L'effondrement d'un régime mai

 

L'EFFONDREMENT D'UN REGIME ( mai 1940)

   Il nous reste à narrer les événements si dramatiques et si lourds de conséquences qui se sont déroulés à Bordeaux entre le 15 et le 29 juin 1940, c'est-à-dire quand le gouvernement français, une fois de plus, est venu chercher refuge sur les bords de la Garonne. Notre ambition est à ce propos de frayer la voie aux historiens de l'avenir en utilisant les documents et les témoignages écrits ou oraux que nous avons pu recueillir. Mais, auparavant, pour éclairer ces événements, pour les rendre compréhensibles, il est indispensable d'évoquer ceux qui les ont immédiatement précédés. Ceux-ci ont engendré ceux-la.

Nous devons donc, au risque de réveiller notre douleur endormie, rappeler très sommairement, très schématiquement des faits hélas ! Déjà connus, c'est-à-dire les principales étapes de notre désastre militaire et l'effondrement du régime qui en supportait la responsabilité.

C'est le 10 mai 1940 que s'achève la "drôle de guerre"... Le Führer, tranquille à l'est grâce à ses accords avec la Russie, décide de porter à l'ouest un grand coup qu'il espère décisif.

Fatalité ! la veille, le 9 mai une crise ministérielle a éclaté à Paris. Au cours d'un conseil de cabinet très orageux, M. Paul Raynaud président du conseil, a fait le procès du généralissime Grimelin, que M. Edouard Daladier, ministre de la défense nationale a énergiquement soutenu. En fin de journée, le cabinet est virtuellement démissionnaire.

Mais quand on apprend dès le lendemain matin, qu'avant le lever du jour, les divisions allemandes viennent de violer les frontières de trois pays neutres :  la Hollande, la Belgique et le Luxembourg, il n'est plus question de changer de gouvernement ni de commandant en chef.

Deux jours plus tard, les quatre provinces septentrionales, néerlandaises sont déjà occupées par les blindés ennemis, soutenus par une puissante aviation. Une colonne qui a fait sa liaison avec de nombreuses troupes parachutées, fonce sur Utrecht.

Le 15 mai, à 11 heures, le commandant en chef hollandais signe la capitulation de son armée, qui a opposé courageusement toute la résistance qu'on pouvait attendre d'elle mais qui a été littéralement submergée. La reine Wilhelmine et sa famille, ainsi que le gouvernement des Pays-Bas, ont pu gagner l'Angleterre.

La résistance de la Belgique s'avère plus longue et plus efficace. Deux lignes de défense ont été prévues. L'une suit le cours de la Meuse et s'appuie sur les puissantes forteresses de Namur, de Liège et d'Eben-Maël. La seconde, va d'Anvers à Namur en passant par Louvain et Wawre.

Le 13 mai, la première ligne est forcée. Entre-temps, le général Gamelin a décidé de se porter au secours de la Belgique et de la Hollande et le camp retranché de Dunkerque a envoyé par mer un corps de débarquement. Dès le 12 mai, la 7ème armée, que commande le général Giraud, a atteint la ligne Termonde-Tilbourg et l'armée britannique de lord Gort est arrivée jusqu'au rives de la Dyle.

Mais une catastrophe survient. Le 13 mai, le front français est crevé au centre, au nord de la ligne Maginot, entre Namur et Sedan, par les panzerdivision. Celles-ci, par la brèche ouverte, sans se préoccuper de ce qu'elles laissent derrière elle, filent d'abord vers l'ouest, puis remontent vers les ports de la Manche. Les unités d'infanterie suivent. L'aile gauche de la 2e Armée (général Huntziger), démoralisée par les attaques en piqué des stukas, a été bousculée et la 9e armée (général Corap), surprise et vite décontenancée, a été pulvérisée. Une manoeuvre d'encerclement se dessine. Elle se développe de jour en jour du fait que les premières contre-attaques manquent leur but.

