L'or de Paul Nairac et fils

Par les océans, de sueur, de larmes, de mort, je crie en silence : "La Fayette !..." mais, sans or, personne ne veut m’écouter. De tous temps, la dorure des moments a plongé dans l’oubli tous les crimes, au mépris de la vérité . -E.D.-

 

I - UN  PORT NEGRIER PARMI D’AUTRES EN EUROPE

- Les armateurs ne sont pas tous autochtones, leurs origines géographiques et sociales sont variées. Souvent issus de familles de marins. Ils sont venus des provinces de l’Ouest, du pays basque à la Bretagne. Certains ont fait leur apprentissage du métier à la Rochelle (Etienne Dhariette jusqu’en 1684) ou à Nantes (que Jean Marchais quitta en 1728). Quelques-uns sont des juifs d’origine portugaise (les Gradis), d’autres sont des calvinistes (les Balguerie, les Nairac - qui pour cette raison ne furent pas anoblis) aussi bien que catholiques (parfois de fraîche date comme Jacques Conte). Beaucoup d’armateurs du XVIIIe siècle fréquentaient les loges maçonniques. Sous la Restauration, on vit les Espagnol Zangroniz et Fernandez passer la frontière pour mener leurs expéditions à partir de Bordeaux.

- Les capitaux

Une "mise hors" plus importante que pour la navigation en droiture : c’est-à-dire un capital deux ou trois fois plus important que dans le trafic direct avec les Antilles. Plus que le prix du bateau (qu’il est préférable d’acheter d’occasion) c’est le chargement pour la traite qui coûte cher. Il faut compter une barrique d’eau par homme par mois, des vivres et puis la "pacotille", c’es-à-dire les marchandises qui serviront à s’acquitter des taxes prélevées par les rois africains, à payer les intermédiaires, et à payer les esclaves. Les fusils appréciés par les rois africains sont "made in england" : si "les fusils de traite" ne sont pas de qualité, l’affaire peut échouer. Il en est de même si les textiles importés de l’Inde ou leurs imitations française ne sont pas au goût africain - jusqu’à la fin de la prohibition des indiennes en 1759 on les acquiert à Lorient auprès de la Compagnie des Indes. On sait aussi que les cauris qui servent de petite monnaie en Afrique, sont importés des Maldives par les Hollandais. Autrement dit, la traite a besoin du commerce international avant même de commencer.

- Aller à la côte d’afrique c’est au moins se rendre au Sénégal en un mois, à la côte de "Guinée" en un mois et demi. Il faut rajouter des escales pour acquérir des Noirs en plusieurs sites, voire aller jusqu’à "l’Angola", ce qui rallonge notoirement la traite. Dans l’océan les Bordelais fréquentent le Mozembique, principalement pour acheminer les esclaves à l’Ile de France (37 des 386 expéditions bien documentées, à commencer par l’Aventurier, en 1771-1774).

Extrait du livre de compte de l’armement Castaing - Expédition de "La Menette" en 1790 sur la côte de l’Angola. 373 Noirs furent vendus à Saint-Domingue. (Archives minicipales de Bordeaux)

- La traversée de l’Atlantique c’est au minimum un autre mois de mer, parfois jusqu’à trois. Les problèmes se multiplient en fonction du temps de la traversé : la mortalité des esclaves (de l’ordre de 10 à 15 % en moyenne) et des marins, les révoltes des Noirs, les mutineries des marins, etc.

- La vente des noirs aux Antilles s’opère après avoir "rafraîchi" les esclaves. Les capitaines ont tout pouvoir pour organiser leur vente, ils cherchent un maximum de "cash" mais les esclaves sont surtout payés à crédit ou contre des produits des colonies : le sucre, le tabac, l’indigo...

Au retour, le négrier ne rejoint pas forcément le port du départ. Ainsi le premier navire envoyé par Dharette en Martinique déposa-t-il sa cargaison au Havre en janvier 1697.

- Le profit est aléatoire. La traite est un trafic honteux mais c’est aussi une loterie ; les profits peuvent atteindre 60 % de la mise hors, mais les ruines ponctuent aussi l’histoire de la traite à Bordeaux comme ailleurs. Le développement des assurances maritimes depuis la fin du XVIIe siècle permet de limiter les pertes. Mais devant leur coût énorme, par exemple 30 % de la veuleur assurée à payer rapidement après le retour de l’expédition, les armateurs n’assurent pas tout à 100 %. Aussi les armateurs étaient-ils avides de subventions publiques.

