Guerre d'Algérie - ébauche

GUERRE D'ALGERIE (1954 - 1962).

Je nesais pas grand chose de cette guerre que nous appelions dans mon enfance "les événements d'Algérie".

Ce que j'ai pu constater, c'est que pour les jeunes blanquefortais qui y sont allés ce n'était pas du tourisme et de plus en plus ils parlent de leur guerre, et qu'ils veulent qu'elle soit considérée comme telle.

Pour ma part, j'ai reçu le témoignage écrit d'André Sourbé à qui je vais demander la permission de le retranscrire;

Et cette semaine un encadré dans Sud-Ouest a attiré mon attention, c'est passé inaperçu des médias de la télévision tout à l'attente du bébé anglais.

"IL AVAIT DENONCE LA TORTURE EN ALGERIE".

Le journalise franco-algérien HENRI ALLEG est décédé mercredi à Paris (le 17 juillet 2013), trois jours avant ses 92 ans. Il fut l'un des permiers à dénoncer la torture - qu'il avait subie - dans un livre, "LA QUESTION", saisi au lendemain de sa parution, en 1958.

 

A Caychac, l'un de ceux qui en est revenu avait une telle rage qu'il n'a eu de cesse que d'obtenir que la place où se trouve le monument aux morts des guerres 14-18 et 39 - 45, soit nommée "Place des combattants d'Algérie". 

Et la question que je me pose pourquoi cette rage ? ce désir de voir ces événements reconnus pour ce qu'il étaient bel et bien : une guerre, avec toutes ses horreurs, mais peut-être manquait-elle de noblesse dans ses objectifs, ce qui fait ce n'était qu'elle était recouverte d'un voile pudique.

Actuellement, en plus de journaux et de la radio (peu de foyers avaient la télévision qui d'ailleurs était peut-être censurée) nous pouvons voir des reportages et de films retraçant cette période de notre histoire. Moi, je n'étais qu'une enfant, mais ceux qui étaient en âge de comprendre doivent voir cet guerre d'une manière différente et porter un regard moins sectaire sur celle-ci. Et, dans certains cas ces informations peuvent engendrer un véritable désespoir chez des âmes un peu trop belles. 

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Voici un article de Charles Dubois daté de 1990.

Les anciens de l'A.F.N. demandent à juste titre l'égalité des droits entre toutes les générations du feu, ce qu'on leur conteste...

Il faut analyser les raisons de ce refus.

D'abord, beaucoup continuent à ignorer ce qu'on été le maintien ou le rappel sous les drapeaux. Même les carmarades anciens combattants d'autres conflits n'ont aucune idée de ce qu'ont été les opération en Algérie. On comprend cela parce que la guerre d'Algérie a toujours été minimisée par les médias. La IVe République ne voulait pas inquiéter son opinion publique. Ensuite, ce qui n'apparut pas comme une victoire dut être caché. Les Ancien Combattants de 1940 et d'Indochine ont souffert de cette même attitude des hommes politiques et des dirigeants de la presse de notre pays.

Quelle différence avec les Etats-Unis, qui ont écrit et rapporté l'horreur des combats du Viêt Nam, en parlant librement des sacrifices, des erreurs. En faisant ainsi, c'est toute la Nation qui se trouve marquée par le conflit, et non pas les seuls participants qui se retrouvent forcément isolés dans un monde égoïste, parce que, souvent, non informé.

Les historiens en savent aujourd'hui presque davantage sur cette guerre d'Algérie, en lisant les livres publiés en Algérie, les films et les émissions réalisés en Algérie. Même en otant toute la propagande sont sont porteurs ces documents. Chez nous, livres et émissions sont très rares, et leurs auteurs sont souvent très partisans. Il faut que la guerre d'Algérie soit connue paour permettre aux anciens combattants d'A.F.N. d'être traités avec respect..."

Pour tous les hommes de plus de 70 ans qui ont vécu cette guerre et qui en sont revenus avec des blessures visibles et surtout invisibles. C'est une guerre qui a eu lieu et mérite d'être racontée dans son horreur pour les combattants des deux côtés.

LA SUEUR COULE SOUS LE TREILLIS...

