, dont celles de Boris Cyrulnik et Elisabeth Roudinesco.

[...] Les parents confrontés à la violence du monde, en préservent leurs progénitures en les maintenant dans une enfance qui s'éternise"

Aujourd'hui ceratins voudraient revenir à l'enfant-objet d'autrefois et à l'éducation-dressage. Pour y parvenir, ils expliquent que Dolto, en donnant la parole aux enfants, les a autorisés à tout faire. Ils l'accusent de laxisme alors qu'il suffit de lire ses livres pour voir qu'elle était tout sauf laxiste. [...]

[...] La violence  de l'enfant petit est normale, car il est dominé par "le principe de plaisir" : il ne fait que ce qui lui plaît. C'est l'éducation qui va le rendre conscient de l'existence des autres, du respect qu'il leur doit et de la nécessité de maîtriser ses pulsions. L'importance de la violence des enfants est le symptôme des carences éducatives qu'ils subissent dans leur famille et que l'école ne compense pas. [...] 18.03.2012.

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Le 30.03.2012, suite au crime commis par 4 jeunes à l'encontre d'un ami qui voulaient dénoncer leur cambriolage, je regardais M. Pommereau à la télévision qui parlait justement de l'infuence de celle-ci sur le comportement  des jeunes. Il préconisait que l'éducation nationale donne des cours de critiques des émissions, et des films que voient nos jeunes à longueur d'année. Il lui semblait nécessaire de leur indiquer comment prendre de la distance par rapport à la télévision et ce qu'elle transmet et de mesurer ce qu'ils en comprennent. (Si j'ai bien compris).

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Le 15.09.2012 - Aujourd'hui en France - Serge Tisseron - Psychiatre et psychanalyste propos recueillis par Yves Jaeglé.

"C'EST LA FIN DE LA LOI DU SILENCE" - "Les Secrets de famille" (collection Que sais-je ?), c'est la spécialité du psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron.

De plus en plus d'auteurs s'attaquent à leurs parents, célébrités ou anonymes;. Comment l'expliquez-vous ?

Aucun enfant n'a eu les parents qu'il aurait voulus. Mais les fils et fille de gens célèbres vont mal, je suis bien placé pour le savoir. J'en vois dans mon cabinet. En général les personnes publiques s'occupent peu de leurs enfants. Il y a de l'amertume chez ces derniers, qui savent qu'une vie publique au-dessus de tout soupçon peut cacher beaucoup de choses. Ce qui est nouveau, c'est de vouloir mettre fin au clivage... La loi de la famille, c'est la loi du silence. Mais se taire provoque une souffrance qui est de moins en moins acceptée. La règle a d'ailleurs changé dans tous les domaines, à cause d'Internet et Twitter, qui révèlent les dessous de tout événement. La famille sacrée, c'est fini. Il y aura de plus en plus de livres comme ceux-là.

Un récit comme celui de Christine Ango peut-il provoquer une prise de conscience sur l'inceste ?

Dans les années 1980, il y a eu des témoignages mais personne ne voulait en entendre parler. L'inceste était institutionnalisé dans certaines familles : la fille aînée devait remplacer la mère dans le lit du père. Vous n'imaginez pas d'où l'on revient ! Enfants abandonnés, maltraités ou violés et l'on ne touchait pas à la statue des pères. C'est bien qu'il y ait des livres sur ces catastrophes, Angot est authentique. Elle a le pouvoir de dire les choses sans circonvolutions.

Dans l'ensembe, ces livres sont-ils libérateurs pour les lecteurs aussi ?

Oui. Pour toutes celles et ceux qui ont vécu les traumatismes familiaux, la meilleure façon de trouver ses mots, c'est de se confronter au récit des autres. Face à un tel roman, on se reconnaîtra plus ou moins. Mais ça fait avancer les choses. Chaque livre n'est pas un livre de plus, mais un livre écrit autrement. Des sensibilités qui touchent des lecteurs différents. Il n'y en aura jamais trop.

Livres de la rentrée : "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan - "Chagrin" de Lionel Duroy - "Des gens très bien" Alexandre Jardin - "Héros" Félicité Herzog - "Une semaine de vacances" Christine Angot -

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30.09.2012 - "Le mauvais regard" même à Blanquefort il a existé en 1996, actuellement, je ne sais plus. Il m'est arrivée d'aller à la gendarmerie avec un de mes enfants et ses camarades parcequ'ils avaient été poursuivis par une bande de jeunes qu'ils avaient mal regardés. Plus tard, mon enfant m'a demandée d'aller chercher un chien à la S.P.A. et il a précisé : un gros, le plus gros possible. Nous sommes allés à la S.P.A et il a choisi une très belle Akita Inu mélangée avec du Husky, et pendant toutes les vacances s'est promené avec ses camarades et sa chienne. Les bandes de "sauvagons" lui disaient : "il est beau ton chien, c'est un berger allemand ? il acquiesçait" et finalement tous les jeunes lorsqu'il se rencontraient à Majolan ou dans la rue carressaient la chienne. Depuis, cette adoption, je n'ai plus eu recours à la gendarmerie.

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Le 18.12.2012 - Chacun a son échelle des valeurs. Il me semble me souvenir que j'avais été très choquée quand j'ai vu sur un plateau de télévion la fille de Michel Sardou raconter son enfance de fille non désirée par ses deux parents, née au moment d'un divorce et d'après ses dires abandonnée affectivement, puis violée, elle était aussi soit-disant la filleule du chanteur Carlos. D'après ce récit Michel Sardou était un humain inquiétant parce que sans affectet  et compassion pour son enfant dans sans prime jeunesse et son adolescence difficile.

