Vins de Blanquefort en 1850

 

Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite - Charles Cocks - Féret Fils, Libraire-Editeur - 1850 (collection E. Delahaye)

BLANQUEFORT

Cette commune, qui limite le Médoc, contient un bourg considérable, à 10 Kms, au nord-est-ouest de Bordeaux, dans une position élevée et très riante, sur la route de Pauillac. Blanquefort, fut autrefois célèbre pour ses vins blancs ; mais comme cette réputation s'est perdue, la plupart des propriétaires cultivent de préférence la vigne rouge. La nature de son sol est assez variée ; mais en général il a un fond de gravier rouge et blanc mêlé en quelques endroits avec de l'argile et du sable. Les ruines de son fameux château féodal existent encore aujourd'hui : elles sont situées au milieu d'un marais tout près du bourg.

La commune produit 200 tonneaux de vins blancs qui s'expédient dans le Nord, et près de 2 000 tonneaux de vins rouges recherchés en Hollande ; elle produit également des céréales et des légumes. Les terres basses, anciens marais, sont assez généralement converties en prairies ou en potagers. Les vins blancs sont secs, agréables ou plus corsés que la généralité des vins blancs des graves.  Les rouges sont d'une qualité intermédiaire ; mais les meilleurs crûs sont en général exempts de ce goût de terroir qui domine dans quelques-uns des vins de côtes et de terre basse ; ils ont aussi une belle couleur et un bouquet qui se développe lentement. Ils se mettent en bouteille après la cinquième année. Le nombre des habitants de la commune s'élève à 2 000 ; les propriétaires les plus importants sont :

                        Crûs                         Tonneaux

Dulamon (Albrecht)                              125

Le Déhez (Delisse)                                20

Fleurennes (A. Tastet)                         100

Grand Clapaux (Aviragnet)                    50

Curgan (Lafon)                                      40

Tanaïs (Changeur)                                50

Breillan (Portal)                                     60

Terrefort (Seignouret)                          100

Saint Haon (De Matha)                          60

Vivey (Closmann)                                   40

Lestaing (Aquart)                                   20

Martinat (Badin)                                     10

Mont-Giraud (Willaume)                          10

Duportal (Courregeolles)                        10

Maurian (Degrange-Touzin)                    25

Tujean (Caussade)                                 28

Faisanderie, rue de Campot (Chauvot)  60

Haut-Linas (Larrieu)                               25

La Goublaye (Dalbessard)                      20

Chalet (Noer)                                         10

Arboudeau (Ferry)                                  10

      "              et Perriq (Meymat)            20

Coulom (j. Dugay)                                     8

Les Graves (Vve Tastet)                         15

Arboudeau (Jean Ferry)                         15

Salle de Linas (Tessier)                          30

Chollet (Béchade)                                   40

Frichon (Genouihac)                                18

Policard (Vignes)                                     30

Clos (Brannens)                                      18

Le Queyron (Feuillerat)                            15

Pey-Gasq (Maubourguet)                         12

Peyreyres (Tartas)                                     6

Non-Gros (Boulla)                                      6

Cantaret (Bidou)                                      13

     "         (Baziadoly)                                11

Les Troncs (Bardeau)                                  6

Lacoste (L. Miquau)                                    9

Lamothe (Bonnard)                                     6

Galochet (Dénigés)                                      6

Gravette (de Pichon)                                    6

Montigny (Chabaribert)                                6  

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Sud-Ouest du 23 juillet 2011 - Catherine Darfay -

Châteaux cuivrés sur plaques

Vins : Les Archives départementales ont récemment acquis les plaques qui illustraient le fameux catalogue "Feret"

Parmi leurs dernières acquisitions les Archives départementales ont mis la main, en décembre 1989, sur un lot convoité : des plaques de cuivre gravées qui ont servi a illustrer les premières éditions du "Féret". Du quoi ? Le "Féret". Autrement dit, la Bible du vin à Bordeaux, seul ouvrage à présenter de la façon la plus scientifique possible la totalité des propriétés vinicoles du Bordelais. Et ça fait des décennies que ça dure.

Le premier catologue est né en 1850, il était l'oeuvre...d'un Anglais installé à Bordeaux, Charles Cocks, ami du libraire-éditeur Edouard Féret, dont la famille avait pignon sur rue depuis 1812.

L'aventure n'a jamais cessé, toujours dans le giron famillial : le "Féret" en est à sa 18ème édition, sans cesse revue et augmentée, en chiffres romains, s'il vous plaît.

A Prignac-et-Marcamps

Aujourd'hui encore, le catalogue ressemble plutôt à un beau livre, sous couverture...bordeaux et avec d'abondantes photos.

Mais le succès des premières éditions doit sans doute beaucoup aux riches gravures signées du peintre Eugène Vergez qui illustraient chacune un château et son domaine. Les 588 cuivres originaux vendus aux enchères par Artcurial ont rapporté 244 777 euros, avec des chiffres records pour les châteaux les plus huppés, jusqu'à 5 000 euros pour un château Latour.

Le Conseil général en a acquis 86 pour ses archives, en privilégiant les châteaux méconnus, ou disparus, mais dont il importait de garder trace.

Parmi ceux-ci, le château de Grissac, à Prignac et Marcamps, dans le Blayais, dont on peut quasiment compter les rangs de vignes dans l'édition de 1929. Pour la petite histoire, le château était au XVIIIème siècle la propriété de la famille Montallier de Grissac dont le plus illustre représentant, Pierre, était conseiller au Parlement de Bordeaux et fut salué à sa mort en 1770 comme un "magistrat célèbre par la force de son génie et par son inflexible droiture", fermez le ban. Le domaine passa ensuite à son neveu, puis par alliance à la famille de Lur-Saluces, avant d'être acquis sous le Second Empire par la famille Itey. Le château produit aujourd'hui en Côte de Bourg.

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