Livre Dabadie - souscripteurs

 

Guy DABADIE - Diplômé de l'Académie Nationale des Belles Lettres de Bordeaux -

BLANQUEFORT ET SA REGION A TRAVERS LES SIECLES

Bordeaux imprimerie René SAMIE, 21-23 rue Teulère -

Achevé d'imprimer le 29 novembre 1952

M. Le Dr Maurice ALBIENTZ, rue Gambetta - M. ALBY, Chalet Pénanguere - M. André AURIOLA, rue de la république, Mme la Vicomtesse d'Arlot de Saint-Saud, château Dillon - M. André AUBRY, place de l'Eglise - 

M. Louis BACQUEY, la Palu-Grattequina - M. Gaston BALGUERIE, Corbeil - M. Gérard BAQUEY, charron-forgeron - M. BARBILLE, Maurian - M.Claude BARRA, professeur, Bruges -  M. Roland BAVA, 38 avenue M. Berthelot, le Bouscat - M. J.Claude BELLIARD, 21 rue Blanqui, Cenon - M. Marcel BEREAU, le Clos - M. Maurice BERNIARD, Maurian - Mme BERTRAND, Caychac - M. Jacques BESCHEMIN, 96, rue Pasteur, Pessac -  M. Raymond BEYLAC, Maurian - M. Gérard BIDOU, rue de la république - M. Marcel BIDON, le Vivey, Caychac - M. BINAUD, Château Cantemerle, Macau - M. André BIOTTEAU, Mataplan - Melle Sylvette BIRET, rue Gambetta - M. Ingeborg BIRTING, Kristiansand'S, Norvège - M. Edmond BLANC, adjoint au Maire, Caychac - M. Charles BONABAL, professeur technique -M. Jean BONNEVILLE, Rue Brémontier, Bordeaux - M. Georges BONNIN, camp du Tanaïs -M. Antoine BORIE, Saint-Médard-en-Jalles -  M. Jean BOS, entrepreneur - M. André BOSC, Maison rouges - M. Charles BOSSEUX, Caychac - M. Charles BOUCHARDEAU, conducteur de chantier - Melle Madeleine BOUGES, Caychac - M. Gilbert BOURDIN, étudiant - M. BOUYER, 195, avenue de la libération le Bouscat - M. André BOZELLE, Caychac -

M. Léopold CARME, adjoint au Maire - M. Bernard-Gaston CASSY, la Gravette - Mme J. CASTELLA, chirugien dentiste - M. le Dr. Robert CASTERA - Centre Public d'Apprentissage - M. Henri CHESNEL, 64, avenue de Gaulle, Caudéran - M. Robert CHEVRIER, gendarmerie - M. Robert CLAVERIE, le Vigean Eysines - M. André CLUZAN, rue Gambetta - M. COMET, secrétaire hôtel de ville de Bordeaux, Conseil Général de la Gironde - M. Henri COURBIN, le Clos - M. Jacques COURJAUD, Saint-Girons de Blaye -  M. Georges COURBON, 10 rue de la renaissance, Bordeaux -  M. Jean COUTOULA, conseiller municipal - Mme CRUCHADE, boulevard Alcide Lançon - Mme CRUSE, Château du Taillan-Médoc - M. Roger CURE, 34, rue Godard, Caudéran.

M. Etienne DABADIE, Avenue de Gaulle - M. Yves DAGOURY - M. Jean DAILL, rue de la République - Mme Henriette DAYRE, Caychac - M. Jean DEDIEU, avenue de Gaulle - M. Abel DEJEAN, Maurian - M. Charles DELAS-DUVERNES, rue de la République - M. Yves DELER, professeur agrégé d'Histoire, Bordeaux - M. Joseph DELHOMME, la Gabarreyre - M. Pierre DELHOMME, le Clos - M. André DERIS, Conseiller municipal -M. Fernand DIEUDONNE,3, rue Goubeau, Bordeaux - M. Lucien DOSSETT, adjoint d'économat -  M. Georges DROUOT, économe C.P.A. - M. Alain DUBERGES, Talais-Médoc - Melle Denise DUBERNET, employée des P.T.T. - M. Daniel DUBO, Caychac - M. Pierre DUGRAVIER, notaire - Mme Micheline DULUC, Caychac - M. William DUMARTIN, 67, cours de la Marne - Mme Emilienne DUMORA, rue Gambetta - M. Camille DUPUY, Caychac - M. Pierre-Roger DUPUY, château Saint-Ahon - M. DUPUY-DUGRAVIER, à Corn - M. le Comte Armand de DURFORT, château de Juigné-sur-Sarthe (Sarthe) - M. Le comte Xavier de DURFORT, Château de Glos-sur-Riscle (Eure) - Mme Yvonne DUSSOUCHAUD, rue Tastet Girard - M. Jean-Marie DUTREUIL, route du Taillan - M. Jean DUVERT, Maire de Blanquefort.

Ecole d'Agriculture de Blanquefort.

Melle ERRECARET, Passage d'Agen, Lot et Garonne - M. Michel ESPIASSE, 25, rue Léonie, Bordeaux - M. Arnaud EYQUEM, Perric - M. Henri FAY, Caychac - M. Marcel FAGET, 12, rue Carnot, Pau, Basses-Pyrénées -

M. FAURE, conseiller municipal de Bordeaux - M. Henry FAY, Caychac - M. Christian FILLATREAU Caychac - M. Jacques FILLATREAU, Caychac - M. M. FILHOL, 210, rue Georges Mandel, Bordeaux - M. Amédée FILLON, avenue du général de Gaulle - M. Roger FLAMAIN, Cours Gambetta, Talence - M. Georges de FLORIS, 128, boulevard Montparnasse Paris - M. FOURNIER-SICRE, directeur d'école -

M. René GAGNEROT, place de l'Eglise - M. Georges GAJAC, café - M. Gilbert GAUTIER, la Gravette - M. Jean GELIE, Place de l'Eglise - M. Pierre GILARD, la Gravette - M. Robert GILBERT, Destournet -Mme GILTAY, secrétaire, Hôtel de Ville de Bordeaux - M. Yves GOUBIRRON, 5, rue Bert le Bouscat -  Mme GRAULIERES, Directrice d'Ecole, Bordeaux -  M. Jean GRAVEREAU, rue de la République - M. Raymond GROSS, domaine de Lagnet - M. Pierre GUEZOU , Place de l'Eglise - M. Pierre GUILBEAUD, commerçant - M. Léon GUILLOUSET, rue Tastet-Girard - M. André GUIRAUD, le Neurin - M. Antoine GUGLIELMACCI, 23, rue du 11 novembre, Bordeaux -