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Le Point du 6 décembre 2012 : "Les ados sont affamés d'éducation"  Le Dr Xavier Pommereau, directeur du Pôle aquitain de l'adolescent, soigne les ados en déshérence. Propos recueillis par Jérôme Cordelier.

Ici (au pôle aquitain de l'adolescence) des adolescents en mal-être, et leur état peut les amener à des conduites suicidaires et à des trouvles graves de conduite alimentaire. Dont des comas éthyliques, des ivresses incommensurables que l'on appelle le binge drinking : boire le maximum en un minimum de temps, version alcolisée de la boulimie. Aujourd'hui, ici, nous recevons en moyenne deux adolescents de moins de 16 ans par semaine en coma éthylique. Et ils ne consomment pas seulement de l'alcool mais aussi du cannabis et de la cocaïne. Je n'ai jamais vu autant d'adolescents qui se font vomir (ivresse massive, crise de boulimie).

C'est un spécificité fordelaise ? Mais non ! Cela se passe à Bordeaux dans les mêmes proportions qu'ailleurs. Sauf qu'ici il existe un fleuve, et que ce fleuve est bordé de boîtes de nuit. Voilà pouquoi nous avons eu une série de noyés dans un état d'ébriété avancée. Mais le problème est plus vaste, je dirais même paneuropéen. Tous ces jeunes se soûlent avec les mêmes breuvages : des bières ou des vodkas. Pourquoi ? Parce que la vodka rend ivre en seize minutes chrono. Et, en plus elle est incolore : on peut donc la cacher dans des bouteilles d'eau afin de passer les contrôles dans les fiestas. Le but, c'est l'obtention rapide d'un changement d'état qui permet la désinhibition, ce qu'ils appellent le "lâchage".

Y a-t-il un antidote ? Nos jeunes sont très désoeuvrés et peu encouragés à prendre des responsabilités. Ils sont consommateurs, il leur reste à devenir acteurs. Ici, par exemple, nous avons mis en place un atelier de musique avec de vrais instruments et de vrais musiciens, et les jeunes qui y participent sont ravis ! Jamais nous n'avons subi de dégradations de notre matériel alors que beaucoup sont des petits "zoulous" dans la vraie vie.

Avez-vous des solutions plus globales ? Notre société doit avoir une vraie réflexion sur le sujet. Le service civique proposé par Martin Hirsch, par exemple, aurait dû être obligatoire. Il est essentiel que les jeunes pendant l'été participent à des activités non rénumérées, bénévoles, dans lesquelles on leur confie un vrai rôle, de vraies responsabilités. J'organise tous les ans, grâce au Rotary Club, "La croisière des guerrières", à Saint-Raphaël. Pendant quatre jours, nous embarquons des adolescentes en grande souffrance et on leur fait vivre une vraie vie de marin. Et ça marche ! Pour devenir une guerrière, il faut prouver ainsi que l'on se bat contre l'adversité et contre ses démons intérieurs. Cette année ,"nos" guerrières ont même eu droit à une journée et une nuit de mer agitée aved 35 noeuds de vent. On leur apprend le "noeud de chaise", le noeud de marin par excellence, dont se servent aussi les alpinites pour s'assurer :  il ne peut jamais se défaire dans la tension. Mais dès que l'on relâche un peu, il se dénoue très facilement. Un symbole intéressant...

Discours un peu réac, non ? Je ne vois pas en quoi. Mon expérience m'amène à avoir la conviction que nos jeunes gens ont besoin de prendre la mesure des choses. C'est pourquoi je pense qu'il faut remettre les travaux pratiques au collège : c'est une hérésie de croire que l'on peut éduquer sans mettre la main à la pâte, sans manipuler, tenir des objets... Tous les jeudis, dans un atelier découverte, les professeurs de l'Assem (Association de soutien scolaire aux enfants malades), présidée par Anne Brézillon, maire adjointe de Bordeaux chargée des associations, viennent transmettre un aspect de leur discipline de manière concrète. Par exemple, un professeur de physique-chimie enseigne le goût à ces jeunes avec cinq sodas. On leur montre la manière de fabriquer un savon. On leur fait toucher de nouvelles matières textile, de nouveaux plastiques. Eh bien, savez-vous quoi ? ça les passionne ! il est étonnant de voir combien ces enfants saturés d'images adorent la découverte du concret. L'année prochaine, avec le syndicat des boulangers, on voudrait leur faire fabriquer du pain. Pour qu'ils apprennent que, si on ne le pétrit pas assez, le pain s'effrite. Morale de l'histoire : si on ne met pas sans cesse la main à la pâte, le travail ne tient pas. Riche d'enseignements, non ?

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Nouvelle mode chez nos adolescentes, se mesurer l'espace qui sépare leurs cuisses l'une de l'autre, plus le chiffre est important plus elles sont belles et plus elles sont en danger !

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Association - jeunesse volée-Vincent Zecca, le corps de Vincent a été repêché dans la Garonne en 2012 et cette mère ancienne inspecteur de police ? ne semble pas croire à l'accident, mais à l'acte volontaire d'un prédateur qui a exécuté son oeuvre maléfique dans plusieurs villes françaises.

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En novembre 2014, le psychiatre bordelais Xavier Pommereau sort l'application CLASH BACK : un jeu vidéo qui simule une situation de crise avec un adolescent. Un outil de communication. Application pour PC et Mac à télécharger début novembre. Elle sera ensuite disponible sur tablette et smarphone. www.xavierpommereau.com