Tarn : Maurel et Prom

 

LES PERES DE L'ARACHIDE - Sud-Ouest du 8 mars 2011 -  Cadish -

Quelle étonnante et héroïque destinée que celle de la société bordelaise Maurel et Prom ! Son histoire se confond avec la réussite du "colonialisme bordelais" dont le Sénégal fut l'un des Eldorados.

Ils furent innombrales les aventureux embarqués des rives du Tarn, du Lot et de la Garonne, à vouloir découvrir le vaste monde. Né au début du XIXe siècle, Louis-Hubert PROM (1807-1896) fut l'un d'eux, comme l'avait été  l'introuvable La Pérouse, son aîné et compatriote, et les "coloniaux" revenus fortune faite "sans états d'âme".

Maison très économe

A peine âgé de 15 ans, il s'embarque sur la goélette "L'Aimable Blonde" pour la Sénégambie, arrive à Gorée en 1822, "captiverie" d'esclaves bien connue des négociants bordelais pour se mettre au service de la maison POTIN. Il allait découvrir cette contrée où tant de voyageurs conquérants l'avaient précédé : Hollandais, Portugais. Encouragé par les résultats financiers, le jeune homme repartit de Bordeaux le 27 décembre 1827 à bord  de "l'Amédé". Son cousin Hilaire MAUREL, Albigeois lui aussi, le rejoint. Ils fonderont ensemble la maison MAUREL et PROM à laquelle va s'adjoindre quelques années après, son oncle, Jean Louis MAUREL. Après l'exportation de l'indigo et la gomme arabique c'est au tour de l'arachide (cacahuète), introduite au Sénégal par les portugais et cultivée par les esclaves dès le XVIe siècle. Ayant compris très vite l'intérêt commercial de cet insignifiant tubercule, Hilaire MAUREL en répand la culture et se lance dans son exportation. A Rouen la douane enregistre d'abord la cargaison sous la rubrique "produit pharmaceutique"... Pourtant, c'est malade qu'Hubert PROM doit quitter la colonie et se fixer à Bordeaux "courtier en huile et savon" au 76 rue de la Rousselle. Il va gérer l'armement des bateaux de la société : entre 1836 et 1875, 58 voiliers sont gréés en trois mâts pour le long court.

Pendant 50 ans, jusqu'à l'âge de 89 ans, il s'employa au développement de la société qui se dote en 1857 d'une huilerie à Bordeaux et à Marseille pour l'extraction et le raffinage de l'arachide du Sénégal.

L'usine de Bacalan, évolua, embaucha, se modernisa, subit un grandiose incendie en 1904, fut reconstruite ; puis vinrent les bombardements pendant la Seconde guerre mondiale, les bateaux "Tourny" et "Montaigne" furent torpillés en 1942. Ainsi l'affaire rondement menée ne cessa de prospérer ; d'autres comptoirs s'ouvrirent au Soudan, en Guinée et Malaisie. Entre 1875 et 1920 la flotte de voiliers est remplacée progressivement par des vapeurs.

L'entreprise familiale, devenue un empire commercial et industriel s'est maintenue grâce aux qualités de gestion que les dirigeants exigaient d'eux-même et de leurs employés : "En commerce, un sou vaut deux sous chaque fois qu'on a pu l'économiser." Cette note adressée à un comptoir de Casamance pourrait constituer la devise de cette grande maison bordelaise de négoce. Cependant Hubert PROM n'était-il pas parfois distrait ?

D'une amabilité et d'une courtoisie bien bordelaise, il lui arrivait parfois d'oublier en saluant qu'il avait son courrier dans son chapeau haut de forme... d'une rigueur indomptable, il était capable de piquer une colère pourpre si on n'était pas rendu à 7 heures du matin à bord de ses voiliers !

Les deux familles investiront aussi dans le vignoble : le fronton du château de Beauval à la Bastide porte toujours le monogramme du "self made man" LOUIS HUBERT PROM ; à Sainte Eulalie, PAUL MAUREL posséda le château Belle Assise et URBAIN MAUREL le Château Séguinaud à Bassens ; j. PROM FIT EDIFIER A BLANQUEFORT LE CHATEAU DULAMON...

