BX, août 39 - mai 40

Extraits de BORDEAUX CAPITALE TRAGIQUE et la base navale de Bordeaux-Le Verdon (mai-juin 1940) de Louis-Georges PLANES et Robert DUFOURG.

Préface de M. le général WEYGAND. de l'Académie Française - Avant propos de l'amiral d'HARCOURT.

Editions MEDICIS - exemplaire n°1107 du tirage spécial de l'édition originale -

1940 - LA CAPITALE TRAGIQUE (extraits)

Au mois d'Août 1939, Bordeaux avait pour député-maire depuis 1925, M. Adrien Marquet dont la haute taille, le masque césarien et la forte éloquence, servie par une voix prenante, dégageaient un prestige naturel qu'il savait utiliser. Une longue expérience des moeurs  de la démocratie lui avait finalement donné le goût de l'autorité tandis que les responsabilités de l'administration lui révélaient la nécessité de l'ordre. En raison de son lourd passé, M. Marquet n'avait pas que des amis, mais ses adversaires eux-mêmes lui savaient gré de belles réalisations municipales comme le Stade, les Abattoirs, la bourse du travail et la cité des étudiants. M. Marquet avait été un des fondateurs du néo-socialisme. En 1934, au lendemain du 6 février, Gaston Doumergue avait fait de lui un ministre du travail. A ce titre, il avait été amené à collaborer avec le maréchal Pétain. Cette rencontre ne sera pas sans conséquence. (les adjoints étaient, MM. Pinèdre, Lasserre, Poplawski, Dr Ginestous, Gargon, Fourtassy, Maccard, Lartigue, Benzacar, et Barès).

Le préfet de la Gironde était M. Bodeman, fonctionnaire consciencieux et bourru, assez craint de son personnel dont il exigeait beaucoup.

L'archevêque de Bordeaux, primat d'Aquitaine, était Mgr. Feltin plus tard cardinal de Paris, dont la forte personnalité était entourée de l'estime générale et dont l'esprit réalisateur et le zèle apostolique communiquaient à tout le diocèse un vigoureux élan.

Le général commandant la 18e région était le général de corps d'armée Chauvin qui devait être remplacé au mois de mai 1940 par le général de corps d'armée Lafont (avec comme chef d'état-major le colonel Arendt et comme sous-chef d'état-major le colonel Lamaignère). (...)

A l'époque des vacances de 1939, les Bordelais s'égaillèrent en grand nombre, comme à l'accoutumée. Les plages voisines reçurent leur lot habituel de villégiaturant. Mais même aux bains de mer, on lit les gazettes et celles-ci portaient témoignage d'une tension internationale de plus en plus menaçante...Sans doute essayait-on de se rassurer en se rappelant d'autres alertes récentes... Néanmoins, les coeurs étaient oppressés.

Le 25 août, les Bordelais, ceux qui étaient restés en ville comme ceux qui s'en étaient momentanément éloignés apprirent avec stupeur qu'un pacte germano-russe venait d'être signé... Personne ne pouvait se faire illusion sur la signification de ce nouveau Rappolo... Hitler, libéré de toute préoccupation du côté de la Russie, avait les mains libres pour poursuivre, dans d'autres directions, sa politique agressive.

Les événements vont désormais se précipiter.

Le 29 août, la censure de presse est mise en vigueur. Des censeurs généralement aussi bienveillants qu'incompétents s'installent dans les bureaux des  trois quotidiens : La Petite Gironde, la France et la Liberté du Sud-Ouest. Le même jour, une veillée de prières pour la paix est présidée par Monseigneur Feltin, archevêque de Bordeaux.

Le lendemain les communications téléphoniques interdépartementales et avec l'étranger sont supprimées. Les télégrammes sont soumis à un visa des commissaires de police.

Et les Bordelais suivent de loin l'affreux déroulement des événements.

