Route Pauillac

 

A l'entrée de Caychac, en venant de Bordeaux, il y avait la Vve Marie Castagnet, la laitière.

La route principale, actuellement avenue du Général de Gaulle, qui allait, en venant de Blanquefort, de la pharmacie aux scieries, était la rue commerçante de Caychac.

Derrière la croix de la mission, la pharmacie Laporte avait été construite sur les ruines de la Chapelle Saint Haôn, ses caves voûtées en témoignent. L'ancien cimetière était son jardin. La pharmacie allait de pair avec les ambulances Saint Expédit. Mme Laporte était pharmacienne et son époux ambulancier avec leur fils Serge. Une de leur quatre enfants, Françoise,  préparatrice en pharmacie avec son mari Jean-Arnaud Courbin, préparateur en pharmacie, lui aussi, puis docteur en médecine, a eu 6 enfants, nés à Caychac dans les années 60 à 70, Yvette Pineau,  employée de la pharmacie, s'en est occupée. Après leur départ de Caychac vers 1978, installés dans un autre département, par un horrible coup du sort, leurs deux filles Pierrine et Emmanuelle sont décédées lors d'accidents de voiture, à environ trente ans. Michel ROBINE prendra la suite des Laporte à la pharmacie. (Aujourd'hui bourse de l'immobilier).

Le café restaurant de Reine Fillatreau était le lieu préféré de la jeunesse d'après guerre, car il y avait une salle de bal avec une estrade et un orchestre ! L'entrée de la salle de bal était une petite porte qui donnait dans l'étroite impasse, derrière le café. Il y avait des files d'attente impressionnantes ! Nous, les petits jeunes, nous nous contentions de faire des glissades sur le parquet entre les jambes des danseurs, mais eux, que de belles rencontres ont-ils faites ? (aujourd'hui pharmacie Robine).

La boucherie Martin, tenue par Roger et Madeleine Martin, était le lieu de réunion des ménagères où les informations concernant la vie du village circulaient. Le matin, il y avait tellement de monde qu'il fallait compter de longues minutes pour se faire servir, tout en changeant de place pour laisser passer les commerçants qui allaient et venaient au gré des demandes des clientes. Nous pouvions y passer une bonne heure, s'il était demandé de la viande, car il fallait sortir la pièce entière du frigo, la poser sur le billot, la découper, la parer, et l'aplatir avec le plat du tranchoir,    selon le choix des clientes. Roger dans son tablier blanc, aimait plaisanter avec elles, pour faire passer le temps de la préparation. Mais pendant la guerre, c'est Madeleine qui avait tenu la boutique toute seule. (Aujourd'hui centre médical)

Le café et l'épicerie bazar Camus, étaient à l'angle de l'avenue du Général de Gaulle et la rue Mathurin Olivier. Le fils Camus (un jour cet homme sera retrouvé pendu dans sa camionnette) s'occupait du bistrot où la table de billard tenait une grande place. Le père et la mère étaient à l'épicerie, où l'on trouvait de tout : de la mercerie, des billes, et des grosses agates aux belles couleurs qui nous permettaient de jouer au "tour de France" dans les sablières. (aujourd'hui café bureau de tabac librairie)

Le mécanicien Maleyran, de l'autre côte de la rue Mathurin Olivier, dans un hangar en tôle où il faisait très chaud l'été, réparait les vélos. Nous y achetions de la solexine et des bougies pour nos solex. M. Maleyran, d'après ce que j'ai entendu dire, avait été prisonnier de guerre et en était revenu très maigre et malade. Toutes ces personnes n'étaient pas très joyeuses, nous les enfants, nous ne savions pas pourquoi. (le hangar a disparu comme la cabane en bois de l'arrêt des cars Citram. Les cars Arino, n'avaient pas d'abri, ils prenaient les passagers au bord de la route en face du café).

