JAURES DISCOURS A LA JEUNESSE 1903

 

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ESSAI DE RECONSTITUTION DE L'ASCENDANCE DE JEAN JAURES

Jacques JAURES s'était marié avec Flauvette BESOMBES née à DOURGNE (81) le vendredi 11 mars 1639. Ils auront au moins 1 fils :

Guillaume JAURES dcd le jeudi 03.09.1711 à DOURGNE marié le lundi 7 juillet 1681 dans l'église Saint-Pierre de DOURGNE avec Marie RIVES. Ils auront environ 12 enfants, dont :

Jean JAURES, Baptisé le dimanche 8 octobre 1690 à DOURGNE, TISSERAND, marié le lundi 20 février 1719 à Saint-Pierre de DOURGNE avec Catherine MIJOULE née le samedi 30 avril 1695 à DOURGNE et baptisée le dimanche 1 er mai. Jean JAURES est dcd le mercredi 26 juillet 1758 et Catherine son épouse le dimanche 1er octobre 1769 tous les deux à DOURGNE. Ils ont eu environ 9 enfants, dont :

Guillaume JAURES, né le mardi 17 octobre 1730 à DOURGNE et baptisé le même jour à l'église Saint-Pierre de DOURGNE marié le jeudi 27 mai 1751 avec Marguerite SAUSSOL née le mardi 28 juin 1729. Guillaume est dcd le dimanche 3 juillet 1774 à DOURGNE et Marguerite le dimanche 6.03.1803 à Castres. Ils ont eu environ 6 enfants dont :

Jean Pierre Alexis JAURES, né le jeudi 17 juillet 1760 à DOURGNE, marié le mardi 8 juin 1779 (Paroisse Saint-Thyrs de la ville de Dulac - Labrugière) à Marie GUIBAUD, né le lundi 15 décembre 1760 à Labruguière (81). Jean Pierre Alix dcd le jeudi 6 mars 1828, Rue de la Platé - CASTRES (81) et Marie le lundi 29 août 1831, rue de la platé, CASTRES. Ils ont eu environ 6 enfants dont :

Pierre Jean JAURES, né le lundi 11 juillet 1785 à DOURGNE, PROPRIETAIRE, marié le mercredi 27 janvier 1819 à Labruguière (81) avec Marie Marguerite Sylvie SAISSINEL LAROQUE née le lundi 6 mars 1797 au Castelet, SAINT-PAUL-CAP-DE-JOUX. Pierre Jean dcd le dimanche 5 janvier 1840 à la Métairie de Latour à Labruguière et Sylvie le dimanche 10 octobre 1875, rue du Temple à CASTRES. Ils ont eu environ 7 enfants, dont :

Jean Henri Jules JAURES, né le dimanche 28 novembre 1819 à CASTRES, PROPRIETAIRE, marié à Marie Adélaïde BARBAZA née le samedi 2 mars 1822, Pont de Brassac CASTRES. Jean Henri Jules dcd le samedi 27 mai 1882 à La Fédial, CASTRES et Marie Adélaïde en 1906. Ils auront environ 3 enfants, dont :

AUGUSTE MARIE JOSEPH JEAN JAURES né le samedi 3 septembre 1859, rue Réclusanne à CASTRES, DEPUTE, marié le mardi 29 juin 1886 à ALBI avec Marie Antoinette BOIS née le lundi 21 octobre 1867 rue de la Mairie à ALBI. JEAN JAURES dcd assasiné à Paris le vendredi 31 juillet 1914 sera inhumé le dimanche 23 novembre 1924 au PANTHEON à PARIS. Marie Antoinette meurt le mercredi 11 mars  1931 à PARIS dans le XVIè arrondissement. Ils auront environ 2 enfants, dont :

Louis JAURES 1898-1918, né le samedi 27 août, ASPIRANT, dcd le lundi 3 juin 1918 à Pernant, dans l'Aisne à l'âge de 19 ans.