L'hôtel particulier situé 18 rue Porte-Dijeaux fut le siège des établissements Maurel et Prom

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Joseph PROM propriétaire du domaine de Dulamon eut une fille Joséphine. Cette jeune femme, héritière du domaine, épousa Gustave Piganeau, banquier bordelais, celui-ci possède Dulamon en 1871 et le modernise. Il crée le parc avec le lac, les fausses ruines et les arbres rares.

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PROM (Quai Hubert) : en 1906 dans la zone alors très active du bassin à flot, on crée le quai Hubert PROM (1807-1896). Parti très jeune travailler au Sénagal, il y fondera, avec son cousin Hilaire MAUREL, la firme MAUREL et PROM. "Son idée de génie" est d'avoir fait planter et cultiver l'arachide dans ce pays ; en 1857, il crée à Bordeaux une huilerie qui fera travailler jusqu'à deux cents personnes. Aujourd'hui absobée par le groupe LESIEUR, l'usine de Bacalan ne triture plus l'arachide mais fait du raffinage d'huiles brûlées.

MAUREL (Rue Emile) : Sinuant au milieu des bâtiments de l'ensemble Carle Vernet cette rue ne retrouve son aspect traditionnel qu'à son débouché sur la rue Carle Vernet, où subsistent de petites maisons avec jardins.

Emile MAUREL (1833-1920) a pris la suite de son père. Hilaire Maurel, dans l'entreprise de négoce et d'armement maritime fondée par ce dernier avec Hubert PROM. Il existait aussi à Bacalan une "fabrique d'huile de savon" MAUREL et PROM.

Ses qualités personnelles ont également conduit EMILE MAUREL à présider la Chambre de commerce et l'Institut colonial de Bordeaux. Il fut le président de la Maison du marin, foyer d'accueil créé par le père FABRE en 1896, qui de la Monnaie.

- Annick Descas -

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LE CHATEAU DU LUC OU DULAMON - d'après Guy Abadie, Diplômé de l'Académie Nationale des Belles-Lettres de Bordeaux - BLANQUEFORT et sa REGION A TRAVERS LES SIECLES - Bordeaux imprimerie René Samie 21, 23 rue Teulère achevé d'imprimé le 29 novembre 1952 -

Cette date éloignée dans le temps permet de penser que d'autres éléments, beaucoup plus récents, ont été découverts par les chercheurs de l'histoire de Blanquefort. Pour ma part je n'ai que ceux-ci à ma disposition actuellement. Ils peuvent donner une trame approximative des divers propriétaires du château de Dulamon dont le dernier est Gustave Piganeau, le gendre de Joseph PROM, originaire du Tarn.

Sur la hauteur de Blanquefort, se trouve le château Dulamon, "vaste rectangle dont le corps de logis élevé de plusieurs étages est surmonté de trois larges pavillons à toiture conique, à l'exception du pavillon central se terminant par un dôme coiffé d'une plate-forme en terrasse".

Mais il ne présentait pas autrefois un tel aspect, ayant pris la place d'une construction féodale.

Le premier seigneur de cette demeure dont on retrouve la trace est :

- RENAUD ou RAYNAUD du LUC de Blanquefort, marié à Assalide de PELLEGRUE, le 9 avril 1200. Il est toutefois possible de citer parmi les vassaux nobles de la sirie de LESPARRE au XIIe siècle, un "AMIEU de SAINT-AHON, pour la seigneurie du Luc, au devoir d'une paire de gants blancs". En 1200, on signale la présence de RENAUD à l'assaut du fameux château de LA BREDE dont il devint possesseur, tissant ainsi le lien qui va unir ce château à celui du LUC durant plusieurs siècles.

- MONTESQUIEU et sa famille possédèrent de nombreuses terres dans le Médoc et, à Blanquefort, les châteaux du LUC, de BELAIR, de PEY-ASTRUC, de SAINT-AHON. Nulle part nous ne trouvons de précisions sur les rapports entretenus entre les seigneurs du LUC et ceux de DURFORT dont le château (Forteresse) est pourtant très proche.