Le 2 septembre, ils apprennent à la fois que l'Allemagne a attaqué la Pologne, que Varsovie a été bombardée et que la mobilisation a été décrétée en France et en Angleterre...

Il se trouve encore des optimistes opiniâtres pour rappeler que "la mobilisation n'est pas la guerre"... Il semble  bien, pourtant, suivant l'expression d'un journaliste bordelais, que "les dés de fer du destin sont jetés !"

Le matin du 4 septembre, les journaux portent d'énormes manchettes.

Depuis la veille, à 11 heures, l'état de guerre existe entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne et les hostilités ont dû commencer à midi. De son côté, la France a envoyé également la veille, à Hitler un ultimatum qui annonçait l'ouverture des hostilités pour 17 heures (cinq heures après la Grande-Bretagne). Cette fois, on peut dire avec certitude : "Alea jacta est"

Tandis que les soldats déjà sous les drapeaux prennent le chemin de la frontière, l'arrière, qui n'est point à l'abri des attaques aériennes, même à deux cents lieux du front, se prépare tant bien que mal à s'en protéger...

Dès le onze septembre, le maire prescrit de creuser des tranchées-abris sur les Quinconces, sur les Allées Damour, place Nansouty, place Ferdinad-Buisson et place du Pont. Comme une organisation de défense passive a été d'avance mise sur pied, le maire Adrien Marquet en convoque les chefs en même temps que les commissaires de police pour donner aux uns et aux autres les instructions.

Dans les gares, les départs de réservistes se multiplient... Leur attitude est digne. Ils ne crient plus comme en 1914 : "A Berlin ! A Berlin!". Ils font preuve plutôt d'une sorte de résignation un peu de fatalisme. L'un d'eux fait cette réponse caractéristique à un journaliste qui l'interroge : "Il fallait bien en finir... Cela ne pouvait pas durer ainsi..."

Bordeaux prend un visage nouveau, un visage plus austère, plus tendu...

Mais la vie continue...

Le matin, la laitière et la porteuse de pain continuent leurs tournées porte à porte... Les magasins restent ouverts et aussi achalandés. Les prix en général, n'augmentent guère... Les marchandes de quatre saisons persistent à raccrocher les clientes :

"Approchez, mignonne !"

Au coin de l'Intendance et place de la Victoire, les marchandes de fleurs sont à leur poste...

Le changement est plus sensible la nuit... Bordeaux, n'est pas une ville de noctanbules. Pourtant, les rues se font encore plus désertes. Les lampes de l'éclairage axial ont été peintes en bleu et diffusent une lumière atténuée, presque tendre, qui conviendrait aux éclats de Pierrot... Mais Pierrot est parti...

Ceux qui restent entendent des nouvelles du front... Le facteur est guetté avec impatience.., Hélas ! il n'apporte rien... Il est bientôt démontré que la poste aux armées est au-dessous de sa tâche... Voilà un premier sujet quotidien de récriminations ! Cette déficience en présage de plus graves...

Autre sujet de mécontentement...

Il est procédé à la réquisition des chevaux en dépit du bon sens... Qu'on prive les agriculteurs de bêtes de trait et de labour qui leur sont nécessaires, soit ! si les besoins de l'armée l'exige... Mais comment admettre qu'on les laisse crever de faim ?

Quand les courriers commencent à arriver de la zone des armées, ils nous apportent d'autres informations inquiétantes... Des deux côtés de la frontière, une stratégie d'attente a été adopté... Les semaines s'écoulent dans une inactivité à peu près totale... Chez nous la guerre commence à "pourrir"... Elle va pourrir tout l'hiver... Il en résulte manifestement un affaiblissement du moral, un ennui déprimant, un relâchement de la discipline des soldats et de la vigilance des cadres... Des défauts d'organisation inacceptables se manifestent... Exemple : un commandant d'une batterie originaire de Bordeaux écrivant à un de ses amis, lui confie qu'il a dû enlever les couvertures des chevaux pour les donner à ses hommes... D'autres faits analogues alarment les gens avertis...

