Inquisition contre cathares

 

L'INQUISITION CONTRE LES CATHARES - texte Pilar Jimenez -

Pour lutter contre le catharisme, l'Eglise catholique romaine a créé l'Inquisition. Pour se donner les moyens de débusquer et de juger les hérétiques, l'Eglise nomme des inquisiteurs dont les techniques d'interrogatoire feront merveille...

La naissance de l'Inquisition au XIIIème siècle est intimement liée au combat contre l'hérésie que la papauté avait initié deux siècles plus tôt. Hérésie et Inquisition ramènent donc aux origines de la "société de persécution" qui, au du médiéviste Robert Moore, caractérise notre société européenne entre le XIème et le XIIIème siècle. Les clauses du traité de Paris (1229), qui avait mis fin à vingt années de croisade contre les hérétiques du Midi, exigeaient  du vaincu, le comte de Toulouse Raimond VII, son engagement dans la lutte contre l'hérésie. Il était obligé de chasser de ses terres autant les croyants que ceux qui les hébergeaient les les aidaient. Le concile de Toulouse, tenu la même année, fait appel à l'obligation d'instaurer la foi catholique et à l'organisation de la recherche des hérétiques. Le concile crée ainsi l'université de Toulouse, où les prédicateurs chargés de combattre l'hérésie devront s'instruire. Depuis 1215 (Concile de Latran V), la recherche de l'hérésie était confiée aux évêques, responsables de la mise en place de la procédure d'enquête, Vinquisitto. En 1231, l'inquisition épiscopale est remplacée par l'inquisition pontificale quand le pape Grégoire IX crée un tribunal d'exception, l'Inquisition, qu'il confie en 1233 aux frères prêcheurs (dominicains) et, subsidiairement, aux mineurs (franciscains). Ils deviennent des juges délégués et nommés par le pape dans la recherche de la "perversion hérétique". A partir de 1234, deux tribunaux sont créés en Languedoc, un à Toulouse, l'autre à Carcasonne. La "pocédure d'office" que les nouveaux inquisiteurs mettent en place dans la recherche d'hérétiques est totalement secrète, supprimant ainsi les garanties des accusés et remplaçant l'ancienne procédure, orale et publique. La dénonciation d'un témoin devant l'Inquisition peut servir de preuve pour établir la culpabilité d'un individu. L'aveu constitue ainsi, pour les inquisiteurs, l'arme la plus puissante pour chasser les hérétiques. Ces menaces ont un effet destructeur des liens de solidarité, séparant les protecteurs des hérétiques du reste de la population.

A partir de 1241, quand la procédure inquisitoriale se renforce, agissant dans les régions de Castres et dans le Vaurais et le Lauragais, les inquisiteurs Guillaume Arnaud et Etienne de Saint-Thibéry sont assassinés à Avignonet (Haute-Garonne). La réaction ne se fait pas attendre : le village fortifié de Montségur (Ariège), érigé en lieu de refuge des proscrits de la dissidence et des seigneurs faydits, où la hiérarchie cathare de Toulouse s'était repliée, sera assailli en 1243 par le sénéchal de Carcassonne. En mars 1244, la prise du Castrum et le bûcher dans lequel périssent environ deux cents personnes auront des conséquences tragiques sur la dissidence. Dans la période qui suit, l'Inquisition mène une action rigoureuse. En témoignent le registre de frère Ferrier, inquisiteur de Carcassonne, qui enquête auprès des rescapés de Montségur, ainsi que le manuscrit 609 de la bibliothèque municipale de Toulouse, de l'inquisiteur toulousain Bernard de Caux. Tous les deux porteront un coup très dur au réseau des protecteurs de la dissidence et à la dissidence elle-même : désarticulation des communautés cathares, de sa hiérarchie et du réseau de solidarité lié à ses protecteurs. L'exil du clergé cathare en Lombardie et la diminution des effectifs font plonger la dissidence dans une période de longue agonie, expliquant son caractère résiduel à la fin du XIIIème siècle. Autour de 1300, le catharisme méridional ne compte qu'une quinzaine de bons hommes lorsque les frères Autier essayent de le raviver.

