GRAND CLAPEAU - historique

 

  DOCUMENT biliothèque du G.A.H.BLE : Inventaire des châteaux et maisons de campagne de Blanquefort, mémoire de maîtrise, Université de Bordeaux III (1984). Bertrand CHARNEAU  p. 123 et suivantes.

J'utilise ce document, dont j'ai eu connaissance y a très peu de temps, et après un très long travail de recherches. Il y a 9 ans quand j'ai demandé au G.A.H.BLE, si mon aïeul, PERRIN, avait été propriétaire du Grand-Clapeau, on m'a conseillée d'aller au service des hypothèques à Bordeaux, puis chez le notaire... Alors que ce document ayant fait l'objet d'un mémoire, et qui était dans la bibliothèque de la maison du patrimoine contenait la photographie du Grand Chapeau en 1898 où figurait le nom du propriétaire de l'époque : "PIERRE PERRIN".

Pour certaines, il est difficile d'accéder au savoir, nous devons le mériter... et c'est un long chemin pavé d'embûches. Les sujets sur les châteaux, les guerres, sont-ils un domaine réservé ? aux hommes ?

Dans la famille, nous savions par la légende familiale, que le Grand Clapeau avait appartenu à un de ses membres, mais était-elle exacte ? personnellement je ne le savais pas, n'ayant aucun document pour me permettre de la vérifier. Après des années de recherches, j'ai eu la preuve que Pierre PERRIN, le grand-père de mon grand-père en avait était propriétaire de 1895 à 1905, et que l'argent qui lui avait permis de l'acheter avait été gagné honnêtement par son commerce d'entrepreneur de travaux publics.

D'après les dires de mon grand-père, c'est grâce à Pierre Perrin que le Grand-Clapeau a été classé "cru bourgeois" en 1898.

LE GRAND CLAPEAU

- HISTORIQUE

A - Edifice antérieurs

La gravure titrée "Château Grand-Clapeau-Olivier" parue dans l'édition de 1874 des "statistiques générale", évoque sommairement l'état ancien des bâtiments composant la propriété de M. Edouard AVRIL ingénieur et entrepreneur de travaux publics.

M. AVRIL qui participa à la construction du chemin de fer du Médoc, fit reconstruire la demeure de Grand-Clapeau à la fin du XIXe siècle.

"Bordeaux et ses vins" présente dans l'édition de 1898, la demeure reconstruite : un corps de logis central comprend trois niveaux d'élévation dont un étage de comble couvert par un toit à brisis. Ce corps de bâtiment domine deux ailes basses.

Une carte postale datant des premières années du XXe siècle, précise l'architecture de la demeure que la construction du pavillon "façon château", a voulu anoblir puisque, ainsi que Feret l'écrit : "Ces vins sont classés parmi les meilleurs de Blanquefort".

B - ORIGINES DU DOMAINE

Certainement d'origine ancienne, le domaine de Clapeau n'est signalé par les sources que depuis 1752, date à laquelle François-Charles-Hyacinthe de Martin seigneur, entre autres de la maison noble de Terrefort, vend une pièce de terre à Dumas, au "tènement de Clapeau".

La carte de Belleyme signale l'existence du Château de Clapeau au milieu des vignes. A l'ouest de Quaychac et au sud du château, le nom de Clapeau est réécrit avec le graphisme réservé aux noms des leiux-dits ou des domaines, sur un paysage dont la gravure dessine le vallonnement.

Il semble que la propriété appelée "maison Olivier" sur le cadastre de 1806, soit la demeure actuelle de Grand-Clapeau ; le propriétaire d'alors était probablement un monsieur Olivier dont un cru portait aussi le nom.

Le cadastre de 1843 nomme, par erreur, le domaine "Petit-Clapeau". qui serait plutôt l'autre dénomination de la propriété de Tanaïs, qui jouxte au sud, celle, de Grand-Clapeau.

M. Baudinière maintient aujourd'hui la qualité d'un vin toujours classé  parmi les rares crus bourgeois produits à Blanquefort.

DESCRIPTION

Sitution et composition,

Le domaine de Grand-Clapeau s'étend à l'ouest de Cachac, loin des habitations au milieu d'un paysage de côteaux plantés de vignes.

Les bâtiments d'exploitation et le logis forme un "U" fermé par une grille délimitant une cour.

Matériaux et leur mise en oeuvre.

Pierres de taille pour l'ensemble, ardoise pour le toit du pavillon central et tuiles pour les ailes.

Le logis.

   A - Parti général

Deux ailes mettent en valeur au centre un pavillon imposant, la façade principale est exposée au sud-ouest.

   B - Elévation extérieures.

Les deux façades de ce bâtiment sont identiques.

Façade antérieure ; le pavillon.

Au milieu de la façade, le pavillon paraît à lui seul être l'habitation.

En fait l'aspect général est trompeur, le pavillon est de proportion modeste, et le logis comprend aussi les basses ailes.

Le premier niveau du pavillon comprend trois baies dont une port-fenêtre au centre, inscrites dans des arcs en plein cintre. Mis à part un soubassement lisse, le mur est animé par un appareil à bossage en table, une moulure horizontale, peu saillante sépare ce niveau du deuxième.

Le deuxième niveau est l'étage "noble". Trois fenêtres allongées sont séparées par des pilastres cannelés surmontés de chapiteaux à volutes d'où sort une guirlande de fleurs. Au dessus de l'élément de frise, deux modillons supportent la corniche à denticules, les trois haies comportent un balconnet à balustres en poire.

Le troisième niveau est l'étage de comble, largement éclairé par une lucarne ornée d'ailerons en spirales.

Basses et allongées, les ailes comprennent chacune deux travées percées d'une porte-fenêtre surmontée d'une couverture de même largeur. Cette ouverture forme une lucarne avec une couverture à deux versants supportés par des modillons en bois.

Combles et couvertures.

L'étage ce comble est abrité par un toit en pavillon couvert d'ardoises.

Sur les ailes, des tuiles protègent les greniers.

NOTE DE SYNTHESE

La demeure de Grand Clapeau est l'exemple, courant dans le bordelais, d'une exploitation agricole à laquelle des crus de qualité ont donné la possibilité d'être transformé en "château"

Comme beaucoup de propriétés viticoles bordelaises, le terme de château confond demeure et cru. A la fin du XIX siècle, il devenait certainement pressant pour Grand Clapeau d'anoblir, ou plutôt "d'embourgeoiser" (puis que tel est le nom du cru), le logis.

Si les propriétaires des grands curs du Médoc ont pu faire construire, vers le milieu et la fin du XIXe siècle, des châteaux comme Palmer ou Pichon-Longueville par Charles Burguet, ou encore le château de Marbuzet par l'architecte Monginoux, c'est avec beaucoup plus de modestie, mais dans le même esprit, que le propriétaire de Grand Clapeau a voulu que son domaine viticole doit dignement commandé par "une maison de maître" dont l'architecture se donne des apparences classiques.

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Note personnelle : Louise Charlotte Olivier 1791 - 1875 a épousé André René Bourgault du Coudray  1785 - 1844 (sans rapport)