Par ces recherches largement fondées sur l’exploitation directe des archives publiques, Eric Saugera montre à merveille comment Bordeaux a participé à la Traite des Noirs. Le tourisme peut aussi le constater en levant son regard jusqu’au mascarons qui ornent les façades de la rue Fernand-Philippart au centre de Bordeaux aussi bien que rue de Kervégan à Nantes.

II - QUOI D’ORIGINAL DANS LE CAS DE BORDEAUX ?

- La traite s’est déroulée selon une chronologie spécifique. Avec une première expédition dont on ne connaît pas le résultat en 1672, les Bordelais sont loin d’être les pionniers de la traite : les Portugais en faisaient depuis deux bons siècles. Douze ans plus tard Dhariette expédie coup sur coup deux négriers qui rejoignent la Martinique. Les guerres freinent l’essor parcque l’Angleterre est toujours dans le camp adverse, mais le début du règne de de Louis XV voit le trafic décoller. Alors que de 1707 à 1728, Bordeaux n’avait armé que 6 navires pour la Côte d’Afrique loin derrière les 218 armés par Nantes, le port girondin arme 262 navires négriers dans la décennie 1783 - 1792 et, plus que l’insurrection de Saint-Domingue, c’est en 1793 la guerre contre l’Angleterre qui interrompt l’activité. Bordeaux arma alors des corsaires entre 1793 et 1801 Jacques Conte, l’acquéreur du Château Beychevelles dans le Médoc, arma 9 navires pour la course. Les Bordelais armèrent effectivement beaucoup de navire pour la course : 163 navire de 1796 à 1801. Ils contribuèrent aux pertes infilgées aux flottes de Liverpool.

- Contrairement à la Rochelle, contrairement aux Néerlandais, Bordeaux continue à pratiquer la traite après la Révolution. En 1802-1803, les Bordelais se hissèrent au premier rang français pour la traite ; mais en 1803 la rupture de la paix d’Amiens leur coûta très cher. Il faut remarquer  qu’après 1815 Bordeaux, s’entêta à participer à la traite illégale, malgré les croisières de répression anglaise. L’abolition effective de la traite espagnole en 1821 contribua à cette persistance, particulièrement en direction de Cuba. En 1826, l’armateur bordelais Otard participa à une dernière expédition avec le nantais L. Bureau : le bateau fut cappturé à la Martinique après avoir débarqué 118 Noirs. Les Bordelais se tournèrent alors vers le "coolis trade" demandé dès 1827 par les colons de l’Ile Bourbon et porté à son apogée par les frères Peyreire jusqu’au début du Second Empire.

* Par rapport à Nantes ou Liverpool, la traite occupait une place limitée dans l’activité maritime bordelaise : ainsi en 1730 - 1744 la société Hosten frères arma plus de 80 navires dont un seul alla en Guinée. Si l’on prend la principale maison bordelaise, Gradis & fils, qui a armé 221 navires pour les colines de 1718 à 1789, c’est seulement 10 navires qui ont fait la traite. Même période, 6 sur 121 pour l’embarquement Féger.

* Des expéditions principalement destinées à Saint Domingue (Cap Français, Port-au-Prince, Les Cayes...) C’est la première destination des expéditions bordelaises bien documentées vers les Antilles (78 %) devant la Martinique (9 %) et Cuba (4 %). Les bordelais poccèdent de nombreuses plantations aux Antilles ainsi les Gradis en exploitent-ils deux à Saint-Domingue, au quartier Morin, et une à la Martinique.

* Des Noirs furent amenées à Bordeaux et en Guyenne en plus grand nombre semble-t-il que vers les autres ports français. En 1777, l’administration royale, hostile à ce phénomène, voulut les recenser : 208 pour toute la Généralité, en en comptait à peine moins trente ans plus tard. Beaucoup étaient de jeunes domestiques au service des capitaines. La famille de Toussaint- Louverture y séjourna. L’auteur n’a pas relevé de signe de racisme contre cette minorité de la part des populations locales.

