LES DOCTEURS (en médecine)

 

LES DOCTEURS EN MEDECINE

J'ai retrouvé une facture que le Docteur Charles BRUN, médecin à Blanquefortavait envoyée à Pierre Perrin, propriétaire du Grand Clapeau, pour des soins dispensés à son petit fils, Gabriel. Cette facture datait de 1903.

Docteur Charles BRUN                               Blanquefort, le               190

Ancien Interne des Hôpitaux

Consultation de 1 h à 2 h

Tous les jours, jeudi excepté

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Blanquefort (Gironde)

   Doit Monsieur PERRIN au Doct. Brun pour soins donnés à son petit-fils

la somme de 238 francs dont détail suit :

En février, mars 2 cons.                                                                         4

Du 18 mars au 21 mai : 39 visites                                                       117

           -                -      :  9 visites et pansements                                 36

Consultation avec M. Dubourg                                                             25

Opération - Chloroformisation                                                            50

Visites en Juin : 2                                                                                    6

                                                       Total                                    frs      238

                    Blanquefort, 28 septembre 1903

                   Signature : C. Brun

Pour acquit de la somme ci-dessus. Blanquefort le 22 novembre 1903

                   Signature : C. Brun

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LA SAGE-FEMME

Mme Marguerite DUMORA, sage-femme à domicile, en juillet 1915 se faisait payer 50 francs pour un accouchement et 35 francs pour une visite.

(Caisse de ménage de Gabriel et Mathilde PERRIN)

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La consultation du médecin à domicile en novembre 1916 s'élevait à 40 francs.

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Sauf erreur de ma part, et je ne demande pas mieux que d'être contredite, et par là de pouvoir échanger des informations.

Dans le début des années 50, il n'y avait qu'un téléphone public à Caychac, je crois qu'il était situé dans la cantine de l'école et que les habitants allaient y téléphoner, c'était peut-être Marguerite (Margot)  Olivier fut un temps qui le gérait, elle était cuisinière à la cantine. Pour en venir au fait suivant, les habitants en règle générale n'ayant pas le téléphone pour communiquer avec le médecin procédaient de la manière suivante : ils entraient dans le jardinet de Marie Louise Olivier, rue Mathurin Olivier, sur sa porte en bois était accrochée une ordoise avec une craie et les cachacais indiquaient leur nom et même pas leur adresse (le médecin la savait et de plus les rues n'avaient pas de nom). Le docteur passait chez Mme Olivier et relevaient le nom des personnes à consulter.

Celui que j'ai rencontré  pour la première fois, très jeune, était le docteur Castéra, je l'ai vu une seule fois mais j'ai le souvenir du temps qu'il passait à converser avec mon grand-père, peut-être parlaient-ils de chasse ? ou bien de maladie ? (J'ai entendu dire à plusieurs reprises que le docteur Castéra  était le seul a avoir une voiture, ce qui est faux, Pierre Perrin en 1905, quand il a vendu le grand-clapeau en avait deux dans ses dépendances).

Nanou, m'a signalé le nom d'un autre médecin de Blanquefort qui se serait appelé M. Fournier, mais il n'en est pas sûr.

Par la suite me vient à l'esprit le titre d'un livre de Christine de Rivoyre "Racontez-moi les flamboyants" pourquoi ? je ne le sais pas, mais j'ai envie de citer cet ouvrage.

J'ai 7 ans en 1954, Margot est en train de coudre, assise sur une chaise, je suis installée dans l'herbe à côté d'elle, nous sommes derrière l'église, sur le chemin de service. Une voiture rouge, longue et plate passe sur l'ancienne route de Bordeaux, Margot la regarde et me dit : c'est le docteur Taris.

Il y avait de la fierté et de l'affection dans sa voix, c'était l'enfant du village, il avait vécu au Pian, et fréquenté l'école de Caychac, dont Margot était la cantinière, et de ce fait, elle l'avait connu très jeune. Plus tard elle racontera, comment il arrivait glacé à l'école et se réchauffait au poêle de la cantine.

C'est l'été, j'ai 9 ans nous dormons, il est 3 heures du matin, des coups à la porte, ma grand-mère qui habite la maison mitoyenne, crit : "vite, il faut aller chercher le docteur, Gabriel est tout rouge et ne peut plus respirer!". Mon père se fait expliquer où habite le docteur à Blanquefort. Prend son vélo et part dans la nuit à toute allure. Peu de temps plus tard le docteur Taris, en pyjama est là, il fait une seignée qui libère mon grand-père de son caillot.