- LES SEIGNEURS DE LA LANDE : au XVe siècle, le LUC était la propriété des seigneurs de la LA LANDE. Il portait le joli nom de "Taüla de Luc".

- LEON DE PONTAC : en 1715 il passa aux mains de Léon de PONTAC, capitaine aux gardes de Louis XV.

(Jean Léon de Pontac : seigneur de la Prade, vicomte de Jauberthes, capitaine aux gardes du roi Louis Xv jusqu'en 1725, année où il entre au parlement de Bordeaux dont il devient président, Léon de Pontac est propriétaire, alors des deux meilleurs crus bordelais de l'époque ; le Haut-Brion à Pessac en rouge et Le Luc à Blanquefort en blanc.

La famille de Pontac est ancienne et illustre en Guyenne depuis le XIVe siècle ; ses armes sont dotées de "la royale étoile" accordée par le roi Charles V le 20 février 1375 pour avoir chassé les anglais hors de Mortagne en Saintonge.

Sans descendance, Léon de Pontac cède Le Luc le 20 avril 1744 à Jean Baptiste Lecomte chevalier, marquis de la Tresne, baron de Gondourville et de Cénac, seigneur de Rostaing et autres lieux : conseiller au parlement de Bordeaux en 1716, avocat général en 1726, président à mortier en 1739, Jean Baptiste Leomte meurt en 1752 en ne laissant qu'une fille, Marie-Anne mariée à Louis de Verthamont, chevalier, seigneur de Saint-Fort et de Saint-Jean d'Angles en Saintonge - Dominique Jay, historique du Château de Dulamon et des grottes de Majolan à Blanquefort édition du G.A.H.BLE décembre 1994)

 

Dans cet énoncé de seigneurs du LUC, on retrouve donc sans cesse les noms de parents ou d'alliés de MONTESQUIEU. Suivont donc la lignée de cette famille à cette époque, telle qu'elle nous est décrite par Ch. Dormontal, pour avoir un aperçu de ceux qui furent les possesseurs du château qui nous intéresse.

"Les premiers possesseurs de La BREDE appartiennent successivement, de la période médiévale aux temps les plus récents, aux familles nobles de La LANDE, de LUC etc...

"C'est en 1079 que l'on voit apparaître la maison de La LANDE en territoire BRETOIS.

"Vers 1200, Raymond du LUC de BLANQUEFORT est signalé à la Bréde ; en 1229, Henri III d'Angleterre protège Arnaud de La LANDE, possesseur de la signeurerie, et en 1264 Gaillard de La LANDE fonde à Bordeaux le COUVENT Des CARMES."

En 1336, on entend parler de noble Arnaud de La LANDE, puis, plus tard, de JEAN de LA LANDE qui contracte mariage, le 26 janvier 1426, avec JEANNE DE FOIX, captal de BUCH.

"JEAN de LA LANDE rallié au connétable de TALBOT, après la reprise de la Guyenne par CHARLES VII, fut contraint de s'expatrier. Ses biens furent confisqués en faveur de Louis de BEAUMONT, chevalier du Plessis et de la MOTTE-FOUREST, conseiller-chambellan du roi et son sénéchal en Poitou. Le nouveau propriétaire usait en 1458 de son titre de seigneur de LA LANDE.

"En 1463, Jean de LA LANDE obtint son pardon en rentra en possession de ses terres deux ans plus tard. Il mourut peu après, laissant ses domaines à sa fille unique CATHERINE, épouse de GASTON de L'ISLE, seigneur de la RIVIERE en FRONSADAIS.

"Le fils du seigneur de l'Isle, Gaston de l'ISLE, épousa le 6 août 1548, la fille unique de Pierre DE LUR, vicomte d'UZA. La plus jeune de ses filles, Françoise, s'unit le 9 novembre 1577 à jean PESNEL, écuyer, seigneur de BANO et de COUTURES. Leur fils Geoffroy devait avoir un héritier direct Pierre, lequel eux pour fille Marie-Françoise de PESNEL. Cette dernière contracta mariage le 25 septembre 1686 avec messire JACQUES DE SECONDAT. Telle fut la lignée maternelle jusqu'à la naissance de MONTESQUIEU."