* Eric Saugera nous rappelle que Bordeaux fut assi la ville d’une poignée d’abolitionnistes, d’adversaires de la traite et de l’esclavage. Montesquieu en premier. Plus tard André-Daniel Laffon de Labédat (1746 - 1829), fils d’armateur, condamnait l’esclavage comme étant contraire à la religion, à la morale, et au droit, sans compter que l’esclave n’est pas aussi productif que l’homme libre. Il se batit donc pour que cesse l’esclavage alors que la bonne société se plaisait à croire que l’esclavage des Africains était justifié et même réalisé dans leur propre intérêt ! (lire son discours abolitionniste de 1788).

Ainsi voit-on que Bordeaux, où la place du vin dans l’économie et la société s’est trouvé comme les autres ports de l’Atlantique, entraîné dans ce honteux trafic des êtres humains. Le devoir de mémoire y appelle évidemment quelque musée ou fondation. Or, jusqu’à ce jour seule seule Europe Liverpool a dédié un musée à son passé négrier, ce port qui en 2008 sera pou un an la capitale européenne de la Culture.

Eric SAUGERA,

BORDEAUX,  PORT NEGRIER

XVIIe-XIXe SIECLES

karthala 2002 -

Voir aussi à Milwaukee le "Black Holocaust Museum" avec évocation, entre autre du "Middle Passage"

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LES NAIRAC

ENTRE 1672 et 1837, PRES DE 500 EXPEDITIONS NEGRIERES PARTENT DE BORDEAUX. UN NEGOCE FRUCTUEUX ET LA GARANTIE D’UNE ASCENSION SOCIALE POUR CERTAINES FAMILLES, DONT PAUL NAIRAC & FILS AINE.

(Pierre-Paul et Elisée associés), Alexandre NAIRAC, Pierre NAIRAC & FILS (ainé). Durant les vingt-huit années où la traite fut possible de 1764 à 1792, les Nairac ont monté avec une régularité jamais atteinte à Bordeaux, 24 expéditions dont 18 déportèrent plus de 8 000 Noirs. La maison Paul Nairac & Fils Aîné fut de loin la plus active : ses expéditions négrières représentent près de 30 % de toutes celles réalisées pour les colonies depuis 1750. Il faut rappeler cependant qu’il ne reste rien de ses comptes d’armement : il es donc impossible de connaître ni même d’évaluer le montant des bénéfices négriers. Il ne furent pourtant pas anodins si l’on se réfère à la situtation de Paul Nairac avant la guerre d’indépendance. De 1764 à 1778, l’armateur expédie sur les côtes d’Afrique 14 navires - dix d’entre eux traitèrent au moins 4189 Noirs, et tous effectuèrent leur rotation complète à l’exception du dernier, le Nairac, pris par les Anglais en 1778. Nul doute que les gains que Paul Nairac réalisa grâce à la vente de ces milliers de Noirs lui permirent d’édifier l’hotêl qui porte encore son nom au 17 cours de Verdun. En août  1774, Paul Nairac acquiert le terrain pour 33 000 livres et, en janvier 1775, l’architecte parisien Victor Louis lui remet les plans de l’hôtel dont la construction est confiée à l’entreprise Laclotte. Le chantier prend fin avant août 1777. L’ensemble coûte environ 200 000 livres. Par ailleurs, cette même année, le frère cadet de Paul, Elisée, acquiert à Barsac un domaine viticole sur lequel il fait construire une nouvelle et élégante demeure connue aujourd’hui sous le nom de château Nairac. Enfin, toujours en 1777, la maison Paul Nairac & Fils Ainé est la plus imposée de Bordeaux avec une capitation s’élevant à 600 livres, et même à près de 700 livres si l’on ajoute la capîtation payée au titre de raffineur : Paul Nairac possède, en effet, avec sa belle-soeur (la veuve de Pierre Nairac), deux raffineries (de sucre), quartier Sainte Croix.

Mais le cas exceptionnel des Nairac ne doit pas masquer la situation générale des armateurs négriers bordelais qui font pâle figure auprès de leurs homologue nantais.