Phrases cultes : "Taris a dis, le docteur Taris m'a dit" phrases maintes fois répetées par les femmes de Caychac, grands-mères, mères, filles. Il leur avait donné un savoir  inattaquble. 

Je l'ai vu pour la première fois dans les années 70, avant c'était une silhouette, une voix qui visitait la famille Olivier.

Début 70, je viens d'accoucher le bébé a un problème. Le docteur Taris est de garde, sans un mot il le déshabille, le plie dans tous les sens, le palpe, l'ausculte. Puis me fait parler de mon accouchement. 

Le lendemain matin, je suis seule chez moi, on frappe et on entre, le docteur demande à revoir le bébé, je le lui présente, il lui ôte sa couche, prend les excrèments entre le pouce et l'index, en apprécie la consistance, la texture et les sent. Il prescira un autre lait "le Pélargon".

Il me regarde, la couleur de mon visage ne lui plait pas du  tout, il me prescrit une série de pîqures et je fais la connaissance de Sonia et Toutoune.

Le Pélargon a été prescrit a beaucoup de bébés tant et si bien que Valérie, une des petite fille qu'il soignait avait donné ce nom à son chaton.

Je suis dans la salle d'attente, une longue pièce de la maison située Avenue Delattre de Tassigny. Cette pièce s'ouvre sur un un grand parc, nous sommes environ une quinzaine de femmes et peut-être un ou deux hommes. Je regarde les patientes, certaines sortent leurs pelotes et leurs aiguilles en prévision d'une longue attente. Elles parlent, de leurs maladies, de leurs familles. Un silence, elles perçoivent des bruits de voix qui viennent de la demeure du médecin. Les conversations changent de sujet en est le docteur, sa vie, ses enfants qui en deviennent le centre d'intérêt et chacun y va de son commentaire, vrai ou faux peu importe, on passe le temps et les tricots prennent forme. Durant tout l'après-midi il y aura le même nombre de personnes, assises sur le divan, les fauteuils, les chaises, les autres debout. Les uns partent, d'autres arrivent, le temps passé par le médecin avec chacun est calculé. Soudain la porte du cabinet claque, une urgence nécessite une visite rapide, de combien la durée de l'attente va-t-elle être prolongée ? Toute la pièce guette le même bruit qui signalera le retour. Ce rythme sera tenu jusqu'à une heure avancée de la soirée 22 heures environ ? Certains ont un petit besoin pressant, pas de problème, le parc et ses bosquets feront l'affaire. Il fut un temps que je n'ai pas connu où les clients venaient avec leur nourriture ?

C'étaient "Une grande famille" dont les patients faisaient partie. Dans cette période là, un échange "affectueux" se produisait entre toutes ces personnes qui avaient largement le temps de faire connaissance d'un manière assez intime. Ces gens là, se reconnaissaient dans la vie courante. La salle d'attente créait un vrai lien social intergénérationnel.

Fin des années 80, il est malade depuis quelques semaines et ma Tante France dans la conversation me donne de ses nouvelles, c'est Florence la fille d'une de ses amies qui les lui a données. Il n'avait pas pu se rendre à une réception à laquelle participait  un grand publiciste. Des années plus tard j'ai cotoyé incidemment des personnes ayant appartenu à ce cercle, mais j'avais compris depuis longtemps que sa notoriété ne se limitait pas à Blanquefort.

A la fin de sa vie je lui demande ce qui avait induit sa vocation. Sa réponse me surprend, il avait choisi la médecine pour faire plaisir à son père, et puis il y avait eu la guerre. Sa véritable vocation était de piloter des avions.

Ses phrases : "Je ne suis pas le bon Dieu, je suis comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois".

Face aux ragots qui circulaient dans Blanquefort et lui revenaient aux oreilles, il baissait les bras en disant : "on ne peut pas empêcher les gens de parler".

Ce sont quelques photos, il y a trop de lumière ; elles sont mauvaises, seul le noir fait ressortir la lumière, mais j'ai fait ce choix.

Il était sportif et écologiste, ami de Jean-Pierre Delhomme, maire U.D.F., avec lui il avait pris les décisions qui ont fait le Blanquefort d'aujourd'hui.

C'est ainsi que la municipalité de M. Delhomme fit l'achat du Parc de Fongravey sur lequel des promoteurs avaient de grands projets,  du parc de Majolan, avec la création du parcours santé, et du camp de Tanaïs. Ces deux hommes sont aussi à l'origne de la création des cours de tennis et du complexe sportif de Fongravey. Ils ont été les premiers à établir officiellement sur Blanquefort une corrélation entre, la qualité de l'environnement, le sport et la santé

Il n'a pas de rue à son nom, peut-être est-ce le choix de sa famille ? ou le sien ? mais à mon humble avis il a fait beaucoup plus pour Blanquefort et les blanquefortais que Dominique Jay...dont le nom est proposé le 27 septembre 2010. Nul n'est prophète en son pays, c'est très véridique, surtout à Blanquefort. Au fait y a-t-il une rue Annie Aubert ? Claude Chabrol ? Mathide Perrin ?