Dans la lignée maternelle, nous constatons que Jacques de SECONDAT était l'arrière-petit-neveu de PIERRE III de SECONDAT et d'ANNE de PONTAC. Son oncle GASTON de SECONDAT, avait près de M. de PONTAC, PREMIER PRESIDENT AU PARLEMENT DE BORDEAUX, la charge de président à mortier.

D'autre part, nous savons que l'illustre auteur de l'Esprit de Lois était "un habitué des salons de la belle et spirituelle COMTESSE DE PONTAC, laquelle brillait par sa beauté, son esprit, ses talents poétiques et ses amitiés littéraires".

Le grand Montesquieu étant devenu chef de famille à la mort de son père, le 15 novembre 1713 ; il est probable que ce fut lui qui laissa, un an plus tard, le château DU LUC de BLANQUEFORT à LEON DE PONTAC, cousin éloigné.

- JEAN-BAPTISTE LECOMTE : Le 20 avril 1744, Taüla DU LUC passa entre les mains de Jean-Baptiste LECOMTE, chevalier, baron de Beautiran et Ayguemortes.

- VERTHAMON : (Issu d'une famille de parlementaires, lui-même conseiller au parlement de Bordeaux en 1747, conseiller du roi, président à  mortier en 1749. - D. Jay ). On retrouve le Luc parmi les titres de propriété de la maison de VERTHAMON.

- CHISTOPHE GERNON : En 1758, M. de VERTHAMON vendit le château, les meubles et les rentes, les "droits et les devoirs", y compris un banc dans l'église à CHRISTOPHE GERNON, négociant et bourgeois de Bordeaux.

Après transformation, Taüla DU LUC fut cédé pour la coquette somme de 180 000 frans au :

- CHEVALIER de FLAVIGNY mouquetaire de le la garde du roi.

- Mme DULAMON : le 27 mars 1773, il devint après la mort de Flavigny, la propriété de Mme DULAMON et de ses fils Antoine et Philippe, tous deux bourgeois de Bordeaux. Il changea alors de nom. Antoine mourut l'année suivante, mais Philippe joua un certain rôle dans la vie municipale blanquefortaise.

- DARISTE : Un député de Louis-Philippe, Dariste, en devint propriétaire, le cédant à son tour à :

- ALBRECHT, un négociant en épices et produits des îles du Havre.

EN 1862, le château fut démoli, les vignes arrachées en partie par un notable commerçant bordelais :

- JOSEPH PROM, et c'est au talent de l'architecte LAFARGUE que l'on doit l'actuel château qui, normalement, devrait porter le nom de J. PROM. (Joseph PROM, négociant à Bordeaux achète le domaine qui compte alors 56 hectares, refait et développe le vignoble : 45 hectares pour le vin rouge et 2 hectares pour le vin blanc qui avait une bonne renommée au Danemark, en Hollande et en Allemagne. Le vieux château du Luc est alors démoli. 

Monsieur Joseph PROM avait épousé au Mexique, à Tampico, une demoiselle de grande famille, Justine Marie VIDAL. Sous son implusion, un nouveau château, le château actuel, est bâti vers 1865 sous la conduite de Jules Lafargues, architecte renomé de Bordeaux.

EXTRAIT DE LA PLAQUETTE ECRITE PAR Dominique JAY, professeur de mathématiques à Saint-Joseph et président du G.A.H.BLE de 1988 à 1997.

Ce château est élevé sur la partie la plus haute de la propriété, presqu'à l'emplacement de l'ancien.

Le bâtiment a son entrée principale vers le sud, un perron central permet de voir loin vers Bordeaux et partage en deux cette grande façade de 63 m de longueur. Il est bâti avec sous-sol, rez-de-chaussée, un étage d'habitation et un étage de combles. En sous-sol sont les réserves et les cuisines, avec grandes cheminées et tourne-broche. Le rez-de-chaussé comporte salons, salle à manger, billard, fumoir, bureau et quatre chambre avec cabinet de toilette. Depuis le hall, un grand escalier à double révolution en chêne conduit à l'étage où sont situées les chambres d'invités et la lingerie.