Le groupe de nos armés du nord (G.A. 1) qui est sous les ordres du général Billotte, est obligé de se replier méthodiquement.

Le général Gamelin essaie éperdument de boucher la brèche creusée par les panzer. C'est en vain. Les blindés ennemis disloquent la 9e armée ; le général Giraud est fait prisonnier avec tout son état-major. Après quoi, les mêmes blindés traversent l'Oise, descendent la vallée de la Somme et arrivent devant Amiens.

Le 16 mai, Winston Churchill se rend à Paris. Le général Gamelin et le président Paul Raynaud ne lui cachent rien du tragique de l'heure, qu'il a peine à réaliser. Le premier anglais finit par promettre un concours plus large de l'aviation britannique. Il repart en affirmant que, même si la France était vaincue et envahie, l'Angleterre continuerait à se battre en escomptant l'entrée en lice des Etats-Unis.

Le 18 mai, M. Paul Reynaud décide de modifier la composition de son cabinet. Il assume la charge de ministre de la Défense Nationale, à la place de M. Daladier à qui il attribue les Affaires Etrangères. M. Georges Mandel est nommé ministre de l'Intérieur. Le maréchal Pétain, rappelé de Madrid par télégramme, reçoit le titre de vice-président du Conseil.

Le lendemain, M. Paul Reynaud accueille le général Weygand à qui il a demandé de rentrer d'urgence de Syrie. Il insiste auprès de lui pour qu'il prenne le commandement en chef qu'il est bien résolu, cette fois, à enlever au général Gamelin. Le général Weygand accepte "par esprit de devoir et en totale abnégation". En quittant le président du Conseil, il dit à M. Baudouin : "Vous aviez raison quand, le jour de mon départ vous m'aviez annoncé que je serais rappelé par avion et que j'arriverais après un désastre !" Et comme M. Baudouin s'enquiert de sa première impression, le général répond : "Mauvaise. C'est très grave, mais il ne faut pas désespérer".

Dès le 20 mai, le nouveau généralissime, en collaboration avec le général  Georges, qui conserve les fonctions qu'il avait sous Gamelin, se met au travail. Il est très frappé par la panique que les Allemands, grâce à l'emploi qu'ils font de leurs divisions cuirassées et de leur aviation, ont réussi à provoquer dans certaines unités et aussi dans la population civile. Un immense et lamentable exode a commencé qui encombre les routes et gêne le mouvement des troupes.

La situation ne cesse d'empirer.

Le 20 mai, les Allemands sont à Abbeville et le 21 ils atteignent les côtes de la Manche, ayant couvert 350 kilomètre en onze jours.

Les armées alliées sont maintenant coupées en deux. Le plan de Weygand est de rétablir la liaison entre elles en tranchant par une double offensive concentrique la tentacule allemande, entre Bapaume et Chaulnes.

Pour s'assurer que ce plan sera exécuté, Weygand se rend le 21 mai en Belgique, au prix d'un voyage difficile et périlleux. Il rencontre le roi des Belges et le général Billotte à Ypres. Le général Gort reste introuvable. Le lendemain, Weygand a un entretien avec Churchill qui approuve ses décisions.

Au soir de la conférence d'Ypres, le général Billotte est mortellement blessé dans un accident d'auto et remplacé par le général Blanchard, commandant la 1re Armée.

La manoeuvre voulue et ordonnée par Weygand se heurte à des difficultés imprévues. Les Anglais qui voient leurs communications menacées, commencent à regarder vers la mer et n'accomplissent pas l'effort qu'on attendait d'eux. A aucun moment, les armées française ne se trouvent en état de dominer l'ennemi. Les Belges coincés dans un réduit de plus en plus resserré, abandonnent la lutte le 26 mai.

Le 27 mai, la campagne des Pays-Bas et des Flandres s'achève par un désastre : l'armée belge est hors du jeu : neuf divisions britanniques et quinze divisions françaises, acculées n'ont qu'un port d'embarquement : Dunkerque.