La menuiserie Georges Cels donnait sur la grand'route et ses portes étaient ouvertes et permettaient de voir oeuvrer les menuisiers. Elle avait une grande superficie et une architecture différente. Son fronton présentait un triangle. (Aujourd'hui maison particulière habitée par les petits et arrière petits enfants des anciens propriétaires)

En traversant les rues de l'Abbé Raby et Rincazaux on arrivait à l'épicerie, bazar, boucherie de dépannage tenue par Mme Paillasse. Même très âgée, elle prenait le bus pour aller acheter des articles, pour ses clients, à Bordeaux, en particulier aux Dames de France. (aujourd'hui habitation)

En face, de l'autre côté de la route, la forge lieu de prédilection, où il nous était permis de voir ferrer les chevaux par M. Paillasse et son fils. Nous étions fascinés par le feu, le bruit des coups sur le fer, et le soufflet de la forge. Nous passions de longs moments à observer ce spectacle violent qui s'opposait au calme des chevaux. Parfois, une lutte terrifiante s'engageait entre un cheval récalcitrant et le fils Paillasse qui avait des "mains d'acier". Il me semble savoir qu'il lui est arrivé d'avoir été blessé par un cheval. (Aujourd'hui ferronnerie)

Les enfants de la forge étaient : Françoise, Louisette et Bernard BLANC, Henri et Rolande BLANC (tous petits enfants de Mme et M. Paillasse, leur deux filles ayant des époux portant le même patronyme) Elliane Billard et Jacques TARTAS. Liste non exhaustive.  

En retrait de la route entre un grand hangar en bois et la menuiserie, la boulangerie Peyrat, était mystérieuse pour nous, nous n'avions pas accès au fournil ; nous devions rester dans le magasin de vente de pain et de bonbons ! Suprême récompense pour avoir fait les courses. Les Peyrat, avaient pris la succession de ma parente Genviève Berlan née Chauvin et de son mari, conseiller municipal au Pian. Ils faisaint avec leur fils, la tournée du pain en charrette. 

Bien plus loin sur la route, les deux scieries des frères Jacquin, seule notre grand-mère, Mathilde, grande bricoleuse, allait y acheter des planches pour façonner ou rafistoler des meubles. Elle se déplaçait avec son solex qui tirait une remorque aléatoire. Jacqueline Jacquin épousera Henri Martin et ils tiendront la boucherie jusqu'à leur retraite à la fin des années 1990. (Aujourd'hui les scieries sont l'agence Renault et une maison d'habitation)

 La Rue Edmond Blanc

Elle commence à la croix de la pharmacie et aboutit à la pompe. (aujourd'hui parking en face de l'Eglise)

C'était le bas Caychac, je ne le fréquentais pas beaucoup, car je n'avais pas la permission d'aller trop loin de la maison.

Il y avait certainement de nombreux  commerçants mais je ne connaissais que Mme Lagrange. Elle était la mère de Jean Lagrange, devenu ingénieur, il avait créé des pièces métalliques pour les avions et les voitures. Son entreprise était sise, Avenue du Général de Gaulle dans les années 1975 à 90. Donc, Mme Lagrange était couturière à domicile. Elle était veuve de M. Lagrange, couvreur, mort en tombant du toit de l'Eglise de Caychac qu'il réparait. Elle s'est remariée à M. Saudoux qui travaillait à Bordeaux et faisait les allers-retours en autobus.

Il y avait aussi le coiffeur, mélomane, M. Balducci, qui coiffait hommes et femmes. Son salon, assez sombre, était situé presque à l'angle de la rue de Bigorre. Il prétendait qu'aller boire l'eau de source qui alimentait le lavoir de Bigorde lui permettrait de vivre très vieux ? (Aujourd'hui le salon reste inoccupé, et le lavoir n'existe plus. Seule coule par un tuyau de l'eau, qualifiée non potable. Le merveilleux est absent.)

Nous arrivons dans le virage à droite à l'étable de Lulu (Lucienne Blanc), où ses vaches se faisaient traire et passaient la nuit. Les vaches de Lulu ont rythmé toute notre enfance. Le matin vers 7 heures, elles remontaient la rue Edmond Blanc, la rue de Peybois, la rue de l'abbé Raby, traversaient la route de Pauillac pour aller au Barraillot où la famille Blanc avaient des près et des terres maraîchères. Vers 19 heures, elles faisaient le même parcours en sens inverse. Octave dit "Tatave", le vacher un baton à la main, en bleu de travail, la cigarette éteinte à la bouche, les suivait en boitant. Nous, les enfants, nous restions longtemps au bord des routes pour les regarder passer, comme un rituel. (Aujourd'hui l'étable est une maison d'habitation.)

Dans le virage de l'autre à côté de l'entrée principale du château Cambon, la boulangerie Miquau, était tenue par Mme Miquau, une dame forte qui avait du mal à marcher, et qui ne voyait que d'un oeil. Je la plaignais beaucoup car entre le magasin et sa cuisine il y avait un patio, qu'elle devait traverser dès que la clochette de la porte annonçait l'arrivée d'un client, souvent, au moment où elle oeuvrait à ses tâches ménagères. C'était une personne gentille, toujours de bonne humeur, avec un petit mot aimable quels que soient ses soucis.