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Le Docteur Alain Pierre Garuet Lempirou, est décédé le 2 avril 2011, à 61 ans, il a été enterré à Pontacq le mardi 5 avril 2011 à 10 h, docteur en chirurgie dentaire, maître de conférence des Universités. Il était né dans petit village des pyrénées, près de Lourdes. Alain avait soigné beaucoup de patients, avec chaleur et dévouement au 10 ème étage du tripode, CHU de Bordeaux ainsi qu'à la prison de Gradignan et en Afrique. Il était le frère aîné du joueur international de rugby (pilier), Jean-Pierre Garuet (qui avait reçu le pape Jean-Paul II à Lourdes) et lui-même entraîneur de rugby, dernièrement à Langon puis à Grignols après un passage à Annecy.

Dès le début, en regardant l'adversaire, dans les yeux.

il a su que le match serait perdu, il fallait le jouer malgré tout.

Il a laissé une place à l'espérance, et pour l'Honneur ;

s'est battu corps et âme, jusqu'à son dernier souffle.

Avant, il avait embrassé quelques-uns de ceux qu'il aimait, en leur disant :

"c'est la denière fois, que je vous voie. Le costume est prêt."

Il avait dit adieu au fêtes de la Madeleine, et moi 

L'air des Pyrénées, une partie de mes racines,  me manque...

Ave Maria...

http://www.rugbylangon.com/spip.php?article442

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LES INFIRMIERES

Parmi les infirmières des années 70 - 80 il y avait, Marie-Jeanne, Sonia, Toutounne, et Françoise M. partie bien trop tôt. Les parents de Françoise étaient enseignants l'un à Caychac et l'autres à  Blanquefort. Sans le savoir pendant longtemps j'ai promené ma chienne en leur compagnie, c'est pendant ces instants perdus qu'ils m'on racontée les Deux-Sèvres, Caychac et à quelques indices à leur lien de parenté avec la jeune l'infirmière qui plaisait à mon père. Maintenant j'aperçois toujours Mme M. marcher à pas menus et rapides sur le trottoir en regardant bien où elle met les pieds, ce qu'elle recommandait toujours à son époux. un homme très aimble.

C'est le décès de Mme Schoenmakers qui me ramène en 1955, j'ai 8 ans, suis suis en vacances à Caychac, il y a trois jardins mitoyens, celui de mes parents, celui de mon grand-père, et celui de la famille Rouillard. Il est 16 heures, je joue dans mon jardin avec le chat, mon grand-père fait une collation devant chez lui, tout est calme. Soudain, je vois mon grand-père se lever de sa chaise, devenir tout rouge, et s'appuyer contre un arbre. Je sens le danger, je me précipite en trombe dans le jardin des Rouillard en criant : "au secours !". Là tout es tranquille Mme S. est en train de peigner les longs cheveux de Yannick, et de lui mettre des épingles à cheveux. Elle me regarde, pose une dernière épingle, va voir mon grand-père, l'installe dans un fauteuil, me demande où il range ses médicaments, comme il les laisse en permanence sur la table de la cuisine, il est facile de la renseigner, elle lit  les noms des médicaments, choisit la digitaline et lui en fait prendre, quelques instants plus tard, il va mieux et mes parents reviennent de leur promenade. Cet épisode parmi d'autres m'a marquée mais heureusement que j'ai pu compter sur la présence, le calme, l'efficité et la discrétion de Mme Schoenmakers ce jour-là.

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Le 26.02.2013 à 8 h 30 j'ai pu acheter le livre de Marcela Lacub, Belle et Bête, un vrai médicament qui s'avale rapidement et qui fait beaucoup de bien. Si elle n'avait donné le nom du roi des cochons, certaines pourraient penser qu'elles l'avait rencontré, peut-être pas un roi, mais un cochon de bonne sature.

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COMMENT ON SOIGNAIT LA LEUCEMIE DES ENFANTS EN 1955, alors qu'actuellement en 2016 elle a beaucoup de chances de guérison.