D’après Eric Saugera - historia thématique décembre 2002 -

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Extrait du livre Bordeaux, port négrier d’Eric Saugera -

L’établissement d’une société ou même de plusieurs sociétés alliées ne réglait pas tous les problèmes liés au financement. Le capital social d’une firme, limité à quelques centaines de milliers de livres, permettait difficilement de couvrir la totalité d’une mise-hors négrière souvent aussi élevée. L’exemple de Paul Nairac & fils aîné, la première maison d’armement négrier de Bordeaux, suffit pour s’en convaincre. En 1767, son capital s’élevait à à 322 933 livres. Sur 70 navires armés en droiture ou en traite de 1750 à 1789, seuls sept d’entre eux le furent sur les fonds propres de la société. Les grandes maisons comme Nairac, n’avaient pas un capital social plus élévé : 400 000 à 500 000 livres maximum. Bien entendu, cela ne reflétait pas les actifs de ces sociétés qui étaient d’une autre importance : mais ces actifs étaient immobilisés dans la pierre à Bordeaux ou dans la terre aux colonies. Quant aux petites maisons, leur capital forcément plus réduit les obligeait davantage encore que les grandes à recourir aux investisseurs.

La participation de ces derniers à la traite se faisait soit de manière directe, en prenant une part d’intérêt dans le navire, soit de manière indirecte en prêtant à la grosse aventure. Les deux systèmes pouvaient être utilisés dans une même expédition, cependant l’intéressement fut de loin la solution la plus pratique.

L’INTERESSEMENT

L’armateur avisé faisait imprimer un "prospectus" ou devis "estimatif" destiné à informer et à convaincre les investisseurs potentiels : l’expédition était présentée sous le meilleur jour - bon navire et capitaine capable, conditions d’achat et de vente des Noirs favorables -, le montant de la mise-hors et celui des bénéfices présumés étaient souvent calculés de manière flatteuse. L’armateur pouvait diviser le capital dont il avait besoin pour financer son expédition en parts de 1/8e ou 1/16e, mais selon le nombre et l’importance des investisseurs à s’engager, la répartition s’en trouvait souvent très modifiée, si bien qu’on multiplirait à l’infini les exemples de parts allant de 1/2 0 1/132e.

Celle que se réservait l’armateur était souvent la plus grande ; c’était d’ailleurs aux yeux de ses futurs associés une garantie. Comment imaniger en effet que l’armateur investisse dans un armement dont il n’était pas sûr ? Mais, l’armateur pouvait passer du statut d’actionnaire majoritaire à celui de très modeste actionnaire : au cours de l’armement et même pendant le voyage, il lui était toujours possible de céder une partie de son intérêt. L’état des Fonds à recouvrer aux Iles par la maison PAUL NAIRAC et FILS AINE, un document exceptionnel daté du 13 février 1792, permet de connaître le montant de l’intérêt détenu  dans plus de soixante voyages. Beaucoup d’entre eux étaient négriers et certains étaient des voyages en droiture qui en dépendaient. La maison PAUL NAIRAC arma plusieurs navires avec ses seuls capitaines (...)

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QUELLES SONT LES ORIGINES DES NAIRAC ?

- Elles se situent dans le TARN (à suivre)

Branche des ROULLAUD

Pour éviter toute erreur ultérieure voici retranscrit un document : minutes des notaires René Rivière, Pierre Soullard et François Soullard liasse 1682 - 1710

 1701 - 1er février 1701 - Abandon par Gilles Monnereau, marchand pour Jacob ROULLAUD, au sieurs Henry Vlamin, Jean Grignon et autres assureurs sur leur marchandises chargées à Québec à bord du navire la Ville Marie, 250 tx. capitaine Jean Duret lequel navire après relâche à Kinsale en Irlande a fait naufrage à l’île de Sein. (archives départementales de la Charente-Maritime (France) 3 E art. 1801 -

Je garde en mémoire ce patronyme de : 

Jacob ROULLAUD X Marie Blanzy,

ils ont pour filles :

- Suzanne Marguerite ROULLAUD x Paul NAIRAC

                  1705 - 1775                   1694 -1759 

- Marguerite ROULLAUD x le 13 âoût 1749 à Pierre NAIRAC

                                            Pierre Nairac neveu de Paul Nairac   

                            - 1796                    1717 -1765     

Une des enfants de Suzanne et de Paul NAIRAC 

                             Marie NAIRAC x Léonard BOTH

                              1726 - 1805         1710 -1777

                                               leur fille

Suzanne Marguerite BOTH  x de TAUZIA de la LITTERIE

                 1744 - 1791                      1738 -1793

Veuve de Pierre NAIRAC, Suzanne Marguerite ROULLAUD se remarie avec Pierre SAGERAN 

Pierre SAGERAN (Négociant à Bordeaux, dc 1787, est le fils de Nicolas Sageran et de Jeanne BALGUERIE, née le 26 mars 1736 à Bordeaux et dc le 19 août 1758).