Toute la famille Blanc habitait en face de l'entrée des domestiques du Château Cambon. Il y avait un corps de bâtiments où vivaient Edmond, sa femme Lucie et ses deux fils André et Roland ainsi que leurs épouses. Nous allions vers 20 heures avec notre bidon chercher le lait que nous vendait Mme Blanc mère, toute de noir vêtue, avec un petit chignon sur le sommet de la tête et le sourire très rare. Mme Blanc avec une grande louche faisait passer le lait du grand bidon à nos récipients, en évitant de verser les moucherons morts, et nous lui donnions nos sous. Edmond Blanc, une épaisse moustache blanche, était un congénère de notre Grand-Père, (qui avait rencontré notre grand mère à son mariage). Jeunes, ils allaient ensemble à la foire de Saint Héléne avec une charrette. Ils aimaient s'amuser, et chasser la palombe entre autre. Edmond avaient des Palombières (postes de chasse) d'une hauteur de 3 à 4 mètres au Baraillot et les prêtait à ses amis. Il avait été conseiller municipal mais il est décédé en 1954 et mes aînés ont le droit de mieux parler de lui que moi. Son fils Roland et Lulu avaient eu deux enfants : Henri et Rolande.  Quand ils étaient jeunes, Roland et Lulu vivaient des artichauts qu'ils cultivaient à Gratequina dans l'exploitation d'Edmond. De ce fait, ils n'ont pas pu élever leurs enfants et les ont laissés en nourrice à Jeanne Charlot, la blanchisseuse de la rue de l'Abbé Raby, veuve de guerre qui n'avait pas d'enfant et vivait avec sa mère Mme Laspeyre. Son cri "Henriiiiii !!! Tel celui du paon," raisonne encore à mes oreilles. Ce dernier, l'enfant de tout le village, allait chez les uns et les autres, et Jeanne ne sachant pas où il était s'époumonait. Parfois il était chez moi, ma mère l'aidait à faire ses devoirs puis, nous faisions d'une balançoire, accrochée à la branche d'un vieil érable, face à face, et nous essayions d'attraper le ciel. J'avais peur, lui non...

Après les bâtiments de la famille Blancs, des locaux désaffectés, certains en bois d'autres bâtis, étaient les restes, soi-disant, d'un abattoir boucherie. Nous nous y sommes beaucoup cachés et poursuivis.(Aujourd'hui parking ainsi que la maison des Gire, et l'emplacement de la pompe)

A l'angle des rue de Tanaïs et de Peybois

La petite entreprise, Tallet ? avec ses magnifiques tilleuls, qui longeaient la rue de Peybois, derrière lesquels se trouvait un très beau corps d'habitation. A angle droit de la maison, étaient implantés les bâtiments de son Industrie, je ne me souviens que du bruit des grandes cuves, jour et nuit, avec leurs thermomètres, et du liquide épais et coloré qui sortait de leurs robinets. Je suppose que c'était de la colle, il y en avait de deux sortes. L'été, Françoise, Carole, Michel, Madeleine, Marie-Claude, Jean-Louis et moi, nous découpions de grandes lanières de caoutchouc sous les tilleuls, en chantant "sur les marchés de Provence" de Gilbert Bécaud, à pleine voix. Au début, de l'après midi c'était amusant, mais au bout de quelques minutes les ciseaux nous faisaient très mal aux mains, nous avions des ampoules. Je suis incapable de me rappeler l'odeur âcre du caoutchouc et de la colle. (Aujourd'hui maison des services)

Rue de Peybois

Un petit bâtiment sur le côté de la rue à gauche de l'Eglise servait d'entrepôt à M. Comtat Jacques, originaire de la Savoie, maçon. Il a beaucoup travaillé sur la commune de Blanquefort, ainsi qu'à Parempuyre. Ce dont je me souviens, c'est qu'il avait un gramophone avec des 78 tours et qu'il écoutait souvent le dimanche, seul dans son cabanon, "étoile des neiges" un petit savoyard.... L'un de ses deux fils Guy a repris son entreprise jusqu'à la fin des années 90.  Sa mère Oristelle sifflait merveilleusement bien. De temps en temps, dans les années 1915 à 1924, elle venait au café, restaurant, salle de cinéma et de danse, Mirtain à Parempuyre, donner un coup de main à mes grands-parents. (Inoccupé)