L'évacuation par Dunkerque s'effectue dans des conditions à la fois héroïques et atroces. 225 000 Anglais et 112 000 Français sont sauvés. Mais le matériel est entièrement perdu. C'est le tiers des forces alliées qui est pratiquement annihilé.

Dès le 25 mai, au cours d'une réunion du comité de guerre, après un lumineux exposé de la situation militaire à ce jour fait par le généralissime, M. Paul Reynaud a envisagé (sans d'ailleurs l'accepter) l'hypothèse d'un armistice et M. Lebrun celle d'une paix séparée. M. Reynaud a précisé qu'il était personnellement partisan d'une "lutte à mort" et qu'aucune offre de paix séparée ne pouvait être examinée sans en référer à l'Angleterre. Le Maréchal Pétain a objecté qu'il n'y avait pas de réciprocité complète de devoirs entre la France et L'Angleterre ; que chaque nation avait des devoirs vis-à-vis de l'autre dans la proportion de l'aide que l'autre lui avait donnée ; or l'Angleterre n'avait engagé à cette date que 10 divisions tandis que 90 divisions françaises se battaient. Il fallait tenir compte, non seulement des efforts militaires accomplis, mais des souffrances qui attendaient les deux pays. M. Campinchi se refusa à entériner la thèse du Maréchal mais suggéra qu'un autre gouvernement serait moins gêné pour traiter éventuellement avec l'Allemagne. (1)

(1) Nous nous en rapportons pour cette réunion du Comité de Guerre du 25 mai au procès-verbal rédigé immédiatement par M. Baudouin. Il convient  cependant d'indiquer que M. Reynaud, quand ce document lui fut soumis, peu après la séance, effaça le fragment de phrase où le mot d'armistice était mis dans sa bouche. Ultérieurement, M. Lebrun et les amis de M. Campinchi ont nié les propos qui lui étaient attribués. Il est permis d'attacher plus de valeur à une instantanée sincère qu'à une photo retouchée.

Tout le monde parut d'accord pour soumettre au plus tôt à l'Angleterre le cas de conscience qui pouvait se poser prochainement à la France.

Pour terminer, le comité de guerre du 25 mai a décidé que, si le gouvernement était contraint d'abandonner Paris, c'est à Bordeaux qu'il serait transféré.

A la suite de cette réunion, M. Baudouin  a reçu la visite du maréchal Pétain qui lui dit :

"C'est une chose facile et stupide de déclarer qu'on luttera jusqu'au dernier homme. C'est criminel aussi étant donné nos pertes de l'autre guerre et notre faible natalité. Et puis, qu'est-ce que cela veut dire ? On le dit et on ne le fait pas. Il faut sauver une partie de l'armée, car sans une armée groupée autour de quelques chefs pour maintenir l'ordre, une vrai paix ne sera pas possible et la reconstruction de la France n'aura pas de point de départ".

Le maréchal a avoué qu'il n'avait pas dormi de la nuit. Il avait les larmes aux yeux (cet homme de marbre) en disant à M. Baudouin que c'était une épreuve affreuse pour lui, qui était dans se 85e année et qui n'avait jamais eu qu'un désir, servir son pays jusqu'au bout, d'être obligé de le servir dans ces terribles conditions.

Le 28 mai, le général Weygand remettait une note signée au président du conseil pour attirer son attention sur la nécessité d'envisager toutes les hypothèses, même celle "où la France se trouverait dans l'impossibilité de continuer une lutte militairement efficace pour protéger son propre sol".

En réponse, M. Reynaud demanda au commandant en chef de prévoir "la mise en état de défense d'un réduit national autour d'un port de guerre" (le "réduit breton" dont il sera reparlé) et de renforcer le potentiel de guerre de l'Afrique du nord !...