Les combres abritent les chambres de nombreux serviteurs. Dans leur partie ouest on trouvait aussi deux grands bassins de pierre, l'un recevant l'eau potable d'une source située vers le bas du domaine, l'autre recevant l'eau de la jalle utilisée pour le jardin, les écuries et les chais.

La vacherie abrite environ 80 têtes, fournit le lait et surtout le fumier nécessaire aux vignes. Un grand potager avec serres et châssis aliment le château en légumes et en fleurs.

Un régisseur, Monsieur Emile Normandin, diplômé d'agriculture et de viticulture, assure la direction de l'exploitation et la tenue des comptes. En 1867, Dulamon est le premier producteur de vin de Blanquefort avec 160 tonneaux (un tonneau = 900 lites, soit 4 barriques de 225 lites).

Monsieur PROM décède le 24 mars 1871. Sa femme lui survit jusqu'en 1891, mais c'est leur fille unique, Joséphine Abelina, qui hérite du domaine, et son mari, Jean Gustave Piganneau prend alors la gérance en mains.

Dès le 6 septembre 1871, les Piganneau rachètent les terrains constituant Majolan à Madame la Vicomtesse de Borrelli, environ 22 hectares pour la somme de 120 000 francs, y compris un établissement de poterie et un moulin à eau sur la jalle avec ses dépendances. Ce moulin faisait partie du domaine du Luc du temps du chevalier de Flavigny qui l'avait vendu en 1781 à Monsieur de Lavie pour 12 000 francs, un ancêtre de Madame Borrelli.

Les  Piganneau sont une dynastie de banquiers, bien implantée à Bordeaux, s'entourant de luxe raffiné : c'est la publicité de l'époque.

Le château Dulamon est modernisé : parquets de chêne en marquetterie, lambris dans  les coulours, plafonds décorés, lustres et lampadaires, meubles...

Les abords du château sont transformés en jardin d'agrément, quitte à perdre un peu de vigne. Des plantations d'arbres et d'arbustes forment un parc et dissimulent à la vue les communs  : vacherie, chais et potager. Des bassins avec jet d'eau s'épanouissent devant et derrière. Des chalets sont construits pour loger le régisseur et le jardinier en chef. Un verger est planté, une serre à fleurs également, pour fournir la décoration du château.

Deux pavillons au toit de chaume entourés d'un petit terrain clos de grilles logent l'un un cerf et des biches, l'autre des chevreuils. Une grande volière ronde à compartiments abrite différentes races de poules, canards, faisans... et même des lapins, qui ne sont pas hôtes habituels d'une volière. Un pigeonnier la courronnait.

La route, passant un peu près du château au gré de Madame Piganneau, fut déplacée pour faire le coude qu'elle a conservé de nos jours, à ses frais, les autorisations étant facilitées par ses hautes relations et le fait qu'elle était propriétaire des deux côtés de la route.

La vacherie est refaite en dur avec tout le moderne de l'époque : sol en pente pour évacuer les urines et faciliter le lavage, mangeoires en ciment, rateliers, bas-flancs, voie Decauville pour l'évacuation du fumier, étage pour conserver le foin.

Cette vacherie subiste de nos jours et abrite encore les troupeaux du propriétaire actuel. (Dominique Jay en 1994). Elle a été rachetée par l'actuelle municipalité en 2009 ?

LE PARC  DE MAJOLLAN.

Au pied du coteau, une fois les marais assainis, une superficie d'environ 19 hectares est aménagée : un lac creusé avec pelles, pioches et brouettes s'étend sur près de 4 hectares avec une profondeur de 2 à 3 m, alimenté par un bras de la jalle qui le traverse, soit à pau près 100 000 cubes  de terre déplacée. Ce dessin ave îles et presqu'île comporte cinq ponts et des allées pour la promenade, avec des enrochements artificiels guidant le courant de la jalle, avec des vannes pour en régler le débit.