L'inquisiteur de Carcasonne, Geoffroy d'Ablis (1303-1316), puis l'évêque de Pamiers, Jacques Fournier, futur Benoït XII (1334) ainsi que Bernard Gui, inquisiteur de Toulouse, vont s'employer à l'éradication de ces lambeaux du catharisme. Le premier met fin à la rébellion urbaine contre l'Inquisition à Carcassonne, dirigée par le franciscain Bernard Délicieux, et parvient à démanteler le réseau des bons hommes organisé autour des frères Autier. D'autres villes s'insurgent à la même époque contre les abus commis par l'Inquisition. C'est le cas de Toulouse, Albi et Limoux. Mais l'éradication définitive des bons hommes du Midi est due à l'action de Jacques Fournier et de Bernard Gui. Profitant de la paix retrouvée entre le roi de France et le pape, Jacques Fournier condamme le dernier bon homme connu. Bélibaste, exilé dans le royaume de Valence (Espagne). Il meurt sur le bûcher à Villerouge-Termenès en 1321.

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JACQUES FOURNIER - Evêque de Pamiers et inquisiteur délégué de Carcasonne -

Originaire de Saverdun (Ariège) Jacques Fournier naît vers 1285. Il devient abbé de Fontfroide en 1311. Nommé évêque de Pamiers par le pape Jean XXII en 1317, puis évêque de Mirepoix en 1326, il fut promu cardinal un an plus tard. Elu pape en 1334 sous le nom de Benoît XII, il meurt en 1342. Un an après son arrivée au siège de Pamiers, et en application de la bulle de 1312 (Multorum querela), l'évêque  et l'inquisiteur devaient procéder conjointement dans le tribunal de l'inquisition. Dans celui de Carcassonne, l'inquisiteur en charge était alors le dominicain Jean de Beaune. Comme évêque et inqisiteur délégué, Jacques Fournier aura comme mission de pourchasser les hérétiques et autres déviants de son diocèse de Pamiers. Témoignant des huit ans de son action, le registre en parchemin qui porte son nom est conservé à la Bibliothèque vaticane, manuscrit 4030.  Daté de 1326 Le Registre d'Inquisition de Jacques Fournier est une copie de la traduction latine des dépositions recueillies par l'évêque entre 1318 et 1325.

Emporté à Avignon par Jacques Fournier quand il fut nommé cardinal, il sera ensuite transféré à la Bibliothèque apostolique. L'originalité de ce registre réside dans l'intérêt même que présentent les dépositions recueillies. Pour la plupart, il s'agit de gens d'humble condition (paysans, bergers), mis en confiance par leur évêque qui, originaire du pays, les fait parler et se livrer longuement, avec force détails, sur leurs pratiques, croyances et vie quotidienne. Le zèle dont témoigne l'évêque de Pamiers et futur pape d'Avignon dans sa recherche de la déviance a probablement été animé par son combat pour imposer la doctrine catholique. C'est lui qui juge et condamne au bûcher en 1321 le dernier bon homme connu. Guillaume Bélibaste, exilé dans le royaume de Valence (Espagne) et vivant près d'une communauté de croyants ariégeois.