Dans une ferme, implantée sur un chemin de service, qui passait sur le côté de la maison des Contat et reliait la rue de Peybois à la rue de la Liberté, nous allions, au début des années 50, chercher notre lait chez Elise et Léon Sarthou. Son entrée principale était rue de la Liberté. (Aujourd'hui maison d'habitation et petite résidence à étages)

Rue de Campot

Notre amie à tous, femme de caractère, la vie ne lui a pas fait de cadeaux, Pierrette Seguin-Dubourdieu. J'espére ne pas la blesser en disant qu'enfant unique, elle avait été très jeune, orpheline de mère. Par la suite, elle a travaillé très dur avec son mari ; sans congé, sans dimanche, sans repos, pour exploiter sa ferme et ses vignobles, véritable entreprise. S'occuper des vaches est un travail sans répit, car comme tout être vivant, les vaches peuvent tomber malades et il faut leur prêter attention pour s'apercevoir quand il faut les soigner, ou appeler le vétérinaire. (Aujourd'hui veuve, Pierrette s'occupe de sa famille et de ses poules) 

La rue Rincazaux

A l'angle des rues de Peybois et Rincazaux une grande maison basse, une girondine du XIX ème était habitée par Denise Filatreau, veuve, son mari était décédé d'un accident du travail, et elle avait élevé, seule, ses fils, Jean-Paul et Christian. A la saison, à son retour des Capucins où elle vendait ses légumes avec sa belle fille Yvette Pineau, elle rentrait chez elle et vendait les pommes de ses pommiers, plantés au Baraillot au milieu des près et voisins des postes de chasse. (Son fils Christian et son épouse ont gardé la maison familiale)

Plus loin dans la rue Rincazaux, je crois que la famille Laydet lavait le linge de tous ceux qui le désiraient. Il me semble me souvenir d'une grande quantité de draps étendus sur des fils le long de la route.

Rue Mathurin Olivier

En partant de la place de l'Eglise, vers la route de Pauillac, sur la gauche, la villa "Saint Hubert", que mon Grand-Père a faite construire en 1912. Il pensait y vivre avec sa mère, veuve d'Arnaud Chauvin, et son épouse. Mais, cette dernière trouvant cette demeure trop belle a préféré partir habiter au Pian. (Toujours maison d'habitation)

Puis, une petite maison basse était habitée par Robert Olivier, qui dans les années 50 avait eu un accident du travail, et passait ses jours et ses nuits allongé sur une planche. Il était nourri à la cuillère par son épouse Simone, jamais il ne se plaignait de sa condition. Toute sa vie il aura été un homme aimable, père aimant pour ses quatre enfants, Marie-Rose, Jean Marie, Nanette ? et Philippe. Simone, pour gagner un peu d'argent, enfilait des violettes en plastiques sur des tiges en fer afin de fabriquer des couronnes mortuaires ; nous l'aidions tous dans cette tâche. (Aujourd'hui maison de sa petite fille)

Dans les années 50 vivait "Mathurin Olivier (1872-1952), conseiller municipal, depuis 1941, puis adjoint au Maire, s'est occupé toute sa vie des oeuvres de jeunesse et de bienfaisance en tant qu'animateur du quartier de Caychac. Propriétaire d'une épicerie, après avoir épousé Marie Louise Broustic, il a fait la tournée de lait puis l'alimentation générale avec son fourgon. Homme estimé, il fut président des anciens militaires de Caychac." (Blanquefort, rue et lieux-dits, publication du G.A.H.BLE)

Pour accéder à son épicerie, il fallait monter deux marches, et nous, les très petits enfants, nous avons passé beaucoup de temps à jouer sur ces marches ; assis à discuter, à les sauter. C'était un de nos lieux de jeux favoris. Il ne circulait, que des gens à pieds, des vélos et de très rares charrettes. Les petites routes gravées, avec des ornières, étaient des terrains de jeux sans danger. Lorsque Mathurin est mort, j'étais très jeune, mais une grande tristesse s'est abattue sur le village et je l'ai ressentie. Il laissait ses deux fils, André et Robert Olivier "entreprise charpente et couvertures" à Caychac, et sept petits enfants. (Aujourd'hui, maison d'habitation, les hangars de l'entreprise, où nous jouions à cache-cache, qui subissaient le vieillissement naturel du bois, ont été démolis et une piscine les remplace). En face de l'épicerie Olivier, une petite maison abritait la famille Paris, le père jockey de son état, donc pas très grand, avait deux filles, l'une épousera J.P. -F. et l'autre un militaire de Tanaïs. Ce fut une plaie pour les garçons du village ce camp de Tanaïs avec ses militaires, beaucoup de filles de Caychac, des belles, se marièrent avec plusieurs d'entre-eux.