M. HEBERARD, professeur technique - M. Jean HOSTEIN, rue du Pont de Lorient Mérignac - M. Roger HOURQUEBIE, Caychac - Institution Saint-Joseph, château Dulamon -

M. André JACQUES, 172, Boulvevard Wilson, Bordeaux - M. Gérard JACQUIN, Caychac - M. Paul JOUHANNY, rue gambetta - M. Marc JOUDAN, professeur technique -

M. André de KERCKOVE-WUILLAUME, le Cap -

M. Joseph LABAT, garde-champêtre - M. Jean LABATUT, conseiller municipal - M. Jean LABAYE, commerçant - M. Christian LABORDE, Saint-Bris, Pont de la Maye - M. Joseph LABORDE, professeur technique - M. LABRA-DOYERE,  le Landot -M. Georges LABURTHE, Gabarret, Landes - M. Henri LACAZE, place de l'Eglise - M. Pierre LACAZE, Domaine de Montigny - M. LAFON, 17 rue Nungesser, Pessac - M. Joseph LAFON-BOUTARY, Centre Lyautey - M. Henri LAFOND, avenue Alex-Jaubert, Pessac - M. Michel LAMAIGNERE, 27 bis, rue de Brezets, Bordeaux - M. André LAMBINET, professeur honoraire de lycée, Bordeaux - M. Gabriel LAMBOLEY, Conseiller général -  M. Pierre LAMBOLEY, quartier Duportail - M. Antoine LANASPEZE, rue Tastet-Girard - M. LANCON, cours Victor Hugo Bordeaux - M. LANTRES, employé Hôtel de ville Bordeaux - M. LAPORTE, pharmacie, Caychac - M. Jean LAPORTE, 212 rue Judaïque, Bordeaux - M. Maurice LAPORTE, conseiller municipal - M. Roger LARREGNESTE, coiffeur, rue de la République - M. Jean LATAPY, receveur des P.T.T. - M. Raymond LAVIGNE, Soustra - Melle Yvette LAEPENE, Dillon - M. Guy LEBOSSE, comptable , Floirac - M. Clément LEMAIRE, Peybois - M. Paul Le MEUR, chef de travaux - M. René LESPINE, Les Tuilières, Caychac - M. Guy LESPINE, 26 impasse Berthus, Bordeaux - M. Pierre LEYDET, Caychac - M. Emille LIQUARD, Député Maire de Saint-Germain d'Esteuil - M. Christian LONGUEMARD, le Poujeau, Le Pian Médoc - M. André LOUIS, Boulevard Alcide Lançon

M. André MAES, 46 rue Montméjean Bordeaux -  M. Jean MAHAUT, 26 rue le Lauriol, Bègles - Maison-Saint-Michel, Avenue de Gaulle - M. Jean Claude MARCHAIS, Saint-Vivien-de-Médoc - M. MARECHAL, Rue du Général-Leclerc - M. René MARQUE, place Berthelot - M. Paul MARSAULT, quatier Duportail - M. Henri MARTIN, Rue Jules Ferry - M. MARTIN, 25 rue Mondenard, Bordeaux - Mme MARTINEAU, directrice d'école - Mme Vve MASSART, château Gilamon - M. Michel MASSART, Clos Muratel -Melle Marie-Thérèse MASTELLOTTO, Jau-Dignac-Loirac - M. Robert MATHEAU, forgeron-serrurier - Mlle Marie MERCIER, Marot - Melle Annie MERILLEAU, Peybois - M. Camille MIQUAU, Conseiller municipal,  Caychac - M. Michel MONNEREAU, Saint-Julien-Beychevelle - M.M.-J. MONTBABUT, industriel, Talence - Mme Henriette MONTAUBRIC, Lagnet - M. le Comte DE MONTBEL, château Fleurennes - M. Louis MONTET, professeur technique - M. Roger MORA, 15 rure P.- Renaudel, Le Bouscat - M. André MORERE, directeur C.P.A. - M. Jacques MORILLON, professeur technique -M. Christian MORIN, La Dauphine, Caudéran - M. Louis MOUCHEBOEUF, Liot - M. André MOUSTIE, Boulevard A.-Lançon - M. Roger MUSELLI, receveur des P.T.T. en retraite -

M. OLIVIER, Forgeron -M. Georges ONTENIENTE, la Landille -

M. Jean PAIN, Pharmacien - M. Hubert PARISE, rue Edouard-Avril - M. Pierre PELABARRERE, 156 avenue Jules Guesde, le Bouscat - M. René PELLEGRINI, maître d'internat -M. Michel PELONG, rue Franklin, Bourg sur Gironde - M. Maurice PERRAIN, Caychac - M. PERRIER, Lieurdit Pierrebrune, La Ruscade - M. Roger PETIT rue de la République - M. J. PHILIPPART, château Fongravey - Melle Simone PICAUD, Boulevard A.-Lançon - M. Henri PICHON, journaliste -M. Raymond PICQUOT, 5, place Gambetta Bordeaux - M. Alex PILARKI, géophysicien, Saint Médard en Jalles -  M. Gabriel PINEAU, La Gravette - Melle Jacqueline PINEAU, Andrian -M. POIGNET adminstrateur de la S.I.A.B.A.D.E. Bordeaux - Mme POISSANT, Domaine de Cholet - M. L'abbé PONCABARE, Curé-doyen de Blanquefort - M. Le Comte Max de Pontac, Château du Myrat, Barsac - Mme PORTAL, 73, rue Godard, Caudéran - M. Jean Pierre POUENS, Belin - M. POUGET, 39 avenue Vercingétorix, Bordeaux - M. René POUJOL, chef d'atelier - M. POUPERON, admistrateur en chef honoraire des colonies - M. Guy PREVOT, Ecole d'Agriculture - M. Roland PROERES, 36, avenue Brémontier Bordeaux -

M. Pierre QUEYRAUD, le Neurin -

M. Robert RABILLER, secrétaire général, mairie de Blanquefort -  M. Roger RACARY, commerçant - M. André RAGANEAU entrepreneur - M. René RALYS, rue Tastet-Girard - Mme Jeanne REBEYROL, la Rivière -M. Gilbert REDON, Puynormand, gironde -  M. Raymond RIVAULT, Ecole d'Agriculture - M. ROBERT, le Lout, le Taillan  - M. Henri ROBERT, rue de la République - Melle DE RODE, la Dimière - Melle Jacqueline ROMEFORT, rue de la République - Mme René RONDEAU, institutrice - M. René ROUDEY, Caychac - Mme ROUGES-PERRAULT, Chef de division Péfecture, Bordeaux -