Revenons à Jacob ROULLAUD, dans sa filiation nous pouvons trouver les patronymes suivants, quelques uns, BALGUERIE DES RAMONS, BALGUERIE DU MELGE, de GENESTE, de GUILHEM, LAFON, de LARTIGUE, de LESPARRE, Jacob MEYER , Pasteur à Mulhouse (1710 - 1757) père d’Elisabeth mariée en 1758 avec Hans Jacob Blech, hôtellier à Mulhouse, de MONTALEMBERT, de SAGERAN DE LA GRANGE, de SARRAU (1580 - 1632) fils de Jean et Marie BECHON, de SECONDAT, etc.

Branche des NAIRAC : D’après la chronique familiale de Martine Belliard  : d’une ascendance agenaise à des origines occitanes.

Paul NAIRAC (Paul NAYRAC) né vers 1530 Gijounet dans le TARN, DC après 1582 à Gijounet, était forgeron. Il s’est marié avec Ne RABAUD à Gijounet.

Philippe NAIRAC 1555 -1622 est leur fils marié avec Marthe de CALMELS.

David NAIRAC, Maître serrurier, 1595- 1668, leur petit fils, se marie avec Judith CALVET vers 1625 à Gijounet - TARN -

Jean NAIRAC, Maître arquebusier, né en 1634, leur arrière petit fils, se marie avec Magdeleine JULIEN en 1658.

    qq enfants :  Jeanne NAIRAC 1677 mariée le 18 novembre 1706, Notre-Dame de Viane -TARN- avec Etienne BONNAFFE

                         Pierre NAIRAC 1680 -1756 marié le 19 octobre 1713 avec Jeanne ARNMENGAUD

                                            dont : Pierre NAIRAC 1717 - 1765 marié le 13 août 1749 à BORDEAUX avec Marguerite ROULLAUD

                         Paul NAIRAC 1694 - 1759, établi à Bordeaux , ou il est raffineur et armateur, marié en 1723 avec Suzanne Marguerite ROULLAUD 1705 - 1775

                                             dont : Marie NAIRAC 1726 - 1805 mariée avec Léonard BOTH 1710 - 1777 Hollandais, négociant à Bordeaux, en 1768 il est témoin au mariage de Jacques Fabre et de Anne Schÿler.

                                                               dont : Marguerite Suzanne BOTH 1744 - 1794 marié le 30 juillet 1764 "au désert" Bordeaux avec François de TAUZIA, écuyer 1738 - 1791

                                                                            dont :  Marguerite Suzanne Catherine de TAUZIA 1765 mariée le 23 février 1791, église réformée de Bordeaux, avec Philippe Frédéric CLOSSMANN.

Revenons à Paul NAIRAC, il est donc le père de Marie, de David, d’Henriette, de Paul, d’Elisée, de Jean Baptiste, d’Elie, de Julie, d’Alexandre, et de Nn NAIRAC.

Note : Bourgeois de Bordeaux, il est aussi selon : Les familles protestantes de Bordeaux : d’après les registres de l’état civil, Pierre Meller, 1902, consul de la Bourse, et volontaire royal.

Fondateur de l’entreprise "Paul Nayrac & fils ayné" qui fit fortune dans la traite des Noirs. 

Tout est à vérifier, présentation à modifier.

HISTOIRE DU DESERT : Nous pouvons lire Marguerite Suzanne Both marié "au désert" avec François de Tauzia le 30 juillet 1764.

Pourquoi le Désert ? Dans l’histoire du protestantisme français, l’expression Désert définit une période qui s’étend de la Révocation de l’Edit de Nantes (1685) à la Révolution Française (1789).

Privés alors de liberté de culte, c’est loin des villes, cachés dans les endroits isolés, déserts (dans les forêts, les garrigues, les grottes ou les ravins...), que les protestants de France (en Cévennes, mais aussi en Haut-Languedoc, en Poitou, Dauphiné, vivarais...) furent obligés de vivre clandestinement leur foi.

Ce mot de Désert avait aussi pour eux un sens biblique, comme les 40 années pendant lesquelles les Hébreux de l’Exode avaient erré dans le désert, lieu de tribulations, de tentations et de désespoirs, mais aussi lieu où se faisait entendre la parole de l’Eternel.

