Salles de spectacles

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LE CINEMA DE LA RUE TASTET GIRARD

Je n'y suis allée qu'une seule fois au tout début des années 1960. C'était une époque où l'on ne laissait pas les filles aller au cinéma toutes seules, le groupe était préconisé. Il me semble qu'il était situé derrière la pharmacie Thiret, et qu'il donnait sur une cour. Comme j'étais partiellement de Caychac, je manque d'éléments. Si quelques blanquefortais peuvent m'envoyer des renseignements supplémentaires, ils seront les bienvenus.

Toujours est-il que j'ai le souvenir de chaises et de bancs, d'un film en noir et blanc, d'une épaisse fumée de cigarettes, d'un son grésillant, que l'on ne pouvait entendre que lorsqu'il y avait un semblant de silence imposé par les cris, de ceux peu nombreux, qui étaient là pour voir le film. Peut-être un film avec Eddy Constantine. Je crois que c'était en fin de carrière de cette salle qui avait dû connaître des jours bien meilleurs et passer de beaux films.

A BORDEAUX, ma grand-mère accompagnait ma mère et ma tante à l'Alhambra, elle leur cousait des robes pour l'occasion. Dans le cadre d'une formation dispensée par Marie-Brizard et Roger elle avait appris la couture.

AINSI SOMBRA L'ALHAMBRA, HAUT LIEU DU SPECTACLE - Sud-Ouest du 28 juin 2011 - Cadish -

C'est encore un mythe pour les Bordelais d'après-guerre, car ils ont connu l'apogée et la descente aux enfers de cet incontournable temple du spectacle, situé dans la rue éponyme, qui a vu le jour vers 1870, à l'emplacement d'un ancien cirque. Quelques témoins de ses dernières heures en parlent toujours avec émotions et nostalgie. Ce complexe était bien connu pour ses attractions, ses concerts et plus extraordinaire pour son skating, présenté comme la plus grande piste d'Europe.

On y vit défiler opéras comiques, récitals, tours de chants, les vedettes très bordelaises avec belles emplumées et sketches hilarants des revues Tichadel. Cette "salle polyvalente" ou "salle des fêtes avant la lettre, accueillait kermesses scolaires, studieuses conférences, vedettes de music-hall et même en son espace championnats de boxe, de hockey et des galas de catch...

Sans oublier les bals grâce au système de bascule qui ramenait le plan incliné de la salle en position horizontale.

RIDEAU !

Tout était donc possible en ce lieu ; fêtes, arbres de Nöl, assemblées électorales où les grands ténors de la politique s'affrontaient; arène préférée de Jacques-Chaban-Delmas au lendemain de mai 1968. On vit même Georges Pompidou, candidat à l'élection présidentielle en 1969. De plus célèbres réunions politiques avaient été organisées cinquante années auparavent par le repli du gouvernement à Bordeaux pendant la Grande Guerre : de septembre à décembre 1914, l'Alhambra devint la chambre des députés. Un journal de l'époque notait : "Les députés ont élu domicile à l'Alhambra. Dans la salle où accrobates, jongleurs et chanteuses se faisaient applaudir nos honorables se réunissaient pour s'entretenir de la guerre". (1)

En 1970, la Ville de Bordeaux achète l'Alhambra à Eric Boché, homme d'affaire, propriétaire du château Fieuzal à Léognan. Des travaux de sauvegarde et consolidation sont effectués dans la foulée car des "turbulences" de l'édifice menaçaient la vie des spectateurs...Le rapport des sapeurs pompiers était formel, par temps d'orage ce serait l'inondation...Panique ! Comme un secret bien gardé, Jacques-Chaban-Delmas révéla froidement que "le théâtre avait été inondé jusqu'à la scène [...] s'il y avait eu des représentations ce jour-là sans doute y aurait-il eu des morts et des blessés". [...]"cependant c'est l'eau, vous dis-je, l'eau !", réitérait le Maire. Et le feu ? Le tragique désastre du CES Pailleron à Paris amena les commissions de sécurité à plus d'exigence. Les normes sécuritaires en matière d'incendie rendaient désormais impossible de maintenir le lieu ouvert au public...Pétitions de chanteurs et comédiens ; rien n'y fit ! La Patinoire Meriadeck est présentée par Jacques-Chaban-Delmas comme la planche de salut, un nouvel espace de spectacle à la dimension de la ville. Lors de la séance du conseil municipal du 28 juillet 1987, Jacques-Chaban-Delmas répliquant à "l'eurodéputée" Catherine Lalumière attristée par cette fermeture, lança en bon joueur : "Moi aussi, je regrette l'Alhambra. C'était pas du grand art, mais une forme de cul-culture".

Le 27 juillet 1987, la Ville céda l'immeuble à un promoteur. Cette vente mis un terme à cent ans de spectacles. On ne garda que la façade classée à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. En 1990, un programme de logement réalisé par les jeunes architectes bordelais, Brochet, Lajus et Pueyo entra en scène.

(1) archives "Sud-Ouest" de 1982, 1983, 1987

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CINEMAS DE BORDEAUX EN 1968

 

ABC 202, rue Ste Catherine
Capitole 97, rue Judaïque
Capucin 9, place des capucins
Cinevogue rue Malbec
Comeac 81-83 rue Ste Catherine
Eden 13, place Stalingrad
Etoile 133, cours Victor Hugo
Familia 13, rue Charlevoix-de-Villers
Fémina 8-10, rue de Grassi
Festival 151, Bd Albert 1er
Gallia-Palace 226, rue Ste Catherine
Girondin 15, cours du Maréchal Galliéni
Intendance 5, cours de l'Intendance
Le Club Gaumont 26, cours de l'Intendance
Lux 55, rue Poyenne
Luxor 290, rue Judaïque
Marivaux 15, rue Condillac
Midi 229, cours de la Marne
Moderne 5, rue Gouffrand
Mondial 16, rue Voltaire
Olympia-Gaumont 9, cours Georges Clémenceau
Rex 165, rue croix de Seguey
Rio 9, rue Castelanu d'Auros
Ritz 57, rue Servendoni
Saint Genes 6, Bd F. Roosvelt
Stella 308, avenue Thiers
Théatre Français 2, rue Fénelon
Trianon 6, rue Franklin
Victoria-Palace 35, rue René Roy de Clotte

 

 RIALTO                                         Cours Balguerie disparu transformé en garage, puis en Leclerc et pour finir en immeubles. Qui a projeté les premiers "Don Camillo" avec Fernandel. J'étais toute petite et j'avais peur d'être écrasée par la foule qui attendait.

C'est au Fémina que j'ai vu la projection de "Sissi impératrice" j'étais accompagnée par ma grand-mère et nous étions debout dans les escaliers tellement qu'il y avait de spectateurs. Elle m'avait aussi amenée voir Brigitte Bardot dans "La beauté d'Hippolyte".