La promenade en barque permet la pêche aux brochets, anguilles, perches, tanches et autres fritures. Des grilles retiennent les poissons dans le lac à la sortie.

De fausses ruines anciennes agrémentent en deux endroits le parc, planté d'arbres exotiques par un paysagiste : magnolias, cyprès et chênes rouges, orangers et séquoias...

Enfin cet endroit est aménagé d'une fantaisie grandiose : les grottes entièrement artificielles, formées de moellons sertis par des crampons de fer et liés avec du mortier de chaux. L'eau du lac pénètre sous les grottes, où de petits chemins tortueux permettent de la contourner et de l'enjamber en donnant des sensations de découverte et d'aventure.

Une plate-forme est construite avec  des galets de différentes couleurs faisant mosaïque (ancre de marine), un chemin de "pierres tremblantes" crée l'attraction, et un couloir mène à une salle hexagonale dont chaque pan de maur est un aquarium éclairé du haut par des verrières.

Ces aquariums sont alimentés en eau courante et munis d'une glace grossissante exagérant la taille des poissons variés qu'ils contiennent. Par l'extérieur, des chemins facilitent l'escalade qui aboutit à un belvédère dominant le lac, en faux rocher et briques rouges. Des bancs tout autour permettent le repos. Une entreprise de la région, Pellot père et fils, mène à terme les travaux en deux ans.

Les fêtes de succèdent au château, les Piganneau reçoivent beaucoup et mènent grand train : le faste des banquiers prouve que la banque est prospère.

LE DECLIN.

Un vent de panique, enflé par des on-dit, souffle sur les épargnants qui courent retirer leurs fonds, vers 1890, entraînant la faillite de la famille : faillite qui fait grand bruit pour rien car tout le monde sera remboursé ; mais la ruée aux guichets provoque le krach. Un syndic est nommé et finalement tout le monde est payé. Mais pour Blanquefort, c'est la catastrophe, car le château faisait travailler le tiers de sa population.

Après la mort de son mari, Madame Gustave Piganneau forme la "société civile immobilère bordelaise" pour liquider la succession. La propriété est morcelée et ventdue : le laitier, Monsieur CAMUS, achète le moulin et les terrains alentour, Monsieur DUVERT le terrain qui forme aujourd'hui le lotissement Cimbats, Monsieur POISSAN le terrain qui forme celui de Dulamon, d'autres petits propriétaires achètent aussi quelques terrains. Le troupeau de vaches est vendu, le vin en cuve aussi et les chais démolis pour vendre les matériaux : pierre de taille, moellons, poutres... Le château est vidé et Madame Piganneau fait cadeau d'un lustre en cristal à l'église, vers 1904.

Le château avec ce qui reste du domaine est loué de 1906 à 1909 à l'école de Guyenne et Gascogne (école d'agriculture).

Pendant la guerre de 14 -18, un hôpital militaire franco-russe s'y installe, patronné par la starine Alexendra (épouse de Nicolas II). Le professeur Voronoff y pratique pour la première fois la greffe osseuse qui évite l'amputation à bien des blessés.

Le château logeait de 80 à 90 grands blessés.

La propriété est vendue en février 1920 à Monsieur Jean-Marie Joseph LOUIT, chocolatier, pour 480 000 francs, dont l'épouse née Charlotte Marie de Montaigut, est très fière de l'achat. Mais Monsieur Louit n'a pas les moyens d'entretenir une telle propriété : le parc est à l'abandon, le lac s'ensable. Une turbine fabriquant du courant electique est quand même installée pour moderniser le château.

Un long procès opposa Monsieur Louit aux maraîchers voisins privés d'eau à cause d'un fossé non curé dans les années 30.

Le château est réquisitionné par l'Amirauté le 17 juin 1940, puis occupé par les allemands pendant la guerre, (voir album photo) et par les résistants à la Libération.