J'ai pu acheter un journal de 1955 qui relatait le calvaire du petit Jacques TOUROUTE qui souffrait de cette maladie, les parents étant très connus sur Blanquefort, ils habitaient près de la Mairie (Maison du Patrimoine) en particulier la maman, secrétaire de la Mairie du temps où M. Duvert était maire, ce qui fait que tout le village a vécu cette tragédie comme un deuil personnel. De toute façon jusque dans les années 1960 tous les décès d'enfants étaient portés par tous les habitants Blanquefort car tout le monde se connaissait etant  plus ou moins "cousins"..

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DE BORDEAUX ET DU SUD-OUEST. Edition illustrée du dimanche - 27 FEVRIER 1955 -

Jacques TOUROUTE - Le petit leucémique de Blanquefort sera inhumé demain -

Les Chargeurs Réunis offrent à une victime du terrible mal les fonds nécessaires à son traitement à Florence.

BORDEAUX - Le fourgon funéraire ramenant de Florence, le corps de Jacques Touroute, 12 ans est arrivé hier à Blanquefort, le 27 décembre 1954, en embulance, l'enfant entouré de son père et de sa mère avait quitté la maison familiale.

Puis, en avion de Mérignac il s'envola vers Florence où le professeur COCCHI allait tenter de l'arracher à la mort.

Trois mois ont suffi pour transformer un garçon plein de vie en moribond. Un soir de décembre, alors qu'il revient du lycée Montesquieu, il se plaint d'être fatigué. Le médecin appelé ne cache pas son inquiétude. Il ordonne même son transfert à l'hôpital des enfants cours de l'Argonne. Les parents épouvantés ne peuvent plus douter : c'est LA LEUCEMIE.

Jusqu'alors il n'avait jamais été malade. Sa bonne frimousse ronde d'enfant sage rayonnait de santé et de gentillesse sur ses larges épaules.

PREMIER ESPOIR.

Et, brusquement dans le foyer calme et heureux des Touroute, l'angoisse est née, mais un espoir soudain arrivait. Les ouvriers des Etablissments Messier à  Montrouge, ont recueilli, à l'issue d'une mainfestation, les fonds nécessaires au traitement d'un jeune leucémique, fils d'un employé de l'usine. Mais cet enfant meurt avant de pouvoir être transporté à Florence. Cet argent est remis alors à M. Touroute.

Le professeur Cocchi, réussira-t-il à le sauver ?  A la mi-janvier Jacques se leva, on l'alimenta à nouveau. Toutefois, le professeur réserve encore son diagnostic. La maladie est dans sa phase de rapide rémission, c'est donc la possibilité d'une récrudescence du mal.

C'est ce qui se produit dès le début du mois de février. Lentement Jacques Touroute s'affaiblit de nouveau. Son père, sa mère qui ne l'on jamais quitté sont à son chevet lorsqu'il meurt le 21 février.

Lundi 28 février, à 10 heures auront lieu, en l'église de Blanquefort, les obsèques du jeune garçon. Vingt de ses camarades de la classe de 6ème  du lycée Montesquieu, des ouvriers de l'entreprise Messier, une délégation des Chargeurs Réunis où est employé M. Touroute y assisteront.

D'autre part le Président Directeur Général des Chargeurs Réunis, qui avait pris à sa charge tous les frais du voyage en Italie de la famille Touroute et ceux du transport du corps de l'enfant, met immédiatement à la disposition d'un jeune leucémique, les fonds nécessaire à son traitement dans la clinitque du professeur Cocchi, à Florence.

Ainsi la mort du petit garçon n'aura pas été vaine. Elle aura suscité une magnifique solidarité pour vaincre ce terrible mal.

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Ainsi en 2016 certains des amis de ces enfants qui sont restés habiter à Blanquefort se souviennent de lui d'eux avec beaucoup d'affection. Perdre des congénères lorsque l'on a 6 ans ou 12 ans laisse des marques indélibiles dans la mémoire des enfants.

Je suppose étant donné la rapidité du diagnostic, mais je peux me tromper, que c'était le jeune André Taris qui l'avait fait.

En 1955 ce genre d'événement pesait très fort sur les épaules des médecins qui étaient, comme lui, un enfant du village, il avait à répondre aux questions de tous ses patients-amis curieux ou inquiets pour leurs enfants qui lui demandaient des nouvelles de l'enfant et des explications sur cette maladie. En ce temps là, il ne mettait pas sa montre sur la table, je ne sais pas s'il en portait une,  il ne l'a jamais fait d'ailleurs durant toute sa carrière, pour n'accorder à son patient les 15 minutes auxquelles il a droit. C'était une autre époque, je ne dis pas que tous les médecins actuellement regardent l'aiguille tourner, mais certains... Bon le secret médical me direz-vous, mais la communion de tous dans le malheur d'une famille était un facteur du lien qui unissait tout un village.