Le général Weygand était septique quant aux résultats qu'on pouvait attendre de ces deux mesures qui, en toute occurrence, ne changeraient rien à la nouvelle bataille imminente sur la Somme et en Champagne. C'est cette bataille qui occupait tout son esprit. 

Le 31 mai, le conseil supérieur interallié tient une réunion à Paris. Réunion extrêmement émouvante. Churchill décrit le calvaire des troupes anglaises qui refluent sur Dunkerque. Il aurait donné l'ordre d'embarquer les blessés en dernier pour récupérer le plus possible de combattants valides ! Il avoue qu'il ne pourra envoyer prochainement en France aucun renfort. Si une petite armée allemande débarquait en Angleterre, elle ne rencontrerait pas une force équivalente. Mais la population civile résisterait avec une énergie farouche.

A M. Reynaud qui insiste pour que l'aviation britannique donne à fond sur la Somme et sur l'Aisne le premier britannique répond par une promesse si réticente qu'elle équivaut à un refus.

Pourtant il manifeste qu'il comprend les épreuves inouïes que la France subit et s'en montre très affligé.

Et il termina ainsi :

"Si l'un des deux camarades tombait, l'autre ne déposerait les armes qu'après avoir relevé le camarade tombé !"

Le général Weygand sait que son front de bataille est trop étiré et qu'il ne constitue qu'une barrière assez fragile qui a de fortes chances d'être rompue aux points les plus faibles. Afin d'arrêter le flot envahisseur, il inaugure la tactique défensive des points d'appui fermés, dite des "hérissons". Mais pour la mettre au point, le temps est bien court.

Le 5 juin, l'avalanche allemande se précipite sur la faible ligne française, de la mer au confluent de l'Ailette et de l'Aisne. L'ennemi dispose de têtes de pont sur la Somme d'où nous n'avons pas réussi à le déloger... et la disproportion des forces est énorme.

Le général Weygand lance aux troupes l'ordre du jour suivant :

"La bataille de France est commencée. L'ordre est de défendre nos positions sans esprit de recul. Officiers, Sous-Officiers et Soldats de l'armée française, que la pensée de la patrie blessée par l'envahisseur vous inspire l'inébranlable résolution de tenir où vous êtes... Accrochez-vous au sol de la France... Le sort de la patrie, la sauvegarde de ses libertés, l'avenir de ses fils, dépendent de votre ténacité".

Le 6 juin, Paul Reynaud prononce une allocution radiodiffusée où il apporte aux Français "des raisons d'espérer". Il montre le risque de la défaite". C'est de voir s'installer en Europe et au-delà de l'Europe, un régime d'oppression, où les hommes de sang non allemand n'auront plus qu'un rôle d'esclave". A la suite d'observations formulées par le maréchal Pétain, il renonce à imputer aux seuls militaires la culpabilité de nos revers : "Nous ne perdrons notre temps, quand la patrie est en danger, à des débats de responsabilités. Nous n'affaiblirons pas la France en la divisant. Les responsabilités, nous en portons tous, autant que nous sommes, chacun de nous, chacun de vous, chaque élu, pour clore ce chapitre de notre histoire et travailler, avec la farouche énergie d'hommes dont les yeux se sont ouverts". Chaque électeur... Le premier de nos devoirs est de reconnaître nos propres torts. Dans leurs gouvernements successifs et dans leur esprit public, les démocraties ont, depuis longtemps, manqué de clairvoyance et d'audace. L'idée de la patrie, l'idée de la valeur militaire ont été trop négligée. Disons-le une fois pour toutes pour clore ce chapitre de notre histoire et travailler, avec la farouche énergie d'hommes dont les yeux se sont ouverts".

Ces mots rendent le même son que certains messages ultérieurs du maréchal Pétain qu'on a considéré comme humiliants.