Du 27 août 1898 à quatre heures du soir

ACTE DE NAISSANCE de : Paul Auguste Marie LOUIS JAURES enfant du sexe masculin né aujourd'hui à dix heures du matin à NONTRON, Hôtel de la Sous-Préfecture, des mariés JEAN Joseph Auguste Marie JAURES âgé de trente-neuf ans, Agrégé de l'Université, et Marie Louise Antoinette BOIS âgée de trente-un ans, sans profession, domiciliés 15 rue Madame à PARIS (VI arrondissement).

Sur la déclaration faite par le dit JEAN Joseph Auguste Maris JAURES qui a présenté l'enfant.

Témoins : Jean Eugène BOIS, âgé de cinquante-sept ans, Sous-Préfet de Nontron, et Félix François Lévêque, âgé de cinquante-sept ans Secrétaire de la Sous-Préfecture, tous deux domiciliés à Nontron.

Constaté, suivant la loi, par-nous soussigné Maire

Officier de l'état civil de la commune de Montron

Canton de Montron arrondissement de Nontron, département de la Dordogne. Le comparant et les témoins ont signé avec nous le présent certificat lecture faite.

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Notes personnelles : c'est émouvant de voir la simplicité et la clarté de la signature de Jean Jaurès. Je ne veux pas préjuger de ce qu'a été la vie de sa fille, Madeleine, née le 19.09.1889, mariée avec Marcel Delaporte dont elle a eu un fils né 1910 et dcd en 1931, puis elle se remarie avec le Docteur Chapelain et décède en 1951. Comment a-t-elle fait face à l'assassinat de son père en 1914, la mort de son frère à la guerre en 1918, et de son enfant de vingt ans en 1931 ainsi que de sa mère la même année ? 

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Jean JAURES en 1878 a 19 ans est reçu 1er au concours de l'école normale supérieure à Paris. Il connaît très bien le latin, il perfectionnera sa connaissance en grec et se spécialise en philosophie.

1881 (22 ans) : il est reçu 3 ème à l'agrégation de philosophie.

1884 (24 ans) : il est élu député du Tarn sous l'étiquette républicaine, et en 1889, député de Carmaux sous l'étiquette du parti ouvrier français. Mais en 1898, la virulente campagne menée par les troupes du grand patron de la mine de charbon, le marquis de SOLAGES porte ses fruits et Jaurès est battu.

Durant ces interruptions de mandat, Jaurès ne reste pas inactif. Il passe sa thèse en Sorbonne qui résume toute sa philosophie : "DE LA REALITE DU MONDE SENSIBLE". Puis il écrit sa monumentale "HISTOIRE SOCIALISTE DE LA REVOLUTION FRANCAISE".

1902 (43 ans) : aux élections législatives, il est à nouveau élu député du Tarn et le sera régulièrement jusqu'à sa mort.

1904 (45 ans) : il fonde le journal "l'humanité".

1905 (46 ans) : il devient le dirigeant du parti socialiste.

31 JUILLET 1914 (55 ans) : Au café du Croissant, rue Montmartre à Paris, Raoul Villain abat Jaurès à coups de révolver.

29  MARS 1919 : Son assassin est acquitté dans un climat de fort nationalisme.

1924 : Dix ans après son assassinat, ses cendres sont transférées au Panthéon à Paris.

 Jean JAURES, discours à la jeunesse, Albi, 1903.

(Auguste, Marie, Joseph, Jean, Léon Jaurès est né à Castres dans le Tarn (81) le 03.09.1859 dans une famille de la petite bourgeoisie. Il est mort assassiné à Paris le 31.07.1914 par Raoul Villain. Orateur et parlementaire socialiste, il s'est notamment illustré par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la première guerre mondiale.

[...] Même l'accord des nations dans la paix définitive n'effacera pas les patries, qui garderont leur profonde originalité historique, leur fonction propre dans l'oeuvre commune de l'humanité réconciliée. Et si nous ne voulons pas attendre, pour fermer le livre de la guerre, que la force ait redressé toutes les iniquités commises par la force, si nous ne concevons pas les réparations comme des revanches, nous savons bien que l'Europe, pénétrée enfin de la vertu de la démocratie et de l'esprit de paix, saura trouver les formules de conciliation qui libéreront tous les vaincus des servitudes et des douleurs qui s'attachent à la conquête. Mais d'abord, mais avant tout, il faut rompre le cercle de la fatalité, le cercle de fer, le cercle de haine où les revendications même justes provoquent des représailles qui se flattent de l'être, où la guerre tourne après la guerre en un mouvement sans issue et sans fin, où le droit et la violence, sous la même livrée sanglante, ne se discernent presque plus l'un de l'autre, et où l'humanité déchirée pleure de la victoire et la justice presque autant que de sa défaite.

