NICOLE AVRIL/ISIS

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NICOLE AVRIL TEMOIGNE, ET NOUS COMPRENONS MIEUX CEUX QUI NOUS ONT PRECEDES, COMME CEUX QUI NOUS SUCCEDENT EN PASSSANT PAR NOUS-MEMES.

Le Figaro Livres - Voyage en Avril de Nicole Avril - La romancière propose un témoignage intime sur celui qui lui a donné la vie - par Blaise De Chabalier le 18.02.2010.

Est-il possible de vraiment connaître un jour ses parents ? à la mort de son père Nicole Avril se pose cette question. Et c’est en prenant la plume qu’elle part à l’aventure, bien décidée à en savoir plus sur l’homme qui lui a donné la vie. La romancière choisit cette fois-ci d’oublier la fiction. Elle propose un récit intime, un témoignage poignant, sur celui qu’elle a aimé avec une admiration immmense mais complexe. A travers cette quête pourtant si personnelle, chacun se sent convié à réfléchir sur sa propre expérience.

Nombreux sont les lecteurs qui se reconnaîtront dans les difficiles moments que décrit d’emblée et avec force l’auteur, quand elle accompagne son père âgé de 97 ans, jusqu’au seuil de la mort. Les mots sont à la fois directs et pudiques. Juste après le décès d’Yves Avril, les mots de sa fille, qui a déjà perdu sa mère quelques années auparavant, sont simples et vrais : "Je ne souffrais pas encore, j’étais dans l’inconnu d’un monde dont j’ignorais tout. J’étais désormais seule comme je ne l’avais jamais été." A partir de cette solitude due à la séparation Nicole Avril s’est glissée dans celle de l’écrivain pour mieux connaître et finalement mieux comprendre son père.

FAIT COMME UN RAT

Un homme de peu de mots, dont les talents multiples sont finalement restés en marge d’une vie de fonctionnaire des postes. Bien sûr, Yves Avril s’acquittera fort bien des exigences de son métier (il fut un exellent formateur), mais ses passions étaient ailleurs, dans les sciences, les mathématiques, la littérature ou encore la peinture. Inventeur deu dimanche, il déposa même quelques brevets. Notamment en 1947 pour une boîte de vitesse automatique !

Face à ces talents paternels, Nicole Avril, pose un regard admiratif, attendri, mais aussi amer et parfois même violent. Si son père ne s’est jamais plaint, elle sent bien qu’il est passé à côté de ses rêves. Elle cite notamment Georges Duhamel, dont le héros du Journal de Salavin ressemble tellement à l’auteur de ses jours : "Tant bien que mal je gagne ma vie. Un emploi quelconque, obscur, et qui correspond (...) à mes aptitudes (...) j’ai beaucoup lu, j’ai réfléchi, j’ai souffert. Je me suis élevé dans ma détresse. Ma culture est incomplète mais je ne suis pas un pur ignorant..." Pour résumer ce que vécut Yves Avril, sa fille lance, comme un couteau : "Tu étais fait comme un rat, mon père."

Nicole Avril explique qu'elle refusa elle, de mener une existence tronquée. Un combat difficile, non pas contre un homme, mais en réalité pour lui. De ses débuts de comédienne à la révélation de l'écriture, jusqu'à la publication de ce récit, à chaque fois, Nicole Avril ne fait qu'une seule chose : lancer des messages d'amour à son père si mystérieux et si séduisant.

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Richard BERLING avec Sophie BLANDINIERE : "Aujourd'hui maman est morte" - Flamarion -

PATRICK POIVRE D'AVOR  : "L'expression des sentiments" - Stock -

Yves SIMON : "Un homme ordinaire" - NiL -

Roland BARTHES : "Le mal de mère" - "Journal de Deuil"

Delphine de Vigan : "Rien ne s'oppose à la nuit"

Michel TREMBLAY : "Un ange cornu avec des ailes de tôle". Leméac/Actes Sud - Chroniques du plateau Mont-Royal.

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DAVID LODGE "La vie en sourdine"  février 2010 éditions RIVAGES - Traduit de l'anglais par Maurice et Yvonne Couturier -

Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité. Il consacre son ordinaire à la lecture eu Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé, là-bas, dans son petit pavillon londonien. [...] Pendant ce temps, son père matial continue à vouloir vivre à sa guise.

Dans ce livre il va en Pologne et visite Oswiecim (nom polonais de la ville d'Auschwitz).

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Ce 14 février 2012, je cuisine des cèpes et mes pensées me conduisent vers Nicole Avril. Il me revient à la mémoire cet été 2003 où j'avais loué une ancienne forge réhabilitée à Jau-Dignac et Loirac, en médoc. Le proprétaire qui aimait les roses et les objets anciens avait fait ses études à l'école d'agriculture de Blanquefort. Dans une immense pièce il y avait un grand bureau de cadre de la poste, tamponné. Sa mère, une érudite, qui avait vécu dans cette demeure possédait une bibliothèque très fournie et diversifiée, dont je pouvais disposer, c'est là dans la roseraie que j'ai lu :"les gens de Misar" c'était le début du mois de juillet et déjà la canicule sévissait. Au nord sur le rebord d'une petite fenêtre au dessus d'un massif d'hortensias, une reinette passait ses journées au frais. J'avais le pressentiment oppressant qu'un de mes enfants était attiré par Misar comme par un aimant, et je savais que l'on n'en revient pas. Cet élé là, à Royan, invités par un jeune chirugien en remplacement, nous avons recontré M.-Yves, son beau-père, qui nous a dit avoir partagé un repas récemment avec Nicole et J.P..Il faut quand même souligner qu'il avait des attaches à la Rochelle. C'est une partie de ma ronde d'Avril.