A l'heure où s'engage la bataille décisive, M. Reynaud, talonné par Weygand insiste inutilement auprès de l'Angleterre pour qu'elle jette, dans la balance des forces en présence, tout le poids de ses unités disponibles et surtout pour que les puissants moyens dont dispose la R.A.F. soient employés sans réserve sur le continent.

D'autre part le gouvernement français poursuit avec un zèle redoublé les démarches déjà entreprises depuis plusieurs semaines pour empêcher l'Italie d'entrer en guerre. Ce sera en vain. Le Duce a résolu de lancer son pays dans une aventure qu'il croit fructueuse, et qui se révélera finalement aussi catastrophique que déshonorante. (1)

(1) Nous connaissons par M. Charles-Roux, alors secrétaire général des Affaires Etrangères, les propositions faites en dernière heure à Rome pour détourner le coup de poignard qui nous menaçait. Nos concessions allaient très loin. A quoi bon ? Depuis la fâcheuse affaire des sanctions, Mussolini, ulcéré, avait choisi son camp et notre défaite avait renforcé sa décision.

Nous n'écrivons pas une histoire de la guerre... Rappelons donc simplement que, le 10 juin à 11 heures, le général Weygand est amené à remettre au président du conseil une notre qui lui expose ainsi la situation militaire :

 "... Au matin de ce sixième jour de la bataille, je dois constater que les attaques ennemies nous obligent à des reculs de plus en plus profonds. Chaque jour l'adversaire augmente vers l'Est l'étendu de son offensive. Grâce au nombre d'unités fraîches dont il dispose, il peut donner plu d'ampleur encore à ses entreprises dont le front s'étend déjà de la Manche à l'Argonne.

" En un point de ce front, les unités cuirassées allemandes sont parvenues, par l'exploitation rapide d'un succès partiel, à séparer en deux les forces de notre armée de gauche et à menacer sérieusement la Basse-Seine.

"Nos armées se rétablissement sur le front Basse Seine, position de sûreté de Paris, Marne, dernière ligne sur laquelle nous puissions espérer une résistance efficace.

"Je terminais ma note du 29 mai en précisant qu'il pourrait venir un moment à partir duquel la France se trouverait, malgré sa volonté, dans l'impossibilité de continuer une lutte militairement efficace pour protéger son sol. J'ajoutais que ce moment serait marqué par la rupture définitive des positions de défense sur lesquelles les armées françaises ont reçu l'ordre de se battre sans esprit de recul.

"Je suis loin d'avoir perdu tout espoir d'arrêter l'ennemi ainsi qu'en témoigne mon ordre d'hier. Nos armées se battent et leurs manoeuvres sont encore coordonnées.

"Mais les événements des deux dernières journées de bataille me font un devoir d'avertir M. le président du conseil que la rupture définitive de nos lignes de défense peut survenir d'un moment à l'autre.

"Soit que l'adversaire réussisse à se saisir des passages de la Basse Seine et à déborder par le sud de la région parisienne.

"Soit qu'il parvienne en Champagne à pousser une autre incursion profonde d'engins blindés.

"Soit qu'enfin nos divisions, recrues de fatigue et diminuées par les pertes, soient impuissantes, sous la pression d'un ennemi trois fois plus fort, à se rétablir solidement sur la ligne de la Basse Seine, position de Paris-Marne.

"Si pareille éventualité se produisait, nos armées continueraient à combattre jusqu'à l'épuisement de leurs forces et de leurs moyens. Mais leur dissociation ne serait plus qu'une affaire de temps."

Désormais les événements vont se précipiter : 

Les pages de ce chapitre ;

L’EFFONDREMENT D’UN REGIME1940

Ont été copiées sur le livre :

 BORDEAUX CAPITALE TRAGIQUE (exemplaire n° 1107) de

Louis-Georges Planes et Robert Dufourg - Préface de M. le Général Weygand de l'académie Française

 Avant propos de l'Amiral d'Harcourt

Editions Médicis   25 mars 1956.