Parce que rien ne se passe sur le front français, les Bordelais se passionnent, à partir de janvier 1940, pour la guerre de Finlande... Ils sont tout réconfortés quand ils lisent dans leurs journaux que l'armée russe n'est qu'une "horde mal commandée et mal armée !". Un peu plus tard, ils attendent avec impatience la visite annoncée de mademoiselle de Mannerheim.

C'est à partir de janvier 1940 que les premières restrictions sur les carburants d'automobiles sont appliquées. Un service de distribution des bons d'essence est installé à l'Athénée municipal et fonctionne convenablement...

Par contre, on se plaint que les rideaux des trams, qu'on baisse au coucher du soleil, empêchent les voyageurs de distinguer les stations... Médiocre grief...

Bien que les alliées soient en mesure d'assurer la liberté du trafic maritime, l'activité économique de Bordeaux se ressent de l'état de guerre. Pour y pallier dans la mesure du possible, le "comité interparlementaire de défense des intérêts économiques girondins" est tiré du sommeil. Tous les parlementaires du département s'y rencontrent sous le signe de l'union sacrée. Le président est M. Cailler, sénateur et le secrétaire de M. Cayrel, député.

A la fin de janvier, la température est très rigoureuse... Des vols de mouettes, chassés par les frimas, viennent s'abattre sur les nouvelles tranchées-abris récemment creusées sur les Allées de Tourny. Comment ne pas songer à d'autres tranchées où dans la neige se morfondent des êtres chers ?

Le 31 janvier, la duchesse de Windsor est à Bordeaux. Elle est venue présider un grand gala de bienfaisance organisé par Mme Fould et par la section sanitaire automobile féminine qui est une filiale de la société de secours aux blessés militaires. Le bénéfice doit servir à l'achat d'une ambulance automobile qui portera le nom de l'Aquitaine.

A 17 h. 30, la duchesse est reçue à Trianon par le lieutenant-colonel Jacques d'Welles. Le soir, elle assiste à un spectacle de variétés, au théâtre Français. Au programme figurent les noms de Guy Berry, Germaine Dermoz, Adrien Adrius, Frehel et Mady Pierrozi...

Le 8 février, à l'approche de la mi-carême le maire interdit les cavalcades et les mascarades. Par contre le 15 février, le grand-théâtre, fermé depuis la déclaration de guerre, rouvre ses portes. L'affiche annonce "Lakmé", l'opéra-comique où un officier anglais fait si piètre figure.

Rien à signaler, sur le front français... Mais la situation de la Finlande devient critique...

La "horde soviétique mal armée et mal commandée" a creusé une brèche dans la ligne Mannerheim. Les Russes attaquent les Finlandais sur leurs arrières en y débarquant des parachutistes...

Les bordelais s'affligent des revers subis par le vaillant petit pays dont le courage a conquis leur estime et leur sympathie. Ils constituent un comité de secours pour la Finlande dont M. Henri Lawton prend la présidence.

A la même date, la section de la Gironde de la confédération des anciens combattants formule une protestation véhémente contre un article publié par M. Henri de Kérilis dans l'Epoque. Ce professeur de patriotisme a accusé les associations d'anciens combattants de s'être laissé influencer par la propagande hitlérienne.

Du 23 ai 25 février, le département de la Gironde reçoit la visite de la maréchale Lyauté qui vient inspecter les colonies de réfugiés de la Meurthe et Moselle qui ont été installées dans les environs de Libourne, de Sainte-Foy-la-Grande, de Castillon et de Langon. Ils sont quarante mille Lorrains (vieillards, femmes et enfants) que le gouvernement a dû éloigner, dès la déclaration de guerre, de la zone frontière et qui se trouvent perdus et dépaysés parmi ces Gascons si différents d'eux par les moeurs et par le langage.