Monsieur Louit meurt en 1935, sa veuve et les héritiers doivent se résoudre à la vente par lots du domaine. Le lot comprenant le château et la partie nord du parc est acheté fin 1945 par les Orphelins Apprentis d'Auteuil (O.A.A.), qui y installent une école technique en 1948. (D. Jay plaquette vendue à la maison du Patrimoine - G.A.H.BLE -)

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FAMILLE MAUREL ET PROM ORIGINAIRE DU TARN (Monsieur PROM ayant été un des propriétaires du château Dulamon)

JEAN MAUREL né en 1757 et décédé le 19 avril 1834 à Pont de l'Arn dans le TARN était frabricant. Il avait épousé, Marie Anne, Brigitte, Félicité PROM (1764-1847) le 20 novembre 1786 à Pont de l'Arn dans le TARN.

ils ont eu 2 enfants dont : HILAIRE MAUREL, né le 9 octobre 1808 à Pont de l'Arn dans le TARN et décédé le 5 mars 1884. Il avait épousé Louise, Constance, Adélaïde LAPORTE (1808 - 1847).

                                                     ils ont eu un fils : EMILE MAUREL, né le 9 décembre 1833 à Gorée au SENEGAL et décédé le 9 novembre 1920 à BORDEAUX. Il s'était marié le 23 mai 1860 à BORDEAUX, avec Anne Marie Lidy MAUREL.

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1 - JEAN PROM avant 1540 julien marié avec Jeanne RAYNALIE en 1545 ? au moins 8 enfants.

2 - Antoine PROM né avant 1584 - marchand - marié avec Jacquelle CAMBONNET ou CHAMBOUNET en 1589 ? au moins 8 enfants

3 -ANDRE PROM (1619) marié à Marie BESSIERE  (1624). Ils auront au moins 7 enfants.

4 - LOUIS PROM né en 1671 - charpentier à Trémengous - TARN  - marié à Elisabeth BARTHES le 7 juin 1696 à Pont-de-L'Arn - TARN (4 enfants) dont :

3 -ALEXIS PROM né le 12 avril 1697 à Pont de l'Arn -Tisserant à Trémengous - TARN - décédé le 1er avril 1749 à Pont de l'Arn - TARN - marié le 27 novembre 1725 à Saint Baudille- TARN - avec Marguerite CHABBERT (1708-1784). Ils auront au moins 8 enfants.

 4- LOUIS PROM (baptisé le 7 février 1730 à Saint Baudille - TARN décédé le 12 septembre 1769 ? à Trémengous)  - marié le 1 er septembre 1761 à Boissezon, TARN avec Elisabeth MARAVAL née en 1741 ?. Ils auront au moins 12 enfants.

5 - PIERRE LOUIS PROM né le 1 er juillet 1762 marié en première noce avec Elisabeth MARTY (1773 - 1812) Ils ont 5 enfants.

6 - JEAN JOSEPH PROM né en 1806 décédé en 1860 à Tampico au Mexique - Fondateur de la "Casa J. Prom" en 1824 et marié le 28 juin 1856 à Tampico au Mexique avec Maria Feliciana VIDAL (1828 -1891) à Véracruz au Mexique. Bien qu'elle soit née au Mexique, Maria Feliciana VIDAL est d'une très vieille famille du TARN, le plus souvent de Saint Baudille comme Louis PROM.

Fondateur de la maison de négoce J. PROM et Cie en 1824 à Tampico (Mexique) (vente de comestibles, vins et liqueurs provenant pour la plupart de France) alors que la ville n'existait que depuis un an. Dirigera la maison jusqu'en 1851 (Joseph dit Jos PROM son neveu lui succédera). Il reviendra à Bordeaux et fondera une autra maison de commerce. Ils ont une fille unique.

7 - Margarita Josepha Avelina PROM VIDAL née le 4 février 1842 à Tampico au Mexique et décédé le 7 janvier 1928 sera légitimée le 26 juin 1856 au Château de Foncastel à Mérignac  et épousera le 30 janvier 1861 à Bordeaux en Gironde, JEAN GUSTAVE PIGANEAU (1832 - 1898).  à revoir.