Pensée de Groupe

Nous sommes en 2011, en 40 ans tout a  beaucoup changé ; nous avons internet et le management entre autres progrès.

Pour tous ceux qui font partie d'associations, de conseils de quartier, et autres groupes, de deux ou plusieurs personnes, voici une information donnée par une personne de Blanquefort dont l'entreprise avait embauché un psychologue pour mieux gérer son personnel.

L'EFFET "JANIS"

Irving JANIS (1918-1990) est chercheur en psychologie de l'université de Yale et un professeur émérite de l'université de Californie. Il est l'inventeur du concept de penée de groupe (ou pensée groupale, selon les traductions), qu'il a mis en évidence dans les années 70 en analysant quelques fiascos politico-militaires américains particulièrement retentissants, comme celui du débarquement de LA BAIE DES COCHONS.

La pensée de groupe ou Group Think est un terme inventé par Irving Janis en 1972. Le terme décrit le processus selon lequel les individus d'un groupe ont tendance à rechercher le consensus plutôt qu'à appréhender de manière réaliste la situation. Il s'agit d'une expression plûtot péjorative. La première utilisation du terme date de 1952 par William H. Whyte dans Fortune.

Revenons à nos moutons.

L'effet "Janis" = phénomène dit de "pensée groupale" ou "pensée moutonnière".

L'effet "Janis" tendrait à se constituer lorsqu'un groupe vise à établir un consensus sur la solution la plus acceptable pour sauvegarder la cohésion du groupe et éviter les discussions susceptibles d'être sources de conflit.

Un certain climat de complicité cherche à s'instaurer dans le groupe. Les membres évitent de prendre des initiatives ou de suggérer des contre-hypothèses. La solution préférée initialement par le groupe est soutenue de façon sélective.

Le groupe aveuglé par les péjugés est victime de l'esprity de corps qui tend à étouffer toute pensée critique indépendante.

5 conditions prédisposent à cet effet :

- La cohésion élevée du groupe ;

- L'isolement par rapport au corps social ou à d'autres groupes ;

- L'absence de difinition de la méthode dans le travail du groupe ;

- Le leadership très directif :

- La situation globale anxiogène et stressante.

2 symptômes principaux émergent :

- L'illusion collective : illusion de moralité, de nationalité, d'unanimité et d'invulnérabilité du groupe ;

- La censure collective qui s'applique à soi-même et aux autres.

4 caractéristiques signent les décisions prises par effet "Janis"

- La pauvreté de l'information recherchée  ;

- Les biais et les distortions dans le traitement de l'information et la définition des objectifs ;

- l'absence de prise en compte des risques potentiels que la décision comporte ;

- le manque de recherche d'alternatives logiques et cohérentes.

Pour qu'un groupe cohésif évite cet effet, il doit accepter les divergences, les désaccords et ne pas rejeter les arguments neufs et les solutions originales.

La psychologie des groupes - Alain Blanchet Alain Trognon - Nathan Université 128

La pensée groupale (Janis) désigne le fait qu'à l'intérieur du groupe se développent des mécanismes psychologiques qui incitent les individux à rapprocher leurs points de vue les uns des autres, à développer une cohésion qui leur fait prendre des positions irrationnelles ; elles se manifestent en particulier par le fait que lon ne tient plus compte des réalités extérieures et, de ce fait, la décision prise est souvent boiteuse.

La pensée groupale comporte plusieurs aspects qui interviennent dans les prises de décision ;

- le sentiment d'invulnérabilité qui fait que le groupe par exemple peut se croire au-dessus des lois ;

- la conviction d'être dans son bon droit :

- la tendance à dénaturer une information contraire à la décision du groupe ;

- les pressions excercées sur les membres afin qu'il soutiennent la décision majoritaire ;

- la tendance des membres à construire des stéréotypes concernant des personnes opposées à leur décision.

Les membres d'un groupe sont plus intéressés et préoccupés à sauvegarder leur cohésion ou à défendre le groupe contre des menaces externes plutôt qu'à trouver et à aboutir à une décision rationnelle.

La psychologie sociale : Gustave-Nicolas Fischer

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Les Symptômes de la pensée de groupe

Les huit symptômes de la pensée de groupe :

1 - L'illusion de l'invulnérabilité : lorsque les groupes se croient intouchables, ils ont tendance à réprimer la dissidence ;

2 - La rationnalisation : un groupe est plus soudé lorsqu'il justifie collectivement ses actions ;

3 - La croyance en la supériorité morale du groupe ; lorsqu'un groupe pense qu'il est moral, il a tendance à ignorer sa propre immoralité ;

4 - La transformation de l'opposant en stéréotype ; lorsqu'un opposant est considéré avec partialité ou avec des préjugés, les affirmations qui contredisent les convictions du groupe sont ignorées ;

5 - La pression de la conformité ;  une forte pression est exercée sur les individus pour qu'ils s'alignent sur la volonté du groupe et pour qu'ils ne soient pas en désaccord avec lui, sinon ils sont ostratisés, c'est-à-dire écartés des débats, voire sanctionnés ou explulsés ; 

6 - L'autocensure ; les membres du groupe préfèrent garder leurs opinions divergentes pour eux, plutôt que de déserter le navire ;

7 - L'illusion de l'unanimité ; les dissensions internes sont cachées au groupe. Ainsi elles semblent inexistantes ;

8 - Les gardiens de la pensée : certains membres du groupe s'engagent activement à protéger le groupe de toute dissidence ou information contraire.

MECANISMES

Pour éviter la pensée de groupe, plusieurs mécanismes sont utilisés par les managers, en voici quelques uns :

1 - Placer la responsabilité de la prise de décision finale dans les mains d'une seule personne, vers laquelle les autres se tournent pour avis ;

2 - Pré-sélectionner une personne qui aura le rôle de s'opposer à toute suggestion présentée, aidant ainsi les différents membres du groupe à présenter leurs propres idées, et mettant en évidence les défauts de raisonnement des autres. L'identification du rôle de cette personne permet de limiter la stigmatisation associée avec le fait d'être le premier à prendre une position négative (avocat du diable) ;

3 - Mettre à disposition un moyen de réponse (feedback) anonyme (boîte à idée, discussion anonyme en ligne). Les points de vue négatifs ou dissonants peuvent ainsi être exprimés sans que l'individu soit identifié. De cette façon, le capital social du groupe est préservé, puisque tous les membres du groupe ont autant de chance d'être à l'origine du désaccord.

4 - De temps en temps, la division du groupe en deux sous groupes qui travaillent séparément et confrontent ensuite leurs résultats .

5 - L'existence d'autres groupes ou experts qui travaillent en parallèle sur le même problème.

La pensée de groupe, prenant le pas sur la personnalité de l'individu, trouve son parallèle, sous forme souvent exacerbée, dans les effets de foule.

Pour un peu d'humour, de légéreté et de poésie revoyons, Marie Trintignant si belle et si joyeuse dans le film : "Janis & John" où elle tient le rôle du clône de Janis Joplin.