Le 3 mars, Bordeaux et la région bordelaise participent à la "journée nationale du vin chaud au soldat"... On décrète la "mobilisation du maréchal Pinard"!!! Trois jours après, comme pour faire contraste, l'arrière se voit imposer le régime des trois jours sans alcool... Les habitués de l'apéritif biquotidien en manifestent quelque mauvaise humer... Mais qui peut garantir que quelques infractions ne sont pas commises derrière le comptoir... ?

Le 12 mars, M. Gorges Duhamel donne une conférence aux Jeudis et Samedis littéraire sous ce titre "Souvenir d'un ancien ami de l'Allemagne". Il oppose l'Allemagne de Goethe et de Wagner à l'Allemagne nazie... Certains auditeurs se demandent si c'est aller au fond des choses ?

Nous avons dit à plusieurs reprises que Bordeaux s'est pris d'amour pour la vaillante Finlande. La nouvelle de sa défaite et des conditions de paix draconiennes que lui ont imposées les Soviets est accueillie comme un malheur national... Tout le monde plaint la Finlande, abandonnée à ses seules forces... La "Liberté du Sud-Ouest" paraît avec cette manchette : "Un échec pour les Alliés... Non pour la civilisation".

Le 22 mars, le remaniement du ministère français suscite des critiques. Pourquoi trente cinq ministres et sous-secrétaires d'Etat ? Ce n'est pas un ministère, c'est un petit parlement. Est-ce qui convient en un tel moment ?

M. Reynaud devient président du Conseil et prend les Affaires étrangères, M. Camille Chautemps est vice-président, M. Daladier passe à la Défense Nationale, M. Mandel a le portefeuille des Colonies et M. Albert Sarraut celui de l'Education Nationale, M. Campinchi préside aux destinées de la Marine. Anatole de Monzie est chargé des Travaux Publics, etc...

Il convient d'ajouter qu'un comité de guerre restreint est constitué. Il comprend MM. Reynaud, Chautemps, Daladier, Campinchi, Laurent-Eynac, Georges Monnet, Lamoureux, Mandel et Dautry. Le général Gamelin en fait, bien entendu partie.

Le public commence à se plaindre de la hausse des prix... Certains produits se font plus rares. A partir du 5 avril, la vente du pain dit "de fantaisie" est interdite.

Ce sont de bien petites misères... Mais de multiples indices permettent de pressentir que des épreuves plus graves se préparent... De sourds grondements venus de l'Est annoncent l'orage.

Le 3 avril, les catholiques de Bordeaux oubliant un moment les soucis de l'heure, fêtent un des leurs, le chanoine Martin, ancien aumônier des étudiants, qui est revenu depuis peu de temps du front pour recevoir la consécration épiscopale. Le diocèse du Puy-en-velay lui a été confié. La cérémonie du sacre a lieu à la primatiale de Saint-André, c'est Mgr Feltin, archevêque de Bordeaux, qui officie, entouré de treize archevêques et évêques et de nombreux prélats.

Le dix avril, coup de tonnerre... Les journaux annoncent que l'Allemagne a occupé le Danemark et envahi la Norvège... Les Alliés se précipitent au secours de celle-ci.  Quelques jours plus tard, ils prennent possession de Narvick. "la route du fer des définitivement coupée" s'il faut en croire M. Reynaud.

Le 18 avril, madame la générale Weygand préside , au Théâtre Français, un gala organisé au profit du cinéma aux armées. Elle est reçue par les autorités civiles et militaires et par Mme Jean Maurel, présidente de la section locale de cette oeuvre.

Il est manifeste que la "drôle de guerre" approche de son terme. Il convient de prendre au sérieux le danger de bombardements aériens.

Un avis est communiqué à la population :

                                              EN CAS D'ALERTE :

   1° PENDANT 4 MINUTES CONSECUTIVES, LES SIRENES SONT MISES SIMULTANEMENT EN ACTION. SONS ALTERNATIVEMENT MONTANTS ET DESCENDANTS.