M. Jean-Lucien SAILHAN, journaliste, Sarracolin, Hautes Pyrénées - Melle SAINT-JEAN, secrétaire, hôtel de Ville, Bordeaux - M. Robert SALIGNAN, Maurian - M. Jean SALLEBERT, La Landille - Melle Elisabeth SANTALIESTRA, rue Gambetta - M. SAUDUBRAY, château Maurian -  M. Le Docteur SEYNAT, Député de la Gironde, Bordeaux - M. André SIBRAC, adjoint au Maire - M. Jean-Baptiste SIGNOLLE, Corbeil -  Mme Victoria SKAPIN, infirmière - M. Charles SOSTHENE, 19, Impasse Serr, Floirac - Mme SOUBERBIELLE, la Rivière -

M. Raymond TABARIN, rue Tastet-Girard - M. le docteur André TARIS - M. Elie TECHINE, Sables - M. Jean TESSERON, 111, quai de Paludate, Bordeaux -M. Jacques TIRET, pharmacien - M. TESSINIER, agent général Chargeurs Réunis Bordeaux - M. Georges TIZON, au Renard, Yvrac -  Mme Marcelle TOUROUTE, Lagnet -

M. Raymond VALET, adjoint au Maire - Melle DU VERDIER, Château Campot, Caychac - M. Michel VERGER, rue Charles-Gopunot, Mérignac - Mme VERGIER, directrice école de filles, Caychac - M. VERIT, avenue du Maréchal-Leclerc, le Bouscat - M. Louis VIAUX, 29 rue Azam. Bordeaux -

Ville d'Arcachon - de Blanquefort - de Bordeaux -

M. VITAL, directeur Ecole d'Agriculture - M. le Commandant VONDERHEYDEN, propriétaire,  Blanquefort - M. WILLAUME, domaine de Montgiraud, Blanquefort - 

J'ai trouvé qu'il était intéressant de connaître le nom des ancêtres de beaucoup de personnes qui depuis 1790 ont participé à la naissance du Blanquefort des années 1950, socle de 1968, qui marque le grand virage du village vers la ville. C'est en 1968 que Blanquefort intégre la C.U.B. (Communauté Urbaine de Bordeaux) et de ce fait, connaît un développement rapide. Le livre de M. Guy DABADIE est la mémoire du village au 19 ème siècle, de 3 000 habitants à 4 000 en 1962, peut être avec des erreurs, mais quand-même, à mon avis, et celà n'engage que moi, une mémoire importante qui cite les noms, et les actions, de blanquefortais qui sont nos aïeux. Depuis 9 ans, j'ai fait quelques recherches en ce sens prise par le vertige du changement très rapide de Blanquefort et de sa population. Blanquefort, en 2009 comptait environ 15 000 habitants, c'est dire combien son évolution, 11 000 habitants de plus qu'en 1962, a été rapide en 47 ans. Cependant le futur me passionne autant que le passé et je suis avec beaucoup d'intérêt et de curiosité les nouvelles orientations de ma ville.  

Monsieur Guy DABADIE semblerait avoir habité à la fin de sa vie le village de Maurian ? (sources Gilles Rossi et Daniel Frugier) et la rue de la République dans sa jeunesse ? (source Francis Delas). Il a été une figure marquante des jeunes blanquefortais passionnés d'archéologie des années 50-60. Il les a fait rêver avec les souterrains de la forteresse dont l'existence semble plus qu'improbable de nos jours. Lorsque je vendais des publications, en 1980-90 lors des chantiers à la Forteresse, nombreux étaient les visiteurs qui avaient des souvenirs de souterrains...et qui me questionnaient à ce sujet..., quoiqu'il en soit ils avaient souvent, de merveilleux souvenirs d'enfance, de jeunesse, de ce batiment. A force d'entendre ces récits, je me suis sentie dépositaire, d'une certaine façon, d'une mémoire collective exacte, avec des fioritures, ou bien erronée, mais tellement humaine.

DE LA REVOLUTION A LA IIIe REPUBLIQUE

Le dimanche 14 février 1790, à deux de relevés eut lieu l'élection des officiers municipaus de Blanquefort. Les habitants avaient été conviés à l'église huit jours à l'avance par publication "tant au prône que par affiches, aux lieux accoutumés, conformément aux lettres patentes du Roy données à Paris en décembre 1789 sur un décret de l'Assemblé Nationale pour la contitution des municipalités".

Le sieur COUTOULA, faisant fonction de juge, fit l'appel nominal de tous les citoyens actifs inscrits sur le rôle des impositions directes de la paroisse.

"A raison de la rigueur de la saison et du délabrement où se trouve la susdite église, l'Assemblée desdits citoyens a jugé convenable de transporter ses séances dans la maison de M. CHOLET, voisins dudit lieu.

"Le susdit sieur COUTOULA a chargé M. SAINCRIC, curé de la présente paroisse, d'annoncer l'objet de la dite assemblée et de l'inspecter jusqu'à qu'il y eut un président nommé à cet effet."

Le 17 février 1790, 82 citoyens actifs furent assemblés pour procéder à l'élection d'un maire, de cinq officiers municipaux, d'un procureur et de douze notables.

Chacun jura de procéder "fidèlement et en conscience à l'élection des susdits officiers nunicipaux". M. SAINCRIC obtint 74 voix et fut élu maire.

On en resté là "à cause de l'heure tarde" et l'Assemblée s'ajourna "au dimanche 21 courant".

Ce jour-là, toujours dans la maison de M. CHOLET, furent élus comme officiers municipaux (sur 65 votants) :

JEAN FILLON (50 voix), JEAN BONNARD (49 voix), PIERRE TARTAS (37 voix), JEAN BIDON (35 voix), PIERRE LALOUBEYRE (34 voix).

PIERRE PREVOT avait réuni 35 voix, mais on fit observer qu'il ne payait point 10 livres d'imposition directe et que, par conséquent, il était non éligible.

CHARLES COURONNEAU fut élu procureur de la commune, par 46 voix sur 78 votants. Furent élus notables BERTRAND COURONNEAU, JEAN SAUMOS, FRANCOIS DUGAIL, JEAN METAYER, JEAN HOSTINS, JEAN JEAN, PIERRE BACQUEY, LOUIS FAUX, CHARLES FILATREAU, ANTOINE HOSTINS, JEAN MARTIN dit "Pistolle", ANOINE TARTAS.

