Le GRAND CLAPEAU

 

 

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                                      Chanson des truands ( Chanson à boire....). de Jean Richepin

 

Le GRAND CLAPEAU de Jean François Joseph Elysée AVIRAGNET 1850 à Pierre PERRIN 1905

 

Situé à Caychac, au nord de la commune de Blanquefort, en limite du Pian Médoc, le Grand Clapeau est un domaine viticole qui produit aujourd’hui un Cru bourgeois du Médoc.

Jean François Joseph ElyséeAviragnet, né le 20 juillet 1828 à l’Ile Maurice, en a été de 1850 à 1864 l’un de ses propriétaires ainsi que sa mère Lise Chauvot (aussi propriétaire de la Faisanderie autre nom du château Campot à Caychac) et avec son épouse Lucie Hippolyte Anaïs de Ravel de l’Argentière issue d’une noble famille de la Mure dans l’Isère et veuve de Jules Charles Bourgault du Coudray.*1

 Son frère Joseph Camille Aviragnet et sa belle soeur Marguerite Adeline Moreau étaient eux aussi copropriétaires du domaine jusqu'au douze octobre 1864.

Jean François Joseph Elysée Aviragnet a ensuite émigré à Trinidad puis aux Etats Unis où il est devenu directeur de la prestigieuse Bucknell School of Music. Il meurt en 1908 et est inhumé au cimetière de Lewisburg en Pennsylvanie.*2

 Le Grand Clapeau a été acheté par Edouard Avril le 12 octobre 1864. Dans son testament daté du 18.08.1879 il stipule « Sur la part de mon fils Eugène Avril, j'ai le droit de disposer d'un tiers ; ce tiers je le lègue par préciput à mon dit fils Eugène Avril mais à la charge restituer cette fraction de ma succession à ses enfants nés et à naître au premier degré seulement, (.........) Pour fournir la part ainsi grevée de substitution que je lègue à Eugène, il lui sera attribué jusqu'a concurrence. Ma propriété du Grand Clapeau et ses dépendances, telle que je l'ai formée et avec les annexes que j'y ai faites et celles que je pourrai y faire encore  » *3. Donc, à sa mort en 1880, c'est son fils Eugène Avril, ingénieur civil, qui en hérite mais il décède le 2 août 1884, ses filles Marie Marthe née à Blanquefort le 22 août 1874 et Madeleine Rachel née à Blanquefort le 29 août 1878 mineures à sa mort en hériteront à leur tour.

Après une longue procédure pour le règlement de cette succession, Pierre Perrin, entrepreneur de travaux publics, s'en portera acquéreur au tribunal de première instance de Bordeaux le 10 décembre 1895. Il fera prospérer l'exploitation avec Arnaud Chauvin dit Léon, son régisseur.

Agé de 69 ans son fils unique, Désiré Perrin, entrepreneur, est décédé accidentellement en 1899 et son petit fils Gabriel n'a que 19 ans, il le revendra le 10 août 1905*5 dix ans plus tard.

Selon cet acte de vente à Denis Poupard le Grand Clapeau était : « Une vaste propriété ou domaine dénommée situé commune de Blanquefort chef lieu de canton et par extension commune du Pian, même canton de Blanquefort d'une contenance totale mais approximative de cent quinze hectares comprenant dans son ensemble :

             Grande maison d'habitation forme château de style moderne composé de pavillon central et deux ailes à droite et à gauche.

             Cour au nord, du château, chais, cuvier, tonnellerie, hangars, écuries, remises parcs à bestiaux, logement de domestiques et employés, granges et autres bâtiments divers de servitudes ou ses dépendances.

            Vignoble, prairies, pâtures et terres labourables, landes, bois et taillis, bois de pins et d'acacias et autres natures de fonds, notamment une grande parcelle de prairie sise près du village de la Rivière, susdite commune de Blanquefort. Dans une obligation du 28 janvier 1905 il est noté dans le descriptif du  Grand Clapeau entre autres: maisons de colons  » ?

 Ecrire sur les familles Avril et Perrin propriétaires du Grand Clapeau, aujourd'hui, c'est évoquer indirectement la construction des lignes du chemin de fer du Médoc ? Préoccupation d'actualité en 2009 comme en 1866.

 

 

*1- Bordeaux ses environs et ses vins 1850 par Charles Cocks (Feret Fils, Libraire-éditeur 15 fossés de l'Intendance).

*2- En 1890, Elysée Aviragnet, qui avait été employé, comme professeur de musique et professeur de langues romanes à l'Institut en 1887, est devenu le directeur de l'Institut de musique de l'université  Bucknell à Levinsburg créée en 1865. L'école de musique offrait alors des leçons de piano, d'orgue, d'harmonie, de violon, d'alto, de violoncelle, de contrebasse, de guitare, de mandoline, de clarinette et d'autres instruments.

*3- Les 53 parcelles et les noms des propriétaires à qui elles ont été achetées feront partie d'une publication ultérieure.

*4- Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite par Ch. Cocks, 7ème édition refondue et augmentée par Edouard Féret (Feret & fils, Editeurs, 15 cours de l'Intendance). 

 Inventaire de 1906.

Chauvin veuf de Marie Techeney, Eugène Avril avait été témoin à son mariage, deuxième mari d'Anna Rose Sabatier veuve de Désiré Perrin et mère de Gabriel Perrin.

*5- Acte de vente passé au Grand Clapeau le 10 août 1895 vente Pierre Perrin à Denis Poupard notaire Louis Dugravier à Blanquefort.

                                      Elliane Delahaye descendante de Pierre Perrin.

 

  

     - Sources Elliane Delahaye.

 

L'écrivain américain Philip Roth, né le 19 mars 1933 à Newark dans le New Yersey, a fait une partie de ses études à l'université de Bucknell.

Le 14 juin 2011

Sur internet, un site concernant l'histoire des quartiers en cartes postales, Henri Bret évoque le château du Grand-Clapeau, et malgré mes articles dont il a copié une partie, étrangement le nom de Pierre Perrin ne figure pas dans la liste des propriétaires de celui-ci, juste après la famille Avril. C'est de bonne guerre. Je me permets de signaler que l'on a intérêt d'omettre cette famille native de Caychac qui compte deux historiens, des vrais, l'un agrégé d'histoire et l'autre agrégé d'histoire en 2002, et docteur en histoire moderne de l'Université Paris IV (Sorbonne) en 2008.

Ce qui est amusant, c'est que Roger Bret, fils de charron, a fait don au G.A.H.BLE d'une plaque de charrette au nom de Pierre Perrin, propriétaire du Grand Clapeau.

Pendant plusieurs années, je me suis demandée s'il était vrai nous avions été propriétaires dans la famille du Grand-Clapeau, et j'ai posé la question aux membres du G.A.H.BLE qui n'ont pas su me répondre, et m'ont conseillée de faire des recherches. Comble de l'indifférence, cette plaque qui prouvait l'exactitude de cette propriété était à la maison du patrimoine, supendue dans une salle, à la vue de tout le monde, mais à cette période je n'y avais pas accès.

Les publications se suivent en n'échappant à la règle, ne citant pas PIERRE PERRIN, qui figure dans Bordeaux et ses vins édition Feret 1898. Pourquoi en est-il ainsi... famille a-t-elle démérité de la mémoire de Blanquefort ?