"22 octobre 1958 ; opération de ratissage en Grande Kabylie. Nous sommes entre Tigzirt et Port Gueydon. Sur les collines on voit la mer, étincelante, à moins de 2 kilomètres. Notre mission consiste à ratisser un oued et "visiter" un village. Notre section progresse lentement. Nous abordons le douar.

"Jusqu'ici, rien à signaler, tout n'est que calme et silence. Nous progressons encore jusqu'à l'entrée du village, et c'est à ce moment-là que les coups de feu se mettent à crépiter... Cachés dans les crètes, les rebelles nous tirent comme des lapins ! nous aurons de nombreux blessés.

"J'ordonnais aussitôt le repli derrière les petites murettes constituées de cailloux qui nous entouraient et, aussitôt j'accourais au secours de mes hommes. Les fellagah tiraient avec une MG, une mitrailleuse allemande datant de 1942, je crois. Il fallait faire des roulés-boulés pour éviter les balles qui soulevaient des gerbes de poussière. La sueur coulait sous le treillis. J'ai réussi néanmoins, à récupérer mes gars avec leur armement et, dans la risposte mortelle, abattre personnellement deux revelles. L'embuscade a duré trois ou quatre heures, qui nous parurent des siècles. Dès notre retour au camp, je bus un grand verre d'Izarra pour me remettre ! C'est alors qu'un de mes gars me dit :

- Regarde un peu ton treillis, il est troué !

"Le soir, j'ai eu beaucoup de mal à m'endormir, tout en pensant que la vie, finalement, ne tenait qu'à peu de choses..."

MES AMIS : CENT TUES EN GRANDE KABYLIE.

"Ma deuxième embuscade poursuit Georges Duprez avait été tenue le 7 juin 1960, dans la région de Tiaret, où nous menions une opération de ratissage. Chef de section du 31e Bataillon de Chasseurs à pied, je menais une trentaine d'hommes. Il faisait chaud, et nous avions beaucoup marché. C'est alors que nous nous arrêtâmes dans un champ de blé pour la pause casse-croûte, bien méritée de tous.

"Il n'y avait âme-qui-vie dans les environs, ou du moins on le croyait... En effet, au moment de reprendre notre progression, nous nous retrouvâmes face à face avec la quinzaine de rebelles qui étaient restés deux heures, cachés à une dizaine de mètres de nous, sans bouger ! Le tir fut particulièrement meurtrier. On a perdu deux hommes et dénombré plusieurs blessés. De notre côté, on a mis hors de combat six rebelles dont plusieurs chefs, et récupéré un bon nombre d'armes. Cela m'a valu une deuxième citation. Mais je n'oublierai jamais mes deux compagnons morts pour la France.

LA MAIN ET LE BRAS GAUCHE PARALYSES.

"Ma troisième embuscade remonte au 24 septembre 1961. Notre convoi formé de G. M. C. consolidés avec des plaques de ferraille, circulait entre Prévost, Paradol et Tiaret. Chef de bord je me trouvais dans le véhicile de queue. Nous transportions au moins trois sections,ce qui représentait une centaine d'hommes; Les cinq ou six véhicules du convoi progessaient à vivre allure lorsque brusquement, nous entendîmes des coups de feu : les rebelles cachés sur la crête dominant la route à une dizaine de mètres de nous, nous "canardaient" à la Thompson. J'ai été touché le premier : ma main gauche se séparait du bras, lui-même entièrement déchiqueté (ils sont aujourd'hui paralysés), et je ne sentais plus mes jambes traversées par des projectile. Mes hommes rispostèrent avec courage, mais je donnais l'ordre d'accélérer pour éviter les pertes sévères à la section (sur le chassis du camion, on a relevé, en effet plus de 40 impacts de balles). Si nous avions été sauvés en partie par de la ferraille qui entourait les G. M. C., pour moi, la guerre était finie. Après une participation active aux combats pendant plus de six ans, j'était rapatrié sanitaire."

Et notre ami de conclure :

"Combattant d'A.F.N. du 15e B.C.A. et de la 27e D.I.A., je ne peux oublier mes amis, plus de cent tués en Grande Kalylie pendant les patrouilles, embuscades, ratissages dans la forêt de la Mizrana ou cette d'Aberrane - au bord de la Méditerranée - où les forces de l'A.L.N. étaient importantes et bien armées. Qu'on ne me dise pas aujourd'hui, que l'Algérie, ce n'était pas une guerre..."