Celà fait, les élus prêtèrent publiquement le serment, celà devant le sieur COUTOULA, doyen des procureurs de la juridiction de Blanquefort faisant fonction de juge.

Dès son installation, le premier Conseil municpal de Blanquefort se mit au travail avec ardeur.

A la demande du procureur Couronneau, il décida le 27 mar 1790 :

"Article I. - Les boulangers de Blanquefort ne feront suivant l'usage que de trois espèces de pain : du chouane, du pain co (sic) et du pain brun. Ces trois espèces de pain seront composées de farine de froment sans aucun mélange d'autre farine, excepté le cas de disette de farine de froment, et alors les dits boulangers ne pourront sous peine de 500 livres d'amande, faire mélange sans être préalablement autorisés par MM. les officiers municipaux qui, seuls, fixeront la nature et la quotité du dit mélange suivant les circonstances et à l'avantage du citoyen;

"Le chouane sera fait en miches de deux et d'une livre.

"Le pain co sera de douze et six livres.

"Le pain brun sera du poids de seize et de huit livres, le tout bien conditionné et cuit.

"Si le faux poids est constaté et que le déchet dépasse une livre, le pain sera saisi, confisqué et distribué aux pauvres de la commune. Le boulanger sera en outre condamné à une amende de cinq cents libres, sauf recours contre les garçons."

Ce réglement ne resta pas sans utilité puisque, le 1 er octobre 1790, Laloubeyre, faisant fonction de procureur de la commune, "déclare le sieur D... jeune, boulanger au bourg de Blanquefort, contrevenant aux réglements de police en ce qu'il a été trouvé dans sa boutique du pain de mauvaise qualité, mal cuit et n'ayant pas de poids ; en conséquence, le condamne à 50 livres d'amande, lui faisant très expresse inhibition et défense de récidiver sous menace de plus fortes peines".

D'ailleurs, ne devenait pas boulanger qui voulait. Il fallait une autorisation du Conseil municipal.

"Nous, Maire et Officiers municipaux, accordons à François Drat, natif de Brignemont en Gascogne, diocèse de Lombez, la permission de tenir boulangerie et de débiter la pain qu'il pourrait faire sur les qualités d'usage dans le village de Caychac.  - 8 décembre 1790."

De même, "La Municipalité accorde au sieur Jean Viaud, natif de Saint-Laurent du Médoc, la permission de tuer et de débiter de la viande dans le village de Caychac et cela après examen de ses certificats et promesse par lui de se conformer à l'ordonnance de police".

Martin Lacassagne, natif du diocèse d'Auch demande et obtient également la permission de tenir boulangerie à Caychac le 25 septembre 1791. 

Les statuts concernant la boucherie sont longs, draconniens et minitieux. Il est spécifié que les viandes de première qualité sont "dans le boeuf : la cuisse, les filets et les premières entrecôtes ; dans le veau : la cuisse, la longe et les côtes fines.

"Ne pourront, les dits bouchers, tuer ou faire tuer boeuf et veau, sans préalablement avoir averti l'officier municipal de police, le tout sous peine de 500 livres d'amende."

Ce réglement, gênant son commerce, le sieur Forton, boucher, renonça à pratiquer le 7 mars 1790 le procureur était porteur d'une déclaration "portant renonciation à la boucherie de Blanquefort, signée Forton, attendu l'impossibilité où il était de livrer la viande suivant la taxe imposée par ordonnance du 27 mars dernier".

Cependant, Blanquefort gardait encore un boucher, mais les plaintes portées contre lui furent telles que le maire prit un arrêté en date du 13 juin 1790 "permettant désormais à tous les bouchers de s'établir sur l'étendue de la paroisse après toutefois s'être présentés au bureau de la Municipalité."

Aussitôt élu, Taveau, major du régiment patriotique, demanda au maire "que les cabaretiers soient obligés de fermer leurs cabarets, sous peine d'amende arbitraire, le dimanche 9 mars, à 9 heures du matin, jour et heure où le régiment doit être passé en revue par M. le Duc de Duras, généralissime des troupes patriotiques bordelaises".

Quatre jours plus tard, la municipalité se transporta à la Landille pour recevoir le Serment Civique prêté par ledit régiment. "Ledit serment prononcé par tous et un chacun, à haute et intelligible voix ; de là, MM. les officiers municipaux, placés dans le centre du régiment, se sont rendus à l'église paroissiale, où ils ont assisté à un Te Déum qui a été chanté en actions de grâces, puis, en sortant, le même régiment, témoignant son zèle et son affection pour le corps municipal, l'a conduit dans la maison curiale où il tient ses assises".

Tous ces actes sont signés : Saincric, Fillon, Bonnard, Bidon, Laloubeyre, Couronneau, Ferri, noms suivis de titres.

Le 16 mai, le chevalier de Maurian, porte-drapeau du régiment, se présentait à la maison curiale et faisait le serment civique, ainsi que seize volontaires du régiment : Dubourdieu, Jean et Jacob Roussillon, Etienne Lagunegrand, Jean et David Dugrava, Pierre Ornon, Simon Hugon, Jean Dorcy, etc...

Les officiers municipaux avaient sans cesse à sévir envers les délinquants qui s'opposaient à leurs décrets. Constatant, dans sa séance du 16 mai 1790, que ce "désordre n'était produit que par faute de force coercitive", le procureur Courronneau "demandait et requérait de la municipalité qu'elle eut à prier les officiers du régiment patriotique de prêter, chaque dimanche, main-fort à la municipalité pour envoyer chercher les délinquants", deux volontaires devant suffire à cette besogne. On leur attribuerait une somme prise sur les amendes "auxquelles seraient condamnés les contrevenants".

Le 23 mai 1790, nouvelle séance de la municipalité à la maison curiale. Blanquefort venant d'être choisi comme chef-lieu de canton, il importait de préparer un local convenable à recevoir l'assemblée primaire cantonale. On autorisa donc le sieur David, menuisier à construire des gradins dans le chai de M. Accard, mis par son propriétaire à la disposition de la municipalité, moyennant la somme de 96 livres. Nous ne savons rien de cette assemblée du 24 mai 1790.

Dans la séance municipale du 30 mai, le procureur constata "qu'il se répand tous les jours dans cette paroisse une quantité de gens sans aveux que l'ordre et la sécurité publique exigent d'éloigner le plus promptement possible." Il demande et obtient une ordonnance qui enjoignit aux cabaretiers "d'avertir de jour et de nuit l'officier municipal dès qu'ils auront reçu chez eux des personnes inconnues et étrangères". Nul mendiant, même muni de passeport, ne pourra, sous peine de prison, séjourner plus de deux heures sur l'étendue de la paroisse.