   2° DES CE MOMENT, VOUS DEVEZ ETEINDRE TOUTES VOS LUMIERES, FERMER VOS COMPTEURS (EAU, GAZ, ELECTRICITE.) ET GAGNER RAPIDEMENT LES ABRIS QUI SONT A PROXIMITE.

   EVITEZ DE REGARDER DANS LA RUE.

   3° AUTOMOBILISTES, ARRETEZ-VOUS, ETEIGNEZ VOS PHARES;

   4° LA FIN DE L'ALERTE EST MARQUEE PAR UN SON UNIFORME DE 3 MINUTES.

Une première alerte a lieu le 20 avril ; les Bordelais mettent beaucoup de fantaisie à observer les consignes...

Le dix mai la nouvelle de l'irruption des corps blindés allemands en Hollande, en Belgique et dans le Luxembourg se répand à Bordeaux. C'est avec un intérêt passionné, bientôt mêlé d'angoisse, que les informations publiées dans la presse ou diffusées par la radio sont reçues.

Dès le 20 mai, de nombreux réfugiés belges commencent à arriver... La société belge de bienfaisance du sud-ouest s'occupe de les secourir...

A vrai dire, ce ne sont point des gens sans ressources, comme en témoignent leurs autos étincelantes. Mais c'est leur détresse morale qui fait pitié. Ils sont accablés par les malheurs de leurs pays ; ils sont plus mortifiés encore d'avoir entendu Paul Reynaud accuser leur roi de trahison. Les uns se refusent à renier ce prince qu'ils ont entouré d'un loyalisme si affectueux ; les autres le désavouent, mais en pleurant...

Le 22 mai, à 18 heures, monseigneur l'Archevêque de Bordeaux convoque les fidèles à la cathédrale, pour des prières publiques... Une foule innombrable répond à son appel, toutes classes confondues. Les visages sont tendus ; les coeurs sont fervents.

A partir du 27 mai, les journaux ne paraissent plus que sur deux pages...

L'afflux des réfugiés ne cesse de s'accroître... Des Belges encore, mais aussi des Luxembourgeois et des Français du Nord... La grande marée de l'exode déferle vers le midi. Un service d'accueil est organisé par la Croix Rouge à la Gare Saint-Jean ; il distribue du chocolat et du café aux grandes personnes, du lait aux enfants, des couvertures à ceux qui en manquent.

La police se livre à une large opération de nettoyage dans la région ; elle ramasse un peu au hasard des individus considérés comme dangereux, des étrangers suspects et des déserteurs.

Au lendemain du 10 juin, c'est-à-dire après le coup de poignard donné par Mussolini dans le dos de la France vaincue, les Italiens présents à Bordeaux et dans la région sont convoqués devant diverses commissions de recensement pour être éventuellement internés... Ils sont traités sans ménagement... et pourtant la plupart sont des amis sincères de la France...  Mais subissent le contre-coup d'une indignation légitime.

Le 14 juin dans la soirée, une longue file de voitures s'engage sur le pont de pierre. C'est le gouvernement qui vient chercher refuge à Bordeaux. Comme l'avait fait observer M. Mandel, au cours d'un récent conseil des ministres, "il y avait des précédents"... Bordeaux, qui ne les avait pas oubliés, va les revivre.

Pour la genèse et le déroulement de ces événements historiques, on peut se reporter et s'en reporter à "La défense de la Paix" de Gorges Bonnet - Plon -

Les pages de ce chapitre ;

1940  La Capitale tragique ! (La drôle de guerre).

 Ont été copiées sur le livre :

 BORDEAUX CAPITALE TRAGIQUE (exemplaire n° 1107) de

Louis-Georges Planes et Robert Dufourg - Préface de M. le Général Weygand de l'académie Française -

 Avant propos de l'Amiral d'Harcourt

Editions Médicis   25 mars 1956.