Surtout, qu'on ne nous accuse point d'abaisser et d'énerver les courages. L'humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement. Le courage aujourd'hui, ce n'est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée  de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu'elle éclatera sur d'autres. Le courage, ce n'est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison ne peut résoudre ; car le courage est l'exaltation de l'homme, et ceci en est l'abdication. Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c'est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c'est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c'est de garder dans les lassitues inévitables l'habitude du travail et de l'action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c'est de choisir un métier et de bien le faire, quel qu'il soit ; c'est de ne pas se rebuter du détail minitieux ou monotone ; c'est de devenir, autant que l'on peut, un technicien accompli ; c'est d'accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l'action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues. Le courage, c'est d'être tout ensemble, et quel que soit son métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c'est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l'approfondir, de l'établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c'est de suverveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu'aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c'est d'accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l'art, d'accueillir, d'explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d'éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l'organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes. Le courage, c'est de dominier ses propres fautes, d'en souffrir mais de n'en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille ; c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel ; c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense. Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant aui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Ah ! vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons, que la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d'exercer et d'éprouver leur courage, et qu'il faut prolonger les roulements de tambour qui dans les lyées du premier Empire faisaient sauter les coeurs ! Ils sonnaient alors un son héroïque ; dans notre vingtième siècle, ils sonneraient creux. Et vous, jeunes gens, vous voulez que votre vie soit vivante, sincère et pleine. C'est pourquoi je vous ai dit, comme à des hommes quelques-unes des choses que je portais en moi.

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Il me semble avoir lu que l'on repprochait à Jean Jaurès d'avoir fait faire sa première communion à sa fille, Madeleine. Une partie de ma famille ayant des racines à Dourgne, comme la sienne, je me suis penchée sur ce village au pied de la Montagne Noire et je me suis rendue compte qu'il y avait :

- L'abbaye de Saint-Benoît d'En Calcat.

- L'abbaye de Sainte Scholastique. Quelle est la signification de scholastique ?  Enseignement philosophique et théologique propre au Moyen-Age, fondé sur la tradition aristotélicienne interprétée par les théologiens. - Se dit de toute doctrine considérée comme dogmatique et sclérosée. (petit Larousse)

- L'Eglise qui date de 1532.

- La Chapelle de Saint Ferréol.

- la Chapelle et la statue de Saint Stapin. C'était et c'est toujours un haut lieu du catholicisme et de recueillement avec ses cloîtres.

Bien entendu, il avait fait des études de philosophie, et il y avait peut-être dans son parcours, d'autres éléments qui auraient dû faire qu'il soit devenu athée, mais malgré tout, il était resté fidèle à la religion catholique.

Pour le tourisme : la place couverte avec les arcades datant du XIII ème siècle.

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En 1639 la famille paternelle Jaurès avait ses racines à DOURGNE dans le Tarn 81 - et la mienne, maternelle, aussi.

Essai sur l'occupation du sol au moyen-âge autour de DURFORT Tarn (81) - d'après l'article de Nelly Pousthomis-Dalle.

Le Sorèzois et le Revélois constituent une zone de contact géographique autant que politique et religieuse. Ce pays, où se situe Durfort, offre un bon échantillonnage des types d'habitat aggloméré au cours du Moyen-âge. La documentation écrite et archéologique permet d'établir des lien entre les sites d'habitats médiévaux coexistant ou successifs et d'évaluer l'importance des mouvements de population, le poids des enjeux et le rôle des pouvoirs en matière de peuplement et de mise en valeur de ce terroir. L'ensemble de ces déplacements de population semble s'incrire dans un mouvement plus large de descente des sites de l'habitat aggloméré qui affecte se versant de la montagne Noire.

Mots-Clés : Moyen Age, habitat, castrum, bourg, bastide, finage, terroir.