MICHELE PERREIN - BL 1985

 

En 1985 ? LE SALON DU LIVRE A EU LIEU A BLANQUEFORT, rue du Docteur Castera, sous un immense chapiteau gonflable, avec un sas d'entrée. Cette manifestation a été inaugurée et le ruban découpé par Jean-Pierre Delhomme, Sarah et Lynda tenaient le ruban, il manquait juste les ciseaux.

Je tenais avec Benoît Gaubert, le stand du G.A.H.BLE, qui avait 1 an, où nous vendions les publications d'Alain Tridant, et le livre de Raymond Vallet (qui avait été édité grâce à mon vote qui avait donné la majorité à son édition. Il était jugé trop simple, trop brouillon, mal conçu, par de nombreux membres du G.A.H.BLE, mais moi, je croyais qu'il contenait de précieux renseignements sur la passé récent de notre village). De nombreux écrivains étaient présents, ils donnaient des conférérences dirigées par Annie Aubert. Elles avaient lieu dans les anciens locaux de l'A.B.C., rue de la République.

Les bibiothécaires et les enseignantes avaient préparé cette venue avec les enfants. Les écoliers pouvaient poser des questions sélectionnées aux écrivains et aux dessinateurs, auteurs de livres pour enfants.

Pour la première fois, j'ai vu un dessinateur de B.D. à l'oeuvre, très entouré par ses admirateurs.

Je vais essayer de faire un travail de mémoire concernant les noms des écrivains présents, seuls quelques noms, très peu, me revienntent, cependant, ils étaient très nombreux.

Je me souviens de Susie Morgenstern, dont c'était les débuts, mais déjà très appréciée des bibliothécaires pour ses livres en direction du jeune public ?

Je me souviens de Lucie et Raymond Aubrac ? il était question de resistance à Lyon.

Je me souviens de Michel Peyramaure, avec son livre "L'orange de Noël" ?

Du dessinateur, George Lemoine, tout jeune, qui illustrait les des livres pour enfants de Le Clézio ?

LA ROMANCIERE, ESSAYISTE ET JOURNALISTE MICHELE PERREIN ETAIT PRESENTE.

Sud-Ouest du 15.02.2010 - Thomas La Noue -

ENTRE GARONNE ET FEMINISME

Nécrologie. La romancière, essayiste et journaliste Michèle Perrein s'est éteinte à la Réole (33)

Une sale maladie, celle qui met les femmes et les hommes hors le monde et les réduit à un corps sans passé et privé d'avenir, aura eu raison de Michèle Perrein. La romancière, essayiste et journaliste s'est éteinte à la fin de la semaine dernière à la Réole, où elle était née en 1929.

Fin d'autant plus douloureuse que Micèle Perrein était la vivacité même, toujours prête à s'enflammer pour un sentiment, pour une cause, pour un lieu. Ce n'est pas par hasard que son premier roman, publié dès 1956, avait pour titre "La Sensitive". Par-delà la métaphore florale, elle y avait déjà mis beaucoup d'elle-même.

Fille et petite-fille d'industriels installés à la Réole, elle commence des études de droit à Bordeaux avant de s'échapper vers Paris où elle vivra quelque temps de petits boulots, tout en suivant les cours du Centre de formation des journalistes.

"Le Buveur de Garonne"

Elle sera vite attiré par les faits divers, et surtout par le théâtre judiciaire qui la passionnera tout au long de sa vie et lui vaudra de collaborer avec Clouzot au scénario de "La Vérité", film qui réunissait Gabin et Bardot alors au faîte de leur carrière.

Romancière "lancée" comme on dit alors, journaliste sollicitée, épouse de Jacques Laurent, alias Cécil Saint-Laurent, elle va jusqu'au début des années 70 publier une dizaine de romans (entre autres "Barbastre", "Le Petit Jules", "La Chineuse", "La Partie de Plaisir"...). Le dixième, précisément, "Le Buveur de Garonne", va rencontrer un grand succès public et sera couronné par le prix des libraires.

Prix interallié

Paradoxalement, c'est à ce moment là que la  journaliste va reprendre le dessus sur la romancière et plubier une suite d'essais et de réflexions sur la condition féminine ; "Le Mâle aimant", "Entre-chienne et louve", "Ave Caesar" vont faire d'elleavocate de la cause des femmes, une  en marge cependant du couran militant de l'époque alors dominé par le MLF.

Elle reviendra au roman en 1984 avec "les Cotonniers de Bassalane", largement inspirés d'un lieu précis du bassin d'Arcachon, le domaine de Certes, et qui cette fois lui vaudront le prix interallié.

D'une manière générale, la Gironde, les Landes où elle aimait se retirer dans la forêt, près de Garein, auront servi de cadre à beaucoup de ses oeuvres. Elle trouvait là des lieux, des paysages qui étaient à la fois défi et refuge pour des personnages en quête d'eux-mêmes. Comme s'il faillait toujours partir ou rêver au loin pour mieux revenir.

Depuis vingt ans et "La Margagne" Michèle Perrein n'avait plus rien publié. Très affectée par le décès brutal de son compagnon, Michel Adam dit Adam Thalamy, avec qui elle avait écrit "Ave Caesar", elle s'était séparée de l'abbaye de Saint-Ferme dans la restauration de laquelle elle avait investi autant d'énergie qu'elle en mettait à écrire.