Le 5 juin, arrêté interdisant le port "des armes à feu dans les endroits où se rassemblent les habitants et cela sous peine de dix livres d'amende, de confiscation desdites armes et de trois jours de prison".

Mais le conseil a parfois à se transformer en véritable tribunal. Tous les ménages malheureux lui portent leurs doléances et bien des conflits sont réglés par lui. Ainsi interviennent, par exemple, un "accord entre Jean Lauba mari de Catherine Barre, et autre Catherine Barre, sa belle-soeur" et une "convention entre Jean Broustic, pilote et Jean Audignon, charpendier de haute futaie".

Le 6 juin 1790, on arrête un homme non muni de passeport : Barthélemy Fournier, arrivé à pied de puis Bordeaux et descendu à l'auberge de la nommée Cadette, à la Landille. Après une nuit à la prison communale, il fut relâché.

La municipalité a toujours à tancher des cas aussi divers et, souvent, aussi épineux. C'est ainsi qu'Etienne Lagunegrand, percepteur "nommé principal collecteur par ordre du tribunal de l'élection à Bordeaux, qui voulait démissionner devant le mauvais vouloir des contribuables à payer leurs redevances, se voit forcé de percevoir les impositions de 1790 et être rendu responsable" des suites funestes que pourrait entraîner tout retardement en cette matière.

Le 21 juin 1790, Arnaud Delabé, batelier à la Jalle, vint se plaindre d'avoir été copieusement insulté par Henri Fillon qui aurait été également grossier envers le duc de Duras. Delabé protesta "qu'il avait toujours regardé le duc de Duras comme un homme dont les vertus répondaient à la naissance".

Dans cette même séance, les officiers municipaux arrêtèrent "que les volontaires du régiment patriotique seront invités dans la personne de leur colonel ou de M. Taveau, leur major, d'assister au feu de Saint-Jean qui aura lieu le 23, à 7 heures du soir".

Deux officiers municipaux des plus actifs, Fillon et Bonnard, furent "grièvement insultés par Dubourdieu aîné dans la boutique de Pierre Duberger, charron". La municipalité prit fait et cause pour ses membres et, après avoir entendu le procureur de la commune et la défense de Dubourdieu, "voulant maintenir, dit-elle, autant qu'il est en nous, les décrets de l'Assemblée Nationale et répondre à la confiance dont le plublic nous a honorés". Dubourdieu aîné fut déclaré coupable et condamné à vingt-quatre heures de prison, à la défense d'exercer, durant une année entière, ses droits de citoyen actif. Il dut, en outre, "payer quatre livres aux fusiliers qui l'accompagnèrent dans sa prison pour leurs peines et soins".

Les jugement étaient affichés un peu partout, en particulier à la porte de l'église paroissiale.

Blanquefort avait alors un marché hebdomadaire qui se tenait "aux environs de l'église chaque dimanche et chaque fête, avant et apèrs l'issue de la messe".

Mais ce marché souffrait d'un manque d'organisation. On y voyait, notamment, les étrangers accaparer les produits mis en vente, pour les revendre ensuite à des prix exagérés. "Les différents marchands laissaient du bourrier sur la place qu'ils occupaient ; il en résultait une malpropreté contraire à la santé des habitants." Les chevaux, les mulets, les boeufs, les vaches étaient aussi un embarras et un danger.

Pour pallier à cet état de choses, une ordonnace du 27 juin 1790 réglementa en plusieurs points :

"1° D'abord, on ne vendra plus que des provisions de bouche : volailles, gibier, oeufs, fruits, etc... ;

"2° Les étrangers et revendeurs ne pourront acheter et vendre qu'après que les habitants de Blanquefort se seront pourvus du nécessaire, c'est-à-dire demi-heure apèrs l'issue de la première messe ;

"3° Défense de laisser sur la place du bourrier et autres immondices ;

"4° Défense d'attacher sur le marché cheval, âne, mulet, boeufs.

Le 1er juillet, un autre arrêté interdit la pêche dans les fossés du marais de Blanquefort et cela sous peine "de confiscation de filets et de 20 livres d'amende".

Le lendemain, la municipalité publia un avertissement dans lequel elle protesta contre les insinuations malveillantes de "quelques personnes mal intentionnées, qui, pour diminuer la confiance dans les opérations de police du tribunal de la municipalité, répandaient dans le public que les jugements émanés dudit tribunal flétrissaient l'honneur et la réputation de ceux qui en étaient l'objet. Toute alarme doit doit être éloignée à ce sujet, le tribunal municipal n'étant qu'un tribunal de famille. Les jugements qui en émanent ne peuvent porter note d'infamie et les punitions qu'il inflige sont purement parternelles".

Mais la municipalité touchait à la fin de son mandat. D'après le décret de l'Assemblée Nationale, la moitié des officiers municipaux et des notables devait cesser ses fonctions le dimanche suivant la Saint-Martin. Aussi les officiers sortants, se souvenant qu'ils avaient fait des "avances" à la commune appauvrie, portèrent leurs comptes.

Le 14 novembre 1790, les citoyens actifs s'accemblèrent dans la maison de M. Cholet pour procéder à l'élection.

Pierre Prévot, Jean Eliès, Bonnard et Barthélemy Caudéran furent élus.

M. Saincric, curé et maire de Blanquefort, paraissait porter aussi allégrement l'écharpe que l'étole. Il tenait à sa paroisse où il jouissait d'une saine popularité. Les paroissiens assistaient volontiers aux offices, le régiment patriotique était de toutes les cérémonies et les revenus étaient honnêtes.

Voici ce que touchait l'abbé Saincric en 1790 de la part des habitants :

- 30 tonneaux de vin à 100 livres le tonneau     3 000 livres

- 60 boisseaux de froment (14 l le boisseau)         840   -

- 40 boisseaux de seigle (9 l le boisseau)               360   -

- 20 boisseaux d'avoine (6 l le boisseau)                120   -

- 20 boisseaux de blé d'Espagne (8 l le boisseau)  160    -

- 18 agneaux                                                           127   -

-   8 charretées de paille et de froment                   120   -

-   4 boisseaux de mongettes et de fèves                 48   -

-   2 quintaux de chanvre                                           50   -

       Casuel                                                               200   -

Il avait passé en 1788, un bail avec le fermier des Dames de l'annonciade et lui vendait son vin à raison de 100 livres le tonneau.