Puis à la fin des années 60 nous avons eu notre première agence immobilière, Mme Moreau a débuté sa carrière chez elle à Peybois ? puis bien plus tard est venue s'installer avenue du Général de Gaulle. Ce dont je voulais parler, c'est de son mari, Bernard Moreau qui est arrivé sur la commune en 1967 comme professeur technique au lycée des métiers de Blanquefort, qui s'est occupé du club des jeunes et a créé une antenne de Terre des hommes puis a commencé le dessin d'enfants. Quelques-uns de ses dessins humoristiques, publiés sous le pseudonyme "MUSS", ont décoré ma pièce à vivre pendant des années et ont participé à l'éducation de mes enfants. Il est décédé à la rentrée des classes 2010.

Témoignage de Y - S.A. : Monsieur Maleyran, le mécanicien, ne faisait pas que réparer les "2 roues" il en vendait. Quel bonheur pour moi, (avec l'argent gagné en deux mois de vacances, à garder les deux petites-filles de Madame Martineau, directrice de l'école de Blanquefort) je suis arrivée chez lui en disant : "Je viens acheter le Vélor", un beau vélo-moteur bleu, bien moins lourd qu'une "Mobylette".

En conclusion

En écrivant le décès de Mme Peyruse-Labeguerie, je me rends compte que chaque fois que nous avons eu un deuil dans nos familles, presque tous les commerçants de Caychac, faisaient sorte qu'une personne de leur famille assiste à la messe d'enterrement, qu'ils en soient remerciés.

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Un amoureux de pêche à la ligne me parle souvent de l'énergique Mme GAJAC, qui tenait le café Gégé à la sortie de Blanquefort sur la Route de Pauillac. Elle est maintenant très vieille, et ne peut plus aller à la pêche comme à l'étang de Somos (avenue du 11 novembre en face du P.N 14) dans sa 2 CV jaune citron. La cigarette à la bouche, le briquet à portée de la main, assise sur son pliant, avec son unique ligne, elle prenait beaucoup de poissons, avec le petit M. Ardouin, grand fumeur aussi qui venant à la pêche en moblylette le fouillis dans un pot de peinture. C'est un souvenir marquant pour celui, bien plus jeune qu'elle, qui partageait sa passion. On peut dire qu'elle lui en "bouchait un coin, pour une femme...".

Le responsable du cimetière vis-à-vis des autorités, fossoyeur, entreprise de maçonnerie, Gilbert PINEAU père, que j'ai toujours connu massif, moustachu, le verbe haut, appuyé sur son vélo, était un livre de souvenirs à lui tout seul. Cet homme aux lointaines origines italiennes, aimaient les gens et s'intéressait à eux. Il passait le temps qu'il fallait à les écouter, et à raconter. Lorsque nous étions dans la peine, il savait la partager en nous parlant de nos disparus et en nous racontant des anecdotes les concernant. Ma belle grand-mère, Mathilde, pas très féminine lui plaisait, et lorsqu'elle passait à vélo par le cimetière il lui faisait des petits cadeaux, des pommes de son verger, des salades de son jardin qu'il lui mettait dans les sacoches. Gilbert connaissait ses morts (j'avais l'impression que dès qu'ils étaient enterrés ils lui appartenaient d'une certaine façon) et leurs tombes. Très peu étaient anonymes pour lui, de tous il savait la vie et les liens de parenté.