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LE MOYEN AGE DES HERETIQUES

En matière de religion, l'hérésie a toujours existé. On peut à tort rapprocher cette déviance religieuse au Moyen Age, car c'st plutôt lors de cette période qu'elle a été le plus présente. Dans un sens on peut élargir le concept de l'hérésie aux affaires culturelles et à la philosophie mais l'adjectif "hérétique" serait inapproprié. La définition source de l'hérésie est qu'il s'agit d'une doctrine émise au sein de l'église catholique et qui est par la suite condamné par elle comme corrompand les dogmes, il a existé des dissidents et des hérétiques dans toutes les religions,  que ce soit le Judaïsme, le Christianisme ou l'Islam, et ce qu'on entend le plus souvent par "hérésie" est une déviance sur le contenu de la foi, qu'on doit toujours différencier du schisme qui lui est une insoumisssion légitime à l'ordre éclésiatique ? Selon le Grec hairesis (préférence pour une doctrine), est d'abord une école de pensée, et sa traduction latine est secta, qui veut dire secte. C'est donc l'écartement des croyants sur le thème ou un concept de la religion qui les pousse à se différencier les uns des autres et à créer des déviances. Cependant tout au long de l'Histoire ces dissidents ont été combattus fermement et châtiés, car une hérésie qui réussit devient une religion autonome. C'est le cas du protestantisme en 1598, où l'édit de Nantes a du admettre l'existence d'une religion qui est prétendue "réformée", du fait qu'elle avait un fort pouvoir politique. Il n'en a pas été ainsi durant toute l'époque médiévale où beaucoup de courant hérétiques se formèrent. Il en va ainsi pour le Catharisme, le Manichéisme, le Vaudois, le Nestorianisme, le Pataria ou les Sorciers. Tous se rapprochent les unes les autres sur un concept, une réalité de la religion qu'ils perçoivent diffèrement de la façon dont l'église leur enseigne. A partir de l'an Mil, c'est le grand réveil de l'hérésie. On dresse des bûchers à Orléans (1022), à Milan (1027), Cambrai (1078), Soissons (1115). L'hérésie est le souci des clercs, mais si l'on en vient aux fondements même de cette dernière, il s'agit plus d'un combat que mène la société pour acquérir une société plus égalitaire. Une société qui ne soit plus dominée par les chevaliers, les hérétiques rêvent d'une autre église, un monde meilleur et moins corrompu où l'église puisse pardonner à tous le monde. Au moyen-Age, il existait plusieurs genre d'hérésie. Les plus connus étaient les Cathares et les Vaudois et il est peu pertinent de croire que les hérétiques étaient des mécréants, ils ne se considéraient eux même plus chrétiens que les clercs et le mot Cathare venu du Grec "Catharos", signifie "pur".

L'hérésie symbolise aussi une sorte de possession mentale et il est vrai que le qualificatif de période supertitieuse n'a été donné au Moyen-Age que parce que l'hérésie a fortement existé lors de cette période. Il est d'emblée certain que la peur de l'enfer, l'accaparement de l'homme par toute sorte de viletés démoniaque poussent la personne à être hérétique. En 1200, les Cathares sont les dissidents du Languedoc. Le Catharisme est une religion dualiste. Les Cathares croient qu'étant donné que Dieu est parfait, il ne peut en aucun cas avoir créé le Mal. Aux sources même de cette religion demeure donc l'évidence qu'il existe une autre forme créatrice, "le diable". Les Cathares suscitant beaucoup d'ennuis aux clercs en cette époque seront combattus par les inquisiteurs. Ceci est d'autant vrai qu'en 1244, Montségur, un principal pôle du catharisme capitule.

L'autre forme de l'hérésie durant le Moyen-Age sont les plauvres de Lyon. Ce mouvement appelé, le mouvement vaudois, apparaît en 1170 à Lyon avec un certain Vaudès. Ce mouvement se veut être une interprétation linéaire de la Sainte Bible. Ainsi du fait que le Seigneur préfère le pauvre du riche. Pierre Vaudès, le fondateur du mouvement vaudois vend tous ses biens et choisit la pauvreté. Il trouvera immédiatement des adeptes et ils nommeront leur mouvement les "pauvres du Christ". En 1184, le pape condamne les vaudois de schismatique, mais l'Eglise en cette période était confrontée à la dissidence "Cathare", ce qui leur valu peu d'intérêts de sa part. Cependant bien des annnées plus tard, en 1215, les vaudois sont condamnés d'hérétiques au concile de Latran 4 et les poursuites contre eux ne débuteront qu'aux débuts des années 1230. L'église au Moyen-Age combattit l'hérésie en formant une grande vague d'Inquisition. Cette dernière débuta au 13ème siècle, et consistait à lutter contre les rebelles au pape et aux princes en leur imposant le repentir, la punition et au cas échéant la mort si ils venaient à récidiver. Le grand pôle de l'Inquisition était la  ville car au début du 13ème siècle les villes s'agrandissaient et étaient synonymes de péchés. Le monde urbain était vu comme un Univers païen et il fallait le convertir. Cette dure mission inquisitionnelle fut attribuée aus franciscains et aux dominicains. Ils seront alors dans la plupart des villes d'Europe connus comme étant "les frères mendiants" et se comporteront comme des apôtres prêts à reconvertir les dissidents en défendant Dieu et le pouvoir pontife. Cependant l'Inquisition à son tour sera réprimendée et combattu. On dénoncera la corruption qu'elle a suscitée et l'injustice qu'elle engendra. Cette Inquisition fut à partie très impopulaire dans tout le royaume de France.