Mais il avait, par contre, de lourdes charges :

- Il avait un vicaire et lui donnait                             700 livres

- Il avait également comme frais  :

  Imposition                                                                68  -

  Vingtièmes                                                             440  -

  Fondation                                                                 50  -

  Pauvres                                                                   700 -

  Cheval pour le service de la paroisse                      300 -

  Réparations annuelles                                              30 -

Déduction faite de ces charges, il lui restait, en 1791, pour son traitement, la somme de 974 livres 4 sols.

Cet état de revenus était affiché à la porte de l'église, à la demande même de M. Saincric, cela sans doute pour couper court aux propos malveillants.

En dépit des appels précédents au régiment patriotique, la municipalité manquait de force. Ses arrêts étaient discutés et on ne les observait pas. Aussi, les officiers municipaux écrivirent "à leurs concitoyens et amis composant le régiment patriotique de Blanquefort" une lettre dans laquelle nous relevons ceci :

"... Protéger efficacement les propriétés particulières publiques ; excercer la police, maintenir ou remener le bon ordre ou la tranquillité ; faire executer les lois et les règlements relatifs à ces objets, tels sont nos devoirs.

"... Veuillez donc envoyer chaque dimanche et chaque fête, au bureau de la municipalité, quatre d'entre vous pour concourir  à la paix, à l'union, et au bon ordre."

Fort de l'appui obtenu, Couronneau repartit en guerre et pouchassa les abus dès les premiers jours de 1791. Il s'attaqua d'abord à la caste la plus puissante celle des cabaretiers.

On se plaignait publiquement que les aubergistes vendaient au détail et "se servaient de bouteilles et non de mesures décidées par les règlements. Devant cette fraude, le procureur obtint de la municipalité une ordonnance qui enjoignait aux aubergistes, sous peine de 50 livres d'amende, "d'user de mesures d'étain duement estampées et étalonnées".

Le 10 mars et le 13 avril 1791, le pape condamna définitivement la constitution civile du clergé et la loi du serment.

L'abbé Saincric eut-il quelques hésitations ? on ne le sait : en tout cas, il écrivit le 26 janvier 1791 :

"Je sousigné, curé de Blanquefort en Médoc, déclare être dans l'intention de prêter serment exigé par les décrets de l'Assemblée Nationale de tout fonctionnaire public et de me concerter avec les officiers municipaux du lieu et du jour de la prestation du dudit serment."

Le dimanche 30 janvier 1791, M. Saincric montait en chaire dans l'église paroissiale où étaient assemblée les notables et les citoyens de Blanquefort.  "Levant la main droite, il déclara qu'il jurait de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui lui était confiée, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi et de maintenir de tout son pouvoir la Constiturion décrétée par l'Assemblé Nationale et acceptée par le roi".

Il ajoutait, pour tranquilliser sa conscience : "Serait-il possible qu'en faisant ce serment, vous et moi eussions trahi les devoirs de notre sainte religion ?".

La tradition et l'histoire locale rapportent que Caychac a toujours nourri des idées séparatistes. En 1791, ce villaige voulait sans doute vivre sa propre vie, mais ne put renoncer cependant à tout commerce avec Blanquefort.

Par les temps pluvieux, les communications étaient rompues aux "palanques qui arrêtaient près de de Saint-Ahon les habitants de Caychac et les privaient de toutes communications avec le bourg".

En réponse aux plaintes formulées, la municipalité déclara que "bien que les grandes routes soient sous la direction du département, elle ordonnait aux habitants de Caychac de réparer le plus tôt possible la Palanque, en portant la grave nécessaire pour former un sentier le long du chemin, en élevant aussi le pont pour laisser aux eaux un cours plus libre, afin en piquetant le côté du sentier".

Le 17 février 1791, assemblée cantonale à Blanquefort. Le édiles de Blanquefort, Eysines, Parempuyre, Saint-Aubin, Saint-Médard-en-Jalles et le Taillan, se réunirent pour délibérer "sur les travaux les plus utiles et les plus urgents dans l'étendue du canton".

Le procès-verbal fut signé de : Saintcric, curé-maire de Blanquefort ; Ponson maire d'Eysines ; Rondeau, maire de Parempuyre ; Bidon maire du Taillan ; et des procureurs et officiers municipaux présents.

Le 25 mars 1791, des vols ayant été commis chez la veuve Jean Baron, il fut décidé que des patrouilles sillonneraient les rues de la commune durant la nuit.

Le 10 avril 1791, à la Landille, eut lieu un remaniement des cadres du régiment patriotique.

Charles Taveau fut élu colonel à la place de M. Dutasta par 247 voix sur 264 suffrages émis. M. de Maurian fut élu lieutenant-colonel par 246 voix ; Mondon major par 167 voix, et Barada, aide-major par 82 voix.

Cinq jours après, un nommé Jean Jacquet fu malmené et "passé à tabac" par Jean B... et Marain dit Clairin. Sur un certificat du sieur Rossignol, chirurgien, produit par Jacquet, B... et Marain furent condamnés à "12 heures et 24 livres d'amende chacun, dont la moitié sera pour payer le traitement de la maladie par eux occasionnée à Jean Jacquet, et l'autre moitié applicable aux frais et dépenses des patrouilles qui se font dans cette paroisse."

Dans un arrêté du Directoire du département vint très opportunément imposer à la municipalité la nomination d'un juge de paix.

Il fut décidé :

1° D'écrire "à tous les maires et officiers municipaux de chaque commune composant le canton pour les prier de prévenir les citoyens assemblés, que la réunion pour procéder à l'élection du juge de paix et assesseurs, aura lieu dans l'église de Blanquefort, le samedi 28 mai à 8 heures du matin et de les inviter à s'y rendre" ;

2° D'écrire également à M. de la V... (?) "pour lui demander son agrément à tenir la susdite assemblée dans sa maison, près le présent bourg, en cas que l'église ne convînt pas pour cet objet aux citoyens du canton".

Nous n'avons aucun compte renu de cette réunion. Mais si un juge de paix fut nommé, les officiers municipaux n'en continuèrent pas moins à rendre la justice.

Durant les six premiers mois de son mandat, M. Saincric signa généralement tous les actes et toutes les délibérations de la municipalité : "Saintcric, curé-doyen de Blanquefort". Bientôt il ne mentionna plus qu'en de très rares circonstances sa qualité de curé et il signera simplement "Saincric, maire" et toujours... avec les trois points maçonniques.

En mai 1791, les sieurs Barada et Jean Guillot-Chatillon sont autorisés à ouvrir une école.

Nous savons déjà que l'église de Blanquefort était à cette époque en très mauvais état.

Elle s'était écroulée le 22 janvier 1789. Quelques travaux indispensables durent y être effectués durant les premiers mois de 1790 car, à la date du 8 août, la municipalité est appelée à juger un procès intenté par les "frabriqueurs ou plutôt un maçon mommé Richard aux fabriqueurs de ladite église", Richard y avait exécuté des travaux et, ayant porté sa note aux membres du Conseil de Fabrique, ceux-ci l'avait trouvée exagérée et se refusaient à payer. On dut nommer des experts pour "toiser lesdits ouvrages". Les experts se transportèrent sur les lieux à la date du 15 août et estimèrent les travaux 2 346 livres 9 sols. Richard avait déjà touché à cette date 948 livres. D'autres travaux, comme démolition, déblaiement, reconstruction n'ayant pu être toisés, on les estima à l'amiable 400 livres.

Mais, comme avant le 6 avril 1789, on devait déjà à Richard la somme de 419 livres 6 sols, la Fabrique s'engageait envers lui et promettait "de payer le tout dès qu'elle se serait procuré la somme nécessaire à la construction de l'église".

M. Saincric ayant révisé les comptes, trouva qu'il y avait une erreur de 50 livres au préjudice de la Fabrique et décida "que cette somme demeurerait pour payer une partie des intérêts dus au sieur Richard".

Le 26 juin 1791, la question de l'église revint sur le tapis et le Conseil général fut convoqué pour délibérer sur les moyens à prendre.

Dès le mois de mars 1789, les habitants de Blanquefort avaient présenté une requête au Conseil du Roi dans laquelle ils demandaient à être autorisés à faire un emprunt à rente viagère constituée sur les revenues de la Fabrique à la concurrence de la somme jugée nécessaire aux fins de faire reconstruire leur église.

En septembre de la même année, le Conseil du Roi expédiait les lettres patentes nécessaires.

"Considérant (poursuit la déclaration du 26) qu'à cette époque un nouvel ordre de chose a été établi dans le royaume, les habitants de Blanquefort n'on pas dû se permettre et ne se sont point permis de poursuivre l'expédition des susdites patentes dont la fin, dans les circonstances, eut été d'ailleurs difficile à obtenir.

"Considérant que l'auguste assemblée des représentants de la nation ayant été depuis toujours occupée des grands intérêts de l'Empire, il eut été indiscret de suspendre un seul instant ses travaux en la fixant sur un objet qui, quoique majeur en lui-même, ne l'est pas relativement à la masse de ceux qui investissent ladite assemblée.

"Considérant que cependant il était un terme après lequel les administrateurs d'une paroisse paraissaient devenir responsables des événements qui surviendraient... , qu'en effet, depuis l'époque du mois de janvier 1789 jusqu'à ce jour, le service du culte s'est fait dans une très petite portion du temple qui, de toutes parts, en apparence, menace ruine prochaine, en sorte qu'une partie des habitants retenue par la crainte n'ose se réunir le jour fixé dans le lieu indiqué pour remplir les devoirs de sa religion et l'autre partie plus zélée s'y trouve exposée aux injures de l'air dans toutes les saisons et aux maladies les plus graves, qu'elle ne peut même pas profiter des instructions.

"Considérant que les sommes provenant du rôle de supplément des ci-devant privilégiés pour les six derniers mois de 1789 devaient d'abord, par un premier décret, tourner en moins imposé, en faveur des taillables, dans les années subséquentes, et ensuite par un second décret, être versées dans la caisse du district pour être employées et appliquées à des objets divers.

"A unaniment arrêté :

"1° Que dans les circonstances où se trouvent les habitants de Blanquefort, le plus sûr et le plus prompt moyen de reconstruire leur église était d'aliéner les fonds attachés à la Fabrique dudit lieu, à la conccurence de ce qui sera jugé nécessaire pour ladite reconstruction ;

"2° Que pour diminuer une partie de cette aliénation, la somme de 4 113 livres qui provient du rôle de supplément des ci-devant privilégiées... pourrait être employés de suite à continuer les ouvrages déjà commencés :

"3° Qu'en cas que ces moyens qui ont paru les moins onéreux ne soient pas accueillis, supplier l'Assemblée Nationale d'indiquer et ordonner celui qu'elle jugera, dans sa sagesse, le mieux convenir ;

"4° Qu'en conséquence, il sera fait une adresse au nom du Conseil général de ladite commune aux augustes représentants de la Nation française concernant cet objet."

Le curé Saincric avait quelque courage de parler de reconstuction d'église à une époque où une fraction s'apprêtait à les détruire. Mais il n'eut pas la joie de mener à bonne fin cette entreprise. Les travaux ne commencèrent qu'en 1806. A cette époque, le curé-maire de Blanquefort avait consommé sa rupture définitive avec l'Eglise.

Le 25 juin 1791, prestation de serment des membres du régiment patriotique "d'être fidèle à la Nation et d'obéir aux ordres qui pouvaient être donnés dans les circonstances présentes par les corps administratifs."

Le 14 juillet, même cérémonie, plus solennelle encore, à  la Landille : "Je jure d'employer les armes remises en mes mains à la défense de la Patrie et à maintenir, contre tous ses ennemis du dedans et du dehors, la constitution ; de mourir plutôt que de souffrir l'invasion du territoire français par des troupes étrangères et de n'obéir qu'aux ordres qui seront donnés en conséquence...

"... Nous sommes avancés vers l'autel de la Patrie où il est chanté un Te Deum en actions de grâces", ajoute la municipalité.

Dans la séance du 21 août 1791, la municipalité "désigne les portes et murailles de l'entrée de l'église de Blanquefort, situées au couchant et, dans le village de Caychac, le mur du midi de la chapelle dite Saint-Ahon, pour être lesdits lieux exclusivement destinés à recevoir les affiches des lois et des actes de l'autorité publique".

Il y avait beaucoup de pauvres à Blanquefort à cette époque-là. L'excellent M. Taveau convoitait un chemin qui coupait en deux ses propriétés. Il proposa à la municipalité de lui céder ledit chemin, moyennant quoi il s'engageait à donner 2 000 livres pour les pauvre. A l'unanimité, on accepta cette proposition. On ouvrit, en outre, au bénéfice des miséreux, une souscription "que ferait courir M. Fillon, officier municipal".

Parmi les 56 propriétaires et bien-tenants, qui signèrent ce procès verbal, figurent pour la première fois les noms d'un Dulau, prêtre, ancien chanoine de la cathédrale de Bordeaux retiré à Blanquefort, et de Dulamon, propriétaire du château du Luc.

La municipalité touchait à la fin de son mandat. A la date du 13 novembre, des "avances" furent remboursées se montant à 66 livres 8 sols.

Le 30 novembre, le sieur Olivier succède à l'abbé Saintcric comme maire de Blanquefort, Jean Cricq, Jean Bacquey et Bertrand Laloubeyre entrèrent au conseil municipal.

Olivier eut tout de suite à juger les conflits les plus divers. Il ne tarda pas à se lasser puisque, à la date du 15 janvier 1792, il publia l'arrêté suivant :

"Attendu que comme il survient continuellement une quantité d'affaires et que M. le Brun de Lafon, juge de paix du canton de Blanquefort, s'est offert à tenir des séances dans la paroisse pour la commodité des habitants, ladite commune, avec Nous, d'un commun accord, s'est obligée de lui fournir une chambre pour le loger et y tenir ses séances si bon lui semble, et quant à son secrétaire greffier, il sera logé également."

Cette chambre fut louée le 12 février à Marguerite Dubreuil, veuve Dubourdieu, pour la somme de 100 livres.

Sur ces entrefaites, la pétition adressée au Directoire du département pour la reconstruction de l'église ayant reçu un accueil favorable, on décida d'écrive à divers maîtres de l'art pour leur demander un devis estimatif sur la dépense des travaux.

Blanquefort avait, à cette époque, deux notaires : les sieurs Berninet père et fils.

La commune vivait sa quatrième année de la Révolution sous une avalanche d'arrêtés et de décrets draconiens. Pour la première fois, on voit apparaïtre, sous la plume du secrétaire de mairie, les termes du nouveau calendrier : "A Blanquefort, le quinzième avril mil sept cent nonante deux, l'an quatrième de la Liberté."

Tout était réglementé avec une minitieuse sévérité : la pêche, la chasse, le pacage, le pain, le vin, la promenade, la résidence par exemple. 

En plus du marché tous les jeudis, il y avait quate foires par an à Blanquefort : 1° le jour non férié qui suivait la fête de la Chandeleur ; 2° le lendemain du premier dimanche de mai ; 3° le 26 août ; 4° le 20 novembre, veille de la fête de Saint-Martin, dédicace de l'église.

Ces foires avaient lieu sur la place "appelé Leyre où il y a un puits dans le coin, situé près de l'église.

Elles avaient été instituées à cause de la population de Blanquefort (3 000 habitants environ) et les nombreuses voies conduisant à cette commune facilitaient le commerce. "Le bourg étant peuplé, amplement bâti, et y ayant trois boulangeries et deux boucheries, on peut garantir sûreté et hospitalité aux forains."

Mais sur le plan national, les évènements se précipitaient. La loi du 8 juillet 1792 demandant aux municipalités de faire l'inventaire des meubles et immeubles des émigrés, sont nommés à cet effet : Pierre Delas, Bertrand Couronneau, Charles Couronneau, Bertrand Bigey et Antoine Videau.

Un confrère vint le rejoindre à Blanquefort. Le 20 mai 1792, "Pierre Dévignes âgé de 69 ans et 7 moi, ci-devant curé de la paroisse d'Eysines, déclare être dans l'intention de fixer son domicile dans la paroisse de Blanquefort, maison de Mme Hostin, au village de Linas." Il déclare en outre que sa pension avait été fixée par le district de Bordeaux à la somme de 500 livres. Il se présentera périodiquement devant la municipalité qui lui décerna, ainsi qu'à l'abbé Saintcric, un certificat de résidence.

Mais, tandis que ces certificats délivrés à des laïques portent "qui'il réside sur notre territoire depuis x... mois, qu'il ne s'en est point absenté, qu'il y jouit de la réputation de bon citoyen", ce dernier qualificatif est omis dans les certificats décernés aux deux écclésiastiques.

Et les serments civiques se multiplient. Jamais la Landille ne vit un tel déploiement de force, un tel luxe de Te Deum. On y entendait périodiquement : "Je jure d'être fidèle à la Nation, à la Loy et au Roy", puis "l'on s'avançais vers l'autel de la Patrie".

Le 15 août 1792, séance houleuse de la municipalité. Il s'agissait de désigner définitivement le champ de foire. Les uns (Mondon, Delas, Fillon, Taste) en tenaient pour "la rue qui conduit du bourg à la Croix de pierre qui est devant le portail de Mme la veuvre Beringheim (rue de la République actuelle) ; le maire et deux autres pour "le grand chemin de Galochet" (boulevard Alcide-Lançon actuel) ; Michel Massé tenant pour la Landille. La majorité l'emportat en faveur de la Croix de pierre.

Charles Taveau et Antoine Berninet fils furent désignés pour recruter des soldats pour l'armée de ligne. Quand à Mondon, Armand Técheney et Antoine Bonnard, ils furent chargés de visites domiciliaires, devant désarmer tous les citoyens suspects, confisquer les armes et les munitions non déclarées.

Mais la municipalité voulut faire plus encore. Le 7 octobre 1792, elle déclara que "voulant de toutes les manières concourir au bien public et particulièrement à donner à la Patrie des frères d'armes dignes de la Liberté et capables de la défendre ou de mourir, avons pensé que par le concours général des citoyens, nous pourrons former une caisse patriotique, laquelle on prendrait telle somme qui sera jugée convenable, de donner des gratifications à chacun des frères d'armes qui se présenteront de bonne volonté et ce en témoignage de leur zèle".

Quatre commissaires passèrent dans les maisons et recueillirent les cotisations destinées à alimenter cette caisse. Ils offraient également une prime de 150 livres aux volontaires qui se faisaient inscrire sur le registre d'enrôlement.

On eut toutes les peines du monde à en recruter six : François Bouchet, Thomas Bonnet, Jean Guillebot, Armand Delas, Jacques dit Tougniou, Louis Constantin, qui rejoignirent leur compagnie, le 15 octobre à Bordeaux.

Le mandat confié à la municipalité Olivier touchant à sa fin, les officiers municipaux portèrent leur note et donnèrent au citoyen Antoine Delas, tambour-major, la paire de pistolets saisie au prêtre Dévignes "pour s'en servir dans le temps de ses fonctions".

Le 1er janvier 1793 eut lieu le renouvellement du Conseil. L'abbé Saincric fut élu maire à nouveau par 25 voix sur 40 votants. Furent élus officiers municipaux : Pierre Delas, Jean Cricq, Castérat aîné, Dumanes aîné, Jean Cotebise. Mais Castérat "se disant forcé, par une maladie exixtante chez lui depuis 25 ans, de refuser la place", Joseph David fut élu à sa place.