Sa fille Yvette, fine cuisinière (confits, pâtés, conserves, etc...) a fait partie de mon enfance à Cachac. Ses fils : Yves maçon et fossoyeur, toujours souriant et affable aimait son métier et ses clients qui le lui rendaient bien, conteur, ami des cailloux, connaisseur de la nature et de ses rythmes. Alain, le petit dernier, un peu trop enrobé qui creusait les fosses, vendait les chrysathèmes dans son cabanon, en faisant des prix d'amis. Ce grand chasseur qui partageait les bonnes bouffes avec les copains, n'a plus aimé la vie quand sa santé ne lui a plus permis de pratiquer son loisir-passion. Alors, il s'est assis dans son fauteuil et a attendu en la regardant en face, celle qu'il connaissait depuis sa naissance, parce qu'elle était le quotidien de sa vie ; la mort. Sans oublier son autre fille, Mathé du bourg de Blanquefort, aux cheveux frisés, intarissable sur l'art de cultiver les jardins qui vendait le pain à la boulangerie, pâtisserie de Mme et M. BROCHOIRE, 11 rue de la République. C'était la voisine et l'amie fidèle de M. RENAUD, le coiffeur, mort en juillet ? 2003 au tout début de la canicule. Tous les enfants de Gilbert ont été ou sont de la "famille".

DANS CET ANNUAIRE TELEPHONIQUE DATANT DE 1968, J'AI COMPTE ENVIRON 190 LIGNES TELEPHONIQUE SUR BLANQUEFORT. Soit un peu plus d'une page, avec une seule colonne, recto-verso. C'était, il y a environ 43-44 ans...

Commerçants et quelques autres, pas tous, par ordre alphabétique en 1968 sur la commune de Blanquefort :

Cabine téléphonique à Caychac - Boulangerie Miquau ?

Alby Pierre, industriel,  le Chalet Penanguere - Alsina J. entrepreneur, lotissement Saturne - Ambulances Saint-Expédit, Boulevard du Général de Gaulle - Ariola, quincaillerie, rue de la République - Audouin M., Castel-Chalet à Caychac -

Baudinière, propiétaire, viticulteur, château Grand-Clapeau - Bellot, Mme Vve Y. exploitante, chemin Moulin Noir, Plassan - Bernard R., Boucher, Breillan - Bidou Gérard, aviculteur, rue de la République - Biret Marcel rue Gambetta - Boingnères André Château de Saint-Haon, Caychac - Boingnères J. Le Pigeonnay, Caychac - Bornand, domaine de Lagnet - Boulangerie Pâtisserie, G. Arsène avenue du Général de Gaulle - Bousquet Y. - L. peintre public bâtiment, avenue de l'Europe - Brochoire G. boulanger pâtissier rue de la République 11 - Bugeaud G., notaire, rue Tastet Girard -

Carme J. rue Thiers - Castella Jeanne, chirurgien dentiste, rue Gambetta - Chabrat-Massart, château Gilamont - Collège Agricole Féminin de la Gironde - Collège Enseignement Général - Collège d'Enseignement Technique - Comité d'Action Sociale et Educative, château Breillan - Cornu Ph., la Dinière - Coustaud Alban, marchand de bestiaux, boulevard Alcide-Lançon - Cruze, Le Dehez - Dallet, chef secteur P.T.T., quartier Portail, - Daunay M., Peybois - Delage R., mandataire fruits et légumes - Delezinier P., aviculteur, Dulamon - Delpuech A., P.T.T., lotissement Saturne - Déris André, rue du Général Leclerc - Derode L., domaine de Corn - Désiré R.-H., représentant industriel, Cachac - Docteur Nony Gervais, boulevard Alcide-Lançon - Dubois, "Le Chalet", rue Jules Ferry - Dugravier P., Avenue de l'Europe - Dumora Jean, mécanicien garagiste, avenue du Général de Gaulle - Dupuy H.-R., l'Ermitage à Corn - Dussouchaud Lucien, boulevard Alcide-Lançon - Duverdier G.-L., exploitant aviculteur domaine de Campot, Caychac - Duvert Jean, domaine de Cimbats.

Ecole publique de filles, au bourg - Faugère Etienne, mécanicien route de Pauillac - Fay Henri, industriel, à Caychac - Fayat et Cie, entreprise bâtiment travaux public zone industrielle -  Fayollas J., oenologue expert dégustation, Solesse - Ferrand J., transports, Peybois - Fillatreau J., entrepreneur,  Caychac - Fort Denis, boucherie, rue Tastet-Girard - Etablissements François, alimentation générale place de l'église -

Gadrat J.-B., chirurgien dentiste, rue Gambetta - Gagac F., transports Cantelaude - Gagnerot René, coiffeur, place de l'église -  Gajac, bar, tabacs, dancing - Gallet, Caychac - Galy C., couvreur, zingueur, cité Saturne, N° 128 -  Gauthier M., réparateur, installateur, distributeur d'essence quartier Andrian - Gendarmerie -  Grands Travaux du S.O. (sté), chantier lycée - Gross, domaine de Lagnet, place de la République - Guillon C., Taxi, La Gravette - Guillouset A., Sanitaire, chauffage, couvreur, rue Tastet-Girard -