Cette page d’histoire concerne toute la France mais a marqué particulièrement le Languedoc et les Cévennes, où, dès le début du XVème siècle, le protestantisme s’est largement implanté. Le Musée du Désert témoigne par l’ensemble de ses collections exposées, tel un grand livre d’images, d’une facette de l’identité cévenole forgée par l’Histoire.

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CIMETIERES POUR ETRANGERS

POMME d’OR (rue)

D’abord appelée "petite rue Barreyre", c’est l’auberge "A la Pomme d’Or" qui a laissé son nom à la rue, au début du XVIIIe siècle. L’inscription gravée à l’angle de la rue Borie se voit encore. Vers 1726, "au coude que forme la rue Pomme d’Or", la jurade autorisa les protestants, nombreux dans ce quartier, à avoir un cimetière. Il était apparemment réservé aux étrangers, en particulier au calvinistes de Hollande. (Annick Descas).

J’ai habité entre la rue Borie et le Cours de la Martinique, au 3 ème étage de l’immeuble logeaient une famille de protestants. Petite fille il arrivait à la voisine de me garder et J’ai passé des heures à regarder Mme De George broder des smocks sur des robes destinées à des fillettes de classes défavorisées. De temps en temps elle avait avec ma mère des conversations dont le sujet était la religion mais je ne comprenais pas, il était question de paradis ? Quelques maisons plus loin était sis l’immeuble de la famille Lawton. La rue Notre Dame et le Temple faisaient partie de mon paysage du jeudi après-midi. C’était le passage obligé vers les Quinconces ou la rue Sainte Catherine si l’on voulait éviter les quais et les sifflements admiratifs, pour ma mère, des dockers en attente d’un travail.

 Mon destin m’a permis, ces dernières année de croiser, brièvement celui de Paméla, la Galloise, de confession Anglicane, amoureuse du Cutty sark, qui avait fréquenté le Temple de la rue Notre-Dame avec ses enfants.

Cimetière pour étrangers - Sud-Ouest du 14.09.2010 par Cadish -

Qu’elles soient juives ou protestantes, les communautés regligieuses étrangères établies à Bordeaux ont été contraintes de posséder leur lieu de sépulture, les catholiques ne tolérant pas très souvent de les recevoir dans leurs propres enclos.

Ayant perdu toute existence légale depuis la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, les protestants furent obligés d’établir leurs nécropoles à l’extérieur de la cité. Avant l’établissement de ces cimetières, ils avaient dû enterrer leurs morts dans les jardins ou les couvents qui acceptaient parfois de les recevoir dans l’anonymat. Pour ceux qui mouraient dans les hôpitaux, leurs dépouilles étaient transportées dans les marais prestilentiels de l’Archevêché (quartier Mériadeck actuel) et déposés dans des fosses improvisées.

Un premier cimetière protestant est mentionné à Bordeaux, en 1563 dans le quartier de la rue des Ayres, près de la commanderie de Saint-Antoine, il fut rapidement saturé. Un second fut ouvert en 1751, rue Pomme d’Or, dans le faubourg des Chartrons. A son tour trop petit pour contenir les défunts de la communauté protestante en forte croissance : luthérien d’Allemagne, anglican de Grande Bretagne, calvinistes - il en fut créé un autre par le Consistoire en 1779 au Sablonat, près de la porte d’Aquitaine.

PREMIERE INHUMATION EN 1886.

En 1769, Jean-Philippe Weltner, Consul de Lübeck et négociant, achète un terrain à Madeleine Denis pour la somme de 4 300 livres afin d’y créer un cimetière destiné aux "protestants étrangers". Par lettre patente, Louis XV donna son approbation pour l’établissement de ce futur cimetière qui prit le nom d’"Etrangers" situé entre le cours Journu-Auber et le cours Saint-Louis, cette nouvelle nécorpole offrait une superficie de seulement 2 700 mètres carrés.

Peter Jacob, charpentier de navire, originaire de Finlande y fut le premier inhumé. Le 14 mai 1886, le cimetière accueillit son dernier occupant et ferma définitivement ses portes trois ans après. En 118 ans de fonctionnement il reçut un total de 1 103 personnes. Puis il devint un jardin où poussaient arbres fruitiers et ceps de vigne. Quelques épitaphes relevées en 1914 mentionnent les noms de défunts de qualité, dont Jacques Wüstenberg, Consul de sa Majesté le roi de Prusse, Samuel de Perrot, Consul général de France de sa Majesté le roi de Hanovre ; Henri de Bethman, Consul général d’Autriche. Dans un coin du cimetière se trouvait les tombeaux de Jean Maendlen, "savant dans l’art de guérir", et de Georges Maximilien Comte de Münster, etc. tous entreprenants étrangers dont la vie s’acheva à Bordeaux.

Aujourd’hui il ne reste aucune trace de ce petit cimetière, détruit en 1965, pour faire place au bâtiment de la Caisse régionale de la sécurité sociale, sinon quelques photos prises au début du siècle et une aquarelle de Fontan, réalisée en 1912. Seules les spultures de Jean-Philippe Weltner, et Schickler furent déposées rue Judaïque et quelques ossements provenant du cimetière, regroupés dans la chapelle de la famille Johnston, une des plus imposantes de la nouvelle nécropole.  On n’a pu arrêter le pic des démolisseurs ; s’en suivit la destruction des sépultures, dont certaines élégantes par leur style et la délicatesse de leur décor. Le Musée d’Aquitaine sauva in extremis quelques plaques funéraires, notamment la longue épitaphe écrit en français et anglais de John Viollet, conservée aujourd’hui dans ses réverses.

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Sud Ouest du 24 mai 2011 - Véronique Berge

LE CIMETIERE DES JUIFS AVIGNONNAIS VA S’OUVRIR

Depuis quelques jours, le portail noir cachant la parcelle de terrain située au 47 de la rue Sauteyron (La Victoire) est ouvert et laisse entrevoir plusieurs hommes d’affaires autour de plaques de pierres semi-enterrées.

Il s’agit en fait d’un cimetière juif, celui des juifs avignonnais, le troisième dans le quartier avec celui du cours de l’Yser et un autre moins connu et difficilement repérable, le cimetière des juifs portugais, plus ancienne nécropole bordelaise, siturée au 105 du cours de la Marne.

Le Consistoire a décidé de le réhabiliter afin qu’il puisse être visité les terrassiers, sous la chaleur écrasante de ces derniers jours, creusent autour des pierres tombales afin de les relever et d’en rendre visibles les inscriptions, pour la plupart en caractère hébraïque, remémorant de nombreuses familles juives bordelaises. La tombe la plus ancienne date de 1764, année au cours de laquelle le cimetière a été installé.

"Il sera possible de visiter par le biais de l’Office du tourisme, explique un des employés. Au grand dam d’une riveraine qui s’occupait jusqu’alors d’une dizaine de chats perdus venus trouver ici refuge et nourriture.

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UN PASSE QUI PASSE MIEUX - ESCLAVAGE : La collection au musée d’Aquitaine, présentée depuis deux ans, ainsi que l’exposition dans le cadre d’Evento contribuent à combattre le tabou. Il n’est pas levé pour autant. Sud ouest 18 octobre 2011 - Anaïs Bard -

Là, derrière les murs du musée d’Aquitaine, quelques salles pour une histoire longtemps "oubliée" par Bordeaux. Des salles attendues et redoutées, qui ont fait parler d’elles avant, comme après leur ouverture. L’escalvage et la traite négrière. Un lourd fardeaux mémoriel auquel la ville ne laissait qu’une "place anecdotique" dans le récit de son passé, notamment au musée d’Aquitaine. Le devenir de l’exposition consacrée au "Commerce atlantique et l’escalvage" dans Bordeaux du XVIIIème siècle, plus de deux ans après son ouverture (en mai 2009), en dit long sur l’histoire de ce tabou bordelais.

Un filon pour le musée

Si certains craignent que l’ouverture de ces salles ternisse l’image de la ville, après deux ans d’exitence, les doutes sont dissipés. Bordeaux deuxième port négrier de France par ces 480 expéditions de traite entre 1672 et 1837, et ces 120 000 à 150 000 personnes déportées, propose une des rares expositions sur le sujet en France et attire des visiteurs.

"Il y a des gens qui viennent de loin. On a reçu des groupes de la région parisienne, de Toulouse, de Nantes" explique François Hubert, directeur du musée d’Aquitaine. Le nombre de visites au musée a augmenté de prés de 30 % depuis la "rénovation" des salles XVIIIème après la médiatisation par leur ouverture. Loin d’être embarrassante pour l’image de la ville, ces salles sont quasiment devenues un produit d’appel pour le musée. "Je voulais la voir depuis un moment, je trouve salutaire que cette histoire soit portée à la connaissance de tout le monde", raconte Marie Louise, 70 ans qui déambule dans la collection. "On sait tous ce qu’est l’esclavage, mais quand on voit les chaînes, ça se concrétise" dit Annick parisienne en vacances à Bordeaux. Les commentaires griffonés sur les livres d’or, eux saluent en majorité cette reconnaissance. Un écrit revient souvent : "enfin !". Les Bordelais semblaient donc prêts à regarder ce passé en face...

"L’esclavage est devenu un sujet de société. L’époque est favorable, le public est demandeur de cette histoire", dit le directeur. "Grâce en partie à ces nouvelles salles, on a grimpé dans le classement des musées de France", explique Sophie Ollé, adjointe du patrimoine et guide de l’exposition. Depuis l’ouverture, François Hubert multiplie les contacts avec d’autres conservateurs qui veulent suivre ce qui se fait dans "ce domaine" et organise même un colloque annuel ("Rencontres Atlantiques") sur le thème de l’esclavage réunissant de nombreux chercheurs.

La fin des rumeurs ?

Un Grand Théâtre fabriqué par des esclaves ; un entrepôt Lainé stockant des marchandises humaines ou, à l’inverse, l’abscence d’esclaves à Bordeaux : tout faux. Ces rumeurs fantaisistes, et parfois contradictoires, courent toujours dans l’esprit des Bordelais. Probablement les restes d’un tabou, qui a trop longtemps pesé pour que l’histoire soit clairement connue.

On a recensé près de 4 000 "nègres à talents", dans les maisons bordelaises au cours du XVIIIème siècle : des hommes ont bien été esclaves à Bordeaux. Les expéditions négrières furent la conséquence d’une prospérité commerciale menée principalement du "commerce en droiture", de la richesse d’un port construit grâce à la main-d’oeuvre des esclaves d’Outre-mer, propriétés d’exploitants coloniaux aquitains. Et les négriers ne livrèrent jamais leur cargaison humaine à Bordeaux. L’expositions, qui se veut historique, précise, a le mérite d’éclaircir le flou autour de ces questions, encore source de débats.

Entre les murs

Même s'il est bien affaibli par cette collection, le tabou rôde encore : les mots et la manière de raconter cette histoire sont parfois encore hésitants.  "Le commerce triangulaire à Bordeaux, ne représentait que 5 % des échanges de l'époque. Enfin... je ne dis pas ça pour minimiser l'esclavage", corrige Sophie Ollé au cours d'une visite guidée.

Beaucoup de visiteurs découvrent l'existence de ces salles au hasard et certains se demandent encore si elle est temporaire. Ce passé est bien révélé entre les murs du musée d'Aquitaine. Mais beaucoup pensent qu'il a encore du ma à en sortir.

--- LE PRIX DU SUCRE----

Dans le cadre d'Evento, le musée d'Aquitaine s'est ouvert à six artistes contemporains venus d'Afrique du Sud, du Cameroun, d'Italie, d'Egypte, d'Istraël et d'Inde, invités à dialoguer avec les oeuvres consacrées à la traite négrière. L'exposition "C'est à ce prix que nous mangeons du sucre" interroge "les racines historiques, l'esclavage et les systèmes économiques et politiques qu'il génére dans la société". Les oeuvres ou dispositifs de William Kentridge, Pascale Marthine Tayou, Marzia Migliora, Shilpa Gupta,Wael Shawky et Michael Blum, créés spécialement pour l'occation, se confrontent ainsi à l'exposition permanent. Installée depuis le 6 octobre, l'exposition es visible jusqu'au 23 janvier 2012.

 ---UN PREMIER PAS, MAIS...-

[...] Une plaque commémorative presqu'introuvable quai des Chartrons, une exposition sur l'histoire du fleuve et de son port ("le bonheur est dans le fleuve") qui "omet" la traite négrière...Les efforts réalisés au musée ne se retrouvent pas dans la ville...[...]

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Dans l'excellant livre d'Annick DESCAS, j'ai pu lire : Rue du Palais Gallien au n° 112, Mme Laurent-Paul NAIRAC, épouse d'un grand négociant, tint, sous la Restauration, un salon littéraire où elle reçut notamment Edmond Géraud, Marceline Desbordes-Valmore, Jacques Arago ou Alfred de Vigny.