Hadjadj R., garage "Stop Garage", rue Tastet-Girard - Hamon Y., domaine Sainte-Colombe - Hôtel-Café du Centre, place de l'église - Hôtel des Voyageurs, rue Tastet Girrard -

Labégurie, commerçant, Caychac - Labégurie P., éleveur domaine de Montigny - Laboratoire Sud-Ouest zone industrielle Queyrac - Laguillaumie A., porcherie, Caychac - Lamboley, Conseiller Général - Landa H., directeur commercial lotissement Saturne - Lapayre J.-M. ingénieur lotissement Saturne 138 - Laporte-Muselli - Le Meur, La Garenotte - Levesque Ph., agriculteur, Grattequina - Liaubet J., lotissement Saturne - Loison J.-C., rue Gambetta - Lopès Alexandre, chef comptable, les Tuillières, Caychac - Lycée Agricole Bordeaux-Blanquefort -

Mairie - Maison de l'Association Familiale Saint-Michel, cours professionnels et ménagers route du Médoc - Maran J.-C., coiffeur rue Tastet-Girard, - Marque R., assurances - Martin H., entrepreneur en maçonnerie, rue Jules Ferry - Massart Mme Michel, Clos Muratel - Matheau R., machines agricoles, forages, installations eau, sanitaires, Avenue de la Gare - Matheau Robert, matériel agricole avenue du Général de Gaulle - MAUDOUIT ET FILS, "Les belles chaussures de France pour enfants", Moulin de Canteret - Mauget R., domaine de Vire midi, Peybois - Miart, quartier Breillan - Michel René, mécanicien, cycles, motos, boulevard Alcide-Lançon - Milhat, "La Chaumière" route de Taillan - Montbel Comte de, Château de Fleurennes -

Noailles G. - electricien auto, Chemin de la Gare la Landille -

Olivier J. - machines agricoles Peybois - Orphelinat Saint-Joseph -

Padirac Vicomtesse M.-A. de Fouilhac de, château Cambon, Caychac - Pain A.-J., station service route du Médoc - Pain J., pharmacien - Palu J.-C., lieudit Maurian - Patoche, sérigraphie, domaine de Saint-Louis - Péraldi C., La Tanière, lotissement Saturne - Philippard J., château Fongravey - Poissant G., domaine de Cholet - POMPIERS - Pont E., plombier zingueur, boulevard Victor-Hugo - POSTES ET TELECOMUNICATIONS : receveur - Pradeau M., représentant, place de la République - Presbytère de Blanquefort -

Raganeau A., entrepreneur bâtiment et travaux publics, avenue de la Gare - Rigalllaud J., horticulteur, Bel-Air, Andrian - Rocher C., Chirurgien, Boisfleury, route de Macau - Roig Emilienne, Caychac - Rousseau J., régisseur, Le Caribou de Peybois, Caychac -

Saint-Helme J., négociant, boulevard Alcide-Lançon - Saudubray Francis, château Maurian - Seynat C.E.T. - S.N.E.C.M.A. Sté, engins balistiques - Sotte H. à Sable -

Taris André, docteur en médecine, domaine de Grincel - Tiret, pharmacien -

Valet Raymond, serrurerie, ferronnerie - Veber J., docteur en médecine, domaine de Saint-Gilles boulevard du Général-Leclerc - Vétillard du Ribert, avenue du Général de Gaulle -  Victorin Marc, montage dépannage postes carburateurs, Solesse - Vanderheyden Pierre - Villaume Ad. négociant en vins, domaine de Montgiraud -

Dans cet annuaire de 1968, soit il y a 44 ans,  Blanquefort est dans la rubrique département  de la Gironde -  Dans les banlieues immédiates de Bordeaux, il y a Bègles, Le Bouscat, Bruges, Cenon, Floirac, Lormont, Mérignac, Pessac, Talence. Nous étions à 11 ou 12 Kms de Bordeaux et donc à la campagne. Si vous passez par Blanquefort, rendez-vous compte quelle vitesse nous avons évolué sur période aussi courte !

C'est courant 1968 que Blanquefort sera inclus dans la C